La propriétaire du restaurant Basha, à Granby, se trouvait à Beyrouth il y a trois jours, juste avant les terribles explosions survenues mardi soir.
La propriétaire du restaurant Basha, à Granby, se trouvait à Beyrouth il y a trois jours, juste avant les terribles explosions survenues mardi soir.

Terribles explosions à Beyrouth: «La situation fait mal au coeur» [VIDÉO]

Billie-Anne Leduc
Billie-Anne Leduc
La Voix de l'Est
Les explosions survenues à Beyrouth, mardi, qui ont fait au moins 130 morts et 4000 blessés, ont eu des échos jusqu’à Granby. Pour Mona, la propriétaire du restaurant Basha, qui se trouvait à Beyrouth il y a trois jours à peine pour des funérailles, «la situation fait mal au coeur».

«C’est un pincement au coeur. Parce que je ne peux pas être là pour les aider. J’ai mal pour les morts, les blessés, les familles aujourd’hui sans-abris», dit celle qui a manqué de peu l’événement dévastateur.

De la famille, des amis et des connaissances de Mona, mais aussi du Granbyen d’origine libanaise Elias Kassab, ont été touchés par la tragédie. «Ma soeur et le neveu de ma femme ont été blessés. Les vitres de leur appartement ont éclatées», dit M. Kassab, directeur principal de l’entreprise EXP. à Granby, né à 30 km de Beyrouth.

Un peuple uni

Ce pincement au coeur est exacerbé par le manque de soutien sur place de la part du gouvernement, dit Mona. «Le plus grand soutien, la plus grande aide vient du peuple libanais. On est très unis, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. Le peuple compte sur lui-même», indique la nouvelle propriétaire du restaurant Basha de Granby depuis juin dernier, qui a quelques amis beyrouthins ayant offert un toit ou des services à des personnes dans le besoin.

L’entraide, au Liban, est très forte, confirme Elias Kassab. «Le peuple libanais est habitué aux catastrophes, aux guerres. Tout le monde aide tout le monde. L’État ne fait rien, c’est entre nous qu’on s’aide, qu’il y a des initiatives. Évidemment, l’aide extérieure, par exemple médicale, est aussi très importante.»

M. Kassab va ainsi continuer ce qu’il fait depuis toujours, et soutenir sa famille et ses proches - même s’ils sont loin - comme il le peut.

Dons en ligne

Rappelons que deux explosions sont survenues à Beyrouth, au Liban, mardi soir aux alentours de 18h (heure locale). La cause des déflagrations serait due à l’explosion de quelque 2750 tonnes de nitrate d’ammonium qui étaient stockées depuis des années dans un entrepôt du port de la ville.

L’entraide, au sein de la communauté libanaise et du Liban, est très forte, confirme Elias Kassab. «Le peuple libanais est habitué aux catastrophes, aux guerres. Tout le monde aide tout le monde.»

Le souffle des explosions a été ressenti jusqu’à l’île de Chypre, à 200 kilomètres de là. Le premier ministre a décrété mercredi jour de deuil national.

«Je suis très attachée à mon pays, dit Mona. Les gens quittent le Liban parce que la situation politique et financière les pousse à le faire. Une tragédie comme ça, c’est vraiment triste. Des amis, des connaissances m’envoyaient des vidéos, hier, et j’avais les larmes aux yeux.»

Plusieurs plateformes de dons en ligne ont été mises sur pied afin de venir en aide au peuple libanais, dont la Croix-Rouge, Helplebanon et Lauchgood.

Deux explosions sont survenues à Beyrouth, au Liban, mardi soir. On compte au moins 130 morts et 4000 blessés.