On voit ici Jules Poisson, coordonnateur en environnement chez Teledyne Dalsa, près d’un des épurateurs permettant de réduire les rejets de GES.

Teledyne Dalsa: de grands pas pour l’environnement

Dès qu’il est question de Teledyne Dalsa, on pense tout de suite à son implication au coeur de l’aventure interplanétaire de la NASA sur Mars. L’entreprise a notamment mis au point les capteurs intégrés dans les caméras de navigation du robot Curiosity et de ses prédécesseurs qui ont sillonné la planète rouge. Or, l’usine du parc scientifique de Bromont fait également sa marque en réduisant son empreinte environnementale sur la planète bleue.

Au quotidien, l’usine de semi-conducteurs de Teledyne Dalsa doit utiliser une foule de substances chimiques. Parmi celles-ci, on retrouve l’hexafluorure de soufre (SF6). Ce même gaz qui fait fureur sur le web, car une fois aspiré, il ralentit les ondes sonores, permettant de parler comme Dark Vador. Au-delà de son aspect spectaculaire, ce composé a de sombres répercussions pour l’environnement. L’entreprise a pris les grands moyens pour en abaisser les rejets, lui permettant ainsi afin de se maintenir autour de 24 000 tonnes de gaz à effet de serre (GES) par année. Et ce, malgré une hausse de 15 % à 20 % de la production au cours des cinq dernières années. « La compagnie a investi environ un million de dollars en achetant quatre épurateurs au cours des dernières années qui chauffent [le SF6] à très haute température (850 oC). Ces équipements ont un taux d’efficacité de 95 % à 99 %. Leur apport est considérable. Sans eux, on pourrait facilement atteindre 80 000 tonnes de GES par an », a mentionné Jules Poisson, gestionnaire en environnement chez Teledyne Dalsa.

Par ailleurs, l’organisation fut une des premières au Québec à obtenir la norme ISO 14 000, mettant en lumière ses engagements pour une saine gestion environnementale, et ce, dès le milieu des années 1990, a indiqué M. Poisson.

Marché du carbone

Teledyne Dalsa, comme les grandes entreprises à travers la province, est sous l’égide de la Bourse du carbone, qui regroupe le Québec et la Californie. Ce système consiste en fait à limiter les droits d’émission de GES produits par les grandes entreprises. Les compagnies ayant des pratiques écoresponsables, se maintenant ainsi sous le plafond établi, mettent en réserve des droits d’émission qu’elles peuvent vendre à des entreprises plus polluantes. C’est le cas de la compagnie de semi-conducteurs. « On a toujours été en surplus de crédits de carbone. En cinq ans, on a accumulé près de 5000 tonnes métriques non utilisées », a spécifié M. Poisson.

De plus, Teledyne Dalsa privilégie des normes éthiques pour son approvisionnement en or, en étain puis en tungstène, découlant du Conflict Minerals Regulations. Cette règlementation met notamment sous embargo sur les produits miniers provenant de la République du Congo et les pays environnants, reconnus pendant des décennies pour bafouer les droits des travailleurs miniers et financer des groupes armés.

Symbiose industrielle

Parmi ses efforts pour réduire son empreinte environnementale, Teledyne Dalsa favorise également la symbiose industrielle. Cette approche, mise de l’avant par le CLD Brome-Missisquoi, se résume en quelque sorte à la célèbre phrase du chimiste français Antoine Laurent de Lavoisier, voulant que « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Concrètement, l’initiative consiste à partager les ressources entre entreprises, tant matérielles qu’humaines.

Les chiffres sont par ailleurs éloquents. Initialement, 18 organisations ont intégré le projet dans la MRC Brome-Missisquoi. On parle désormais de près de 80 participants. Depuis 2014, quelque 250 échanges ont été réalisés, permettant de revaloriser environ 2500 tonnes métriques de produits. Ceci a permis des économies d’échelle avoisinant un demi-million de dollars au sein du groupe.

Or bleu

À lui seul, le Québec possède 3 % des réserves renouvelables d’eau douce du globe. Or, Teledyne Dalsa utilise massivement cet « or bleu ». En fait, l’usine bromontoise consomme 80 gallons d’eau par minute, sept jours sur sept, ce qui équivaut à 42 millions de gallons par an ou 1,6 milliard de litres. Le lac Brome, d’où Bromont puise son eau, ayant atteint ces dernières années son plus bas niveau depuis des décennies, a suscité une réflexion au sein de l’entreprise. De cette introspection a émergé un projet pour réduire de 30 % la consommation d’eau lors du processus de rinçage. « Dans un cycle de rinçage de dix minutes, l’eau utilisée lors des huit dernières minutes peut être récupérée », a résumé M. Poisson. L’initiative sera mise en place au cours des deux prochaines années.

De même, Teledyne Dalsa souhaite diminuer de 90 % ses rejets de fluor dans les eaux usées. Pour ce faire, la compagnie enverra la substance dans des barils à une entreprise sous-traitante, où elle sera neutralisée. Le projet devrait être complété d’ici 2020, a souligné Jules Poisson. « À la maison, je pose des gestes pour sauvegarder la planète, mais jamais je ne pourrai diminuer de 10 000 tonnes métriques l’apport de GES chaque année comme on le fait ici, a confié celui qui s’apprête à partir à la retraite après 37 ans de carrière chez Teledyne Dalsa. Je me trouve vraiment privilégié d’avoir pu contribuer à cet impact environnemental. »