La juge a retenu l’accusation de voies de fait, mais pas celles de tentative d’enlèvement et de séquestration déposées contre l’accusé.

Tentative d'enlèvement: Michaël Jacques acquitté en partie

Le tribunal a coupé la poire en deux au dossier de l’homme accusé d’une tentative d’enlèvement commise sur une piste cyclable de Bromont, à l’été 2015.

Verdict : la preuve n’est pas concluante pour trouver Michaël Jacques, 39 ans, coupable de cette infraction, a déclaré mercredi la juge Julie Beauchesne, de la Cour du Québec. 

« Il faut analyser toutes les circonstances pour voir si les gestes posés dépassent la simple préparation, a-t-elle indiqué. L’accusé doit être acquitté, car il n’a fait aucun geste préparatoire. » 

Séquestration

Concernant l’accusation de séquestration, « le tribunal garde l’impression qu’il s’agit d’un geste isolé et impulsif ». « Selon la plaignante, il avait l’air d’être dans un autre monde. Le tribunal reste avec un doute dont doit bénéficier l’accusé. »

En fin d’après-midi le 13 mai 2015, M. Jacques s’est stationné à proximité du bureau d’accueil touristique de Bromont. Il a ensuite agrippé, par le bras, une joggeuse qui passait en lui disant « toi, tu viens avec moi ». La femme de 24 ans, qui était étudiante en techniques policières, a réussi à se déprendre et à mémoriser une partie de la plaque d’immatriculation de son agresseur.

Comportement

M. Jacques a été arrêté quelques minutes plus tard à son domicile de Bromont. À l’arrivée des policiers, il s’était rasé la tête et la barbe. Ce comportement post-délictuel a convaincu la juge qu’il ne souhaitait pas simplement discuter avec la plaignante, comme il l’a prétendu à son procès.

« Ce qu’il voulait, c’était du sexe, a dit la juge Beauchesne. C’était un homme en détresse. » Lors de son arrestation, il avait effectivement mentionné aux policiers que ses intentions étaient malveillantes. Pour ces raisons, l’accusation de voies de fait a été retenue contre lui.

Portant les cheveux courts, une barbe fournie, des lunettes et une chemise à carreaux, Michaël Jacques n’a pas réagi au verdict prononcé au palais de justice de Granby. Il avait aussi été acquitté d’une accusation de possession de drogue en 2014.

En liberté sous conditions, il devra revenir devant la cour en juin, le temps qu’il se soumette à une évaluation comportant un volet sexologique.