Michaël Jacques souhaite exclure du procès une portion de son interrogatoire policier.

Tentative d'enlèvement à Bromont: l'accusé veut revenir sur ses propos

Michaël Jacques admet avoir empoigné une joggeuse près du bureau d'accueil touristique de Bromont, en mai 2015, en lui disant « toi, tu viens avec moi ». Mais il soutient que ce n'était pas dans un but sexuel.
« Je n'ai jamais été quelqu'un comme ça (NB : un agresseur), et je ne le serai jamais », a indiqué l'homme de 38 ans, mercredi, dans le cadre de son procès pour tentative d'enlèvement. Il dit n'avoir voulu que lui parler.
Ce n'est pourtant pas ce qu'il a déclaré au policier lors de son arrestation, le soir même. Pressé de questions, M. Jacques a mentionné que ses intentions étaient effectivement malveillantes et que c'est pour cette raison qu'il n'a « pas choisi une toutoune ». 
Preuve
L'ex-Bromontois, qui habite aujourd'hui Waterloo, tente désormais d'exclure cette preuve du procès. Il dit s'être senti coincé par l'enquêteur et avoir fait ces déclarations pour clore l'interrogatoire qui s'étirait. « J'ai avoué des choses qu'il voulait que j'avoue, mais qui ne sont pas vraies », a-t-il indiqué en répondant aux questions de son avocate, Me Geneviève Cardin.
« Je voulais que ça finisse. À un moment donné, j'ai dit n'importe quoi. »
Anxieux, colérique, dépressif et agoraphobe, M. Jacques a précisé avoir aussi eu des idées suicidaires à l'époque, ce qui a aggravé son malaise à son arrestation. Il dit avoir agrippé la plaignante de 26 ans - qui était étudiante en techniques policières et conjointe, au moment du geste, d'un policier de Bromont - afin de lancer « un appel à l'aide ».« Je ne feelais pas depuis plusieurs années. »
Il dit qu'il souhaitait être envoyé de nouveau en psychiatrie puisque sa demande officielle était restée lettre morte. 
Intention
Contre-interrogé par Me Valérie Simard-Croteau, de la Couronne, Michaël Jacques a peiné à expliquer pourquoi il n'avait tout simplement pas appelé la police s'il voulait se faire arrêter. « Je n'y ai pas pensé », a-t-il répondu. Il a précisé avoir eu l'intention de « retenir » la jeune femme, mais pas de la « garder ».
« J'ai pogné la première qui est passée » sur la piste cyclable, a-t-il dit, ajoutant qu'elle devait avoir un certain attrait. La femme a pu fuir et s'en est sortie indemne. L'accusé a dit qu'il savait qu'il pouvait garder le silence durant son interrogatoire. La suite de son procès a été remise au début de la semaine prochaine.