Des producteurs agricoles de Saint-Césaire ne digérant toujours pas l’importante augmentation de leur compte de taxes municipales sont venus manifester leur mécontentement à l’hôtel de ville mardi soir.

Taxe pour les propriétés agricoles: une hausse qui passe mal à Saint-Césaire

Des producteurs agricoles de Saint-Césaire ne digèrent toujours pas l’importante augmentation de leur compte de taxes municipales. Une dizaine d’entre eux sont ainsi venus manifester leur mécontentement à l’hôtel de ville, mardi soir.

Malgré la création d’un taux de taxe distinct pour leur propriété agricole, qui représentait une diminution globale de 12 sous par tranche de 100 % d’évaluation, l’importante hausse de la valeur foncière de leurs terres a fait faire un bond de géant à leur facture, qu’ils ont reçue récemment.

« On en a lourd sur le coeur de voir nos comptes de taxes augmenter de la sorte », a déclaré Jean-François Ridel, qualifiant même cette hausse « d’indécente ». Propriétaire de huit terres à Saint-Césaire, son dû a doublé pour chacune d’entre elles.

La plus récente évaluation foncière a fait croître le compte de taxes de Richard Brodeur de 280 %, ce qui lui vaut une hausse d’un peu plus de 9000 $. « Mon compte de taxes a triplé. C’est complètement ridicule », a-t-il déclaré, mentionnant au passage qu’il trouvait « insultant » la décision du conseil d’avoir diminué le taux de taxe résidentiel de deux sous alors que les producteurs agricoles voyaient une flambée de leur compte.

« La moindre décence, ça aurait été au moins de ne pas baisser leur compte de taxes. On est d’accord pour financer la dette, mais encore faut-il que tout le monde le fasse et que ce soit équitable », a-t-il plaidé.

Effort budgétaire

Le maire de Saint-Césaire, Guy Benjamin, a écouté les doléances des producteurs agricoles avant de rétorquer que la Ville ne reviendrait pas sur son budget adopté en décembre. « Cette année, c’est canné, a-t-il mentionné. Et ce qui me déçoit, c’est qu’aucun de vous n’était présent lorsqu’on a présenté le budget. »

Il a rappelé que la mise en place d’un taux distinct pour les propriétés agricoles était déjà une mesure pour les accommoder, d’autant plus que la baisse initiale devait être de cinq sous et non de dix (sans inclure les deux sous de diminution au taux global). « On paie tous la dette ensemble. Ce n’est pas nous ni la firme d’évaluation qui sommes responsables de la hausse de la valeur de vos terres. Pour nous, ce dix sous là, c’est 400 000 $ de moins en revenus à la Ville, dont on a dû se priver, illustre l’élu. On a fait un bon travail. »

Les conseillers Michel Denicourt et Gilbert Viens ont témoigné en appui au maire. « On a tourné (la question) sur tous les bords, a fait valoir le premier. Le budget n’a pas été facile (à boucler). »

« Nous avons tenté par tous les moyens de diminuer les coûts, a renchéri le second. On a demandé à tous nos directeurs de services de diminuer leurs dépenses. On ne pouvait pas en faire plus. »

Normand Ducharme a pour sa part fait valoir que les producteurs n’utilisaient pas tous les services municipaux pour lesquels ils paient.

« Pourtant, quand tu roules sur l’asphalte avec ton tracteur, tu utilises un service municipal », a illustré le maire Benjamin, à un certain point excédé par les échanges qui ont duré plusieurs dizaines de minutes.

« La pilule est dure à avaler, je comprends, a-t-il concédé un peu plus tard. Il faut investir et rattraper l’entretien de nos infrastructures, qui sont en état de décrépitude. C’est ça notre game : nos revenus sont saturés, mais les dépenses augmentent tout le temps. »

Prévoir le coup

Les producteurs craignent également que l’enveloppe dédiée au Programme de crédit de la taxe foncière, grâce à laquelle le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec rembourse jusqu’à 75 % du compte de taxes des producteurs agricoles, ne soit plus suffisante pour leur permettre de joindre les deux bouts. « Il y a déjà certains producteurs qui ont dû rembourser un trop-payé pour l’an dernier », explique M. Ridel.

Celui-ci a plaidé pour que les producteurs se rassoient avec la Ville, cet automne, en vue du budget de l’an prochain, surtout si le plafond du programme de remboursement provincial n’est pas rehaussé pour absorber la différence.