La Ville de Lac-Brome n’a pas l’intention de multiplier les interventions dans le dossier du club de golf Inverness.

Terrain du golf Inverness: la construction sera permise

La Ville de Lac-Brome ne multipliera pas les interventions dans le dossier du Club de golf Inverness. Les élus ont décidé de ne pas intervenir, mais le conseil retirera l’usage de camping au zonage du secteur et apportera quelques modifications aux règlements de lotissement et du Plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA).

La Ville de Lac-Brome ne multipliera pas les interventions dans le dossier du Club de golf Inverness. Les élus ont décidé de ne pas intervenir, mais le conseil retirera l’usage de camping au zonage du secteur et apportera quelques modifications aux règlements de lotissement et du Plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA).

Des citoyens avaient demandé à la Ville de modifier le zonage du terrain de golf pour exclure tout projet domiciliaire ou pour limiter la construction résidentielle. Il avait aussi été suggéré à la municipalité d’acheter le terrain et d’en faire un parc. 

Les deux options sont exclues par les élus. « On garde ça comme ça pour le moment », confirme le maire Richard Burcombe, joint par La Voix de l’Est. 

Des avis de motion en ce sens seront déposés à la séance du conseil de lundi. Le lot du club de golf de la rue Bondville est non seulement zoné pour la pratique de ce sport, mais aussi pour un quartier résidentiel et du camping. Ce dernier usage sera retiré dans quelques séances de conseil. L’usage résidentiel demeurera actif.

Les citoyens actifs dans le dossier Inverness seront présents en grand nombre à la séance de lundi, promet Christian Morin, qui a prévenu La Voix de l’Est à ce sujet. 

Quant aux changements aux règlements pour le lotissement et le PIIA, le maire Richard Burcombe n’en connaissait pas les détails. Les modifications sont proposées par « notre consultant en urbanisme qui étudie nos règlements depuis un bout de temps. Ce ne sera pas un gros changement, mais il y aura de petites corrections. Je n’ai aucune idée quels sont les changements. On dépose un avis de motion lundi. Le contenu va être disponible ensuite. [...] »

Faubourg Lac-Brome en exemple

M. Burcombe tient à se faire rassurant. Si le terrain est vendu à un promoteur immobilier, la Ville aura son mot à dire, comme ce fut le cas pour le projet Faubourg Lac-Brome qui prendra place sur le terrain de l’ancien Club de golf Lac-Brome, sur le chemin Lakeside, dans le secteur de Foster.

« Quand on avait fait la session d’information avec le public, on a pris les commentaires des gens. Finalement, nous avons acheté trois lots près de la courbe qui vont descendre directement au parc que va faire le promoteur et qui rejoint le sentier Quilliams. C’était une grosse partie du débat parce que des jeunes jouent là en hiver et des gens veulent utiliser une partie comme zone verte. Les gens étaient contents avec cette issue-là. »

Ce projet a rencontré son lot d’embûches et une forte opposition citoyenne, mais le projet est toujours vivant et devrait débuter d’ici mai puisque le promoteur, Marc Brochu, a obtenu son certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement. Une fois qu’il aura également reçu le certificat du ministère des Transports, pour la rue qui devra être créée, il signera l’acte d’achat du terrain de golf et les travaux pourront commencer, explique le principal intéressé. 

Milieux humides

M. Burcombe compte bien négocier si un promoteur veut transformer le golf Inverness en quartier résidentiel. « On a tous les outils en place pour tout contrôler. Avant qu’un projet soit présenté, on va le regarder et faire les démarches pour garantir une situation gagnante pour toutes les parties. »

Puisqu’il y a beaucoup de milieux humides sur le terrain du club de golf de la rue Bondville, des dérogations mineures seront nécessaires si le terrain est loti.

Le propriétaire du terrain de golf, qui était à la tête du club depuis 28 ans, a décidé de prendre sa retraite après avoir vu le nombre de membres baisser constamment depuis le début du 21e siècle, selon M. Burcombe.

Avec cette fermeture, confirmée cet hiver, seul le sélect club de golf privé Knowlton Country Club demeure actif à Lac-Brome.

Il ne nous a pas été possible de joindre l’un des représentants du comité citoyens opposés à un hypothétique projet résidentiel, ni le propriétaire du terrain de golf, Marc Fontaine.

LE COMITÉ CITOYEN RÉPLIQUE

Le comité de sauvegarde qui s’est formé après l’annonce de la fermeture définitive du club de golf Inverness n’a pas demandé à la Ville de Lac-Brome d’acheter le terrain pour en faire un parc, réplique le porte-parole des résidents, Benoît Bourgon.

M. Bourgon tenait à répondre aux propos du maire quant à la décision des élus de ne pas multiplier les interventions dans le dossier. 

« On n’a jamais demandé à la Ville d’acheter le terrain, dit-il en entrevue. On a dit à la Ville que si elle se positionne pour négocier à armes égales avec le promoteur, elle pourrait lui demander de céder une partie du lot pour 1 $ pour la préservation. »

« On a demandé de limiter la construction résidentielle. La Ville nous a demandé un plan d’attaque. On a engagé à grands frais un avocat qui a fourni à la Ville des étapes approuvées par les tribunaux pour permettre à la Ville d’avoir un pouvoir de négociation avec le promoteur. Ce serait un plan d’aménagement d’ensemble qui tient compte des intérêts de tout le monde. »

M. Bourgon ne croit pas que la ville soit outillée pour faire face à un possible développement. 

Il rappelle que, lorsque la Commission pour la protection du territoire agricole a accordé un changement de zonage pour l’endroit en 1987, permettant la construction de résidences et du golf, la Ville n’a pas mis à jour le zonage du secteur golf, ce qui permet aujourd’hui la construction résidentielle. 

Il déplore que Lac-Brome ne veuille pas corriger les erreurs du passé. « Si c’était uniquement un usage de golf, M. Fontaine aurait à demander un changement de zonage et il y aurait tout un processus de consultation pour les citoyens. En ce moment, c’est nous qui devons nous débattre comme un diable dans l’eau bénite. »

Une pétition a été lancée sur mesopinions.com et le site web sauvonsinverness.ca a été créé.