Nadine Pépin, Sébastien Mercille et Frédéric-Samuel Bédard possèdent des terrains à Shefford. Ils craignent aujourd'hui que ces lots ne soient plus constructibles.

Terrains en fortes pentes: imbroglio à Shefford

Des propriétaires de terrains dans la montagne de Shefford craignent que leurs lots ne soient plus constructibles.
Le maire de Shefford, André Pontbriand
Une poignée d'entre eux ont exprimé leurs inquiétudes, cette semaine, devant le conseil municipal réuni en assemblée ordinaire. Et ils ont obtenu bien peu de réponses.
Il faut savoir que depuis l'adoption, le mois dernier, du règlement de zonage 2016-532, les terrains de fortes pentes (30 % et plus) sont sujets à de nouvelles contraintes interdisant notamment toute construction dans les talus. Or, la zone de fortes pentes touche une bonne partie de la montagne et, par le fait même, plusieurs propriétaires.
Parmi eux, Frédéric-Samuel Bédard possède trois terrains achetés en 2009 dans l'Impasse du Cerf. Le résidant de Saint-Jean-sur-Richelieu explique qu'auparavant, il était possible de bâtir dans une forte pente si une étude de stabilité du sol était faite au préalable. Cette méthode est désormais interdite. 
« Je travaille avec des sommités en géotechnique et ces personnes me disent que c'est facilement faisable de construire dans une pente de 30 %. Plusieurs personnes ont acquis des terrains cadastrés, approuvés par la municipalité. Et maintenant, ils se retrouvent dans une position sans issue », a-t-il résumé. 
Nadine Pépin et Sébastien Mercille­  ont le même problème. En 2009, ils ont acquis d'un promoteur deux terrains dans la rue du Couchant avec l'intention de s'y établir. Depuis, leurs plans de vie ont changé et les lots sont maintenant à vendre. Le couple de Carignan dit avoir appris par hasard et à sa grande surprise les modifications au zonage. Selon les nouvelles règles, un des deux terrains ne serait plus constructible. 
« La valeur foncière des terrains a doublé, mais on ne peut même plus construire dessus ! Pourtant, nos taxes n'ont pas diminué. Si les terrains n'ont plus de valeur marchande, qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce que la municipalité va nous les acheter ? » a demandé M. Mercille, visiblement­ découragé.
Ce dernier n'a pas hésité à parler de vies bouleversées, de projets de retraite et de rêves brisés, et même de faillite pour certains propriétaires détenant plusieurs lots en montagne.
Aux personnes présentes à la séance, la directrice générale de la municipalité, Sylvie Gougeon, a d'abord expliqué que les fosses septiques n'étaient pas autorisées en pentes fortes. Elle a aussi rappelé que la construction demeurait possible si le terrain possédait un plateau conforme au règlement. « Chaque cas est différent. C'est un arpenteur-­géomètre qui pourra établir si c'est construisible ou non. »
Mme Gougeon a par ailleurs ouvert la porte à un possible assouplissement en ce qui a trait à l'accès à ces plateaux. 
« Si je me fais une allée pour me rendre à un plateau loin de la rue, je fais plus de déboisement. Ce n'est pas mieux », a fait remarquer Nadine Pépin, qui dit avoir fait des pieds et des mains ces dernières semaines pour éclaircir le dossier. « J'ai appelé à la MRC, au ministère et au député, et on me dit que ça relève de la municipalité. Mais personne ne peut me répondre. La question fondamentale, c'est d'où vient cette décision ? Il ne semble pas y avoir de raisons ou d'études qui la justifient. »
À la recherche de solutions
Hésitants, les représentants de la ville n'ont pas été en mesure d'expliquer clairement la nature de ces changements aux propriétaires présents dans la salle.
À l'issue de l'assemblée, élus et citoyens ont toutefois convenu de former un comité pour éclaircir cet imbroglio.
Ceci dit, le maire André Pontbriand préfère demeurer prudent. « Je comprends les propriétaires qui s'inquiètent. On est en train de vérifier les informations. Nos employés travaillent là-dessus en ce moment. Je ne veux blâmer personne, tant qu'on ne sait pas la vérité. »
M. Pontbriand n'était pas en mesure de dire combien de propriétaires sont touchés par ce règlement. 
Nadine Pépin affirme pour sa part avoir déjà joint une trentaine de personnes, et que ce nombre pourrait bien atteindre la cinquantaine.