On voit ici quelques-uns des citoyens qui ont signé une lettre envoyée aux élus de Bromont leur demandant de réviser leur position concernant la tarification d’accès aux sentiers.
On voit ici quelques-uns des citoyens qui ont signé une lettre envoyée aux élus de Bromont leur demandant de réviser leur position concernant la tarification d’accès aux sentiers.

Tarification pour l’accès aux sentiers: Bromont remet les pendules à l’heure

Au cours des dernières semaines, la tarification pour accéder au réseau de sentiers de Bromont, tant à pied qu’à vélo, a fait l’objet de plusieurs commentaires de gens sur les réseaux sociaux. Un groupe de citoyens a également fait parvenir une lettre aux élus municipaux, signée par une vingtaine de personnes. La missive met notamment en lumière le fait que les frais d’accès sont très élevés et ne s’appliquent qu’aux non-résidents. La Ville fait le point sur les tenants et aboutissants du dossier.

Bromont compte 140 kilomètres de sentiers et de pistes cyclables. Un véritable terrain de jeu pour les touristes et les gens de la région. Il y a près de deux ans, après une vaste mobilisation, tant au niveau politique, des affaires et dans la population, un site de plusieurs hectares dans le massif du mont Brome a été ajouté en zone de conservation: le Parc des sommets.

Or, les frais d’exploitation d’un aussi grand réseau, qui s’élèvent à plus d’un demi-million $ par année, ne peuvent être assumés uniquement par les Bromontois, a indiqué la chargée de projet du Parc des Sommets et responsable des sentiers municipaux, Annie Cabana.

La gestion du Parc est confiée à l’OBNL Les Amis des sentiers de Bromont. «Présentement, on parle d’aménagement et d’entretien des sentiers. Avec l’arrivée du pavillon d’accueil, on va ajouter des services. Une billetterie, de la location d’équipements, des randonnées guidées. On va aussi assurer la mise en oeuvre du plan de conservation. Et pour faire tout ça, on doit embaucher du personnel», a fait valoir Annie Cabana.

Analyse

Avant de fixer une tarification, une analyse de la fréquentation des sentiers a été réalisée. Selon les données recueillies, entre 70% à 75% des utilisateurs sont de l’extérieur de Bromont, a mentionné la chargée de projet.

Une étude de marché a également été faite pour avoir un portrait global. «On voulait voir ce qui se fait ailleurs. La Vallée-Bras-du-Nord (Saint-Raymond), les sentiers à Oka, la SEPAQ. Ce sont des réseaux qui offrent sensiblement les mêmes activités qu’à Bromont. On a donc essayé d’offrir une tarification compétitive. Et c’est le cas», a assuré Annie Cabana.

À titre de comparaison, un adulte doit débourser 11,30$ et une famille (deux adultes et deux enfants) 17,40$ par jour pour accéder aux sentiers de la Vallée-Bras-du-Nord. À Bromont, le tarif quotidien de randonnée durant la saison estivale est de 11$ par adulte et de 27$ par famille.

Notons que le réseau villageois et le mont Berthier sont accessibles gratuitement à tous. Cette décision a été prise «en raison du transport actif et de la promotion des saines habitudes de vie, a spécifié Annie Cabana. On veut aussi permettre aux gens d’accéder aux différentes infrastructures et attractions touristiques.»

Accessibilité

Étienne Benoit fait partie des signataires de la lettre envoyée aux élus de Bromont au début juillet. Il remet non seulement en question la tarification, qu’il juge «excessive», mais également la «gratuité pour les Bromontois».

«En imposant une tarification uniquement aux non-résidents, Bromont introduit une nouvelle façon de faire. On est contre l’idée. C’est un immense territoire qui a été payé collectivement. [...] C’est un enjeu qui préoccupe bien des gens. On espère que notre belle région ne se développera pas en vase clos. Ça nous inquiète», a fait valoir le résident de Cowansville.

Selon Annie Cabana, il est «faux de dire que les citoyens de Bromont ne paient pas pour les sentiers». «On donne entre autres une contribution financière annuelle aux Amis des sentiers autour de 150 000$ pour l’entretien et l’aménagement. Et ça provient de la poche des contribuables. L’autre portion doit provenir des non-résidents.»

Notons que Bromont a une population qui oscille autour de 10 000 habitants.

Rappelons que la municipalité s’est engagée à hauteur de plus de 2 millions $ pour l’acquisition du Parc des sommets. Québec et Ottawa ont aussi contribué financièrement au projet. De plus, une campagne de sociofinancement a permis d’amasser plus d’un million $.

Étienne Benoit est d’avis que Bromont «ferme le territoire». Il fait notamment le parallèle avec Cowansville qui a un réseau de sentiers et une plage dont l’accès est gratuit, mais dont les frais d’entretien sont payés par les résidents de l’endroit.

«On demande aux élus de Bromont d’avoir une ouverture pour rendre les lieux accessibles. C’est vrai que Bromont paie sa part, a-t-il concédé. Les élus ont fait de leur mieux. Mais je trouve que dans la démocratie, c’est bien de se questionner à propos des enjeux qui touchent les autres.»

De son côté, le maire de Bromont, Louis Villeneuve, est d’avis que la tarification est «tout à fait justifiée». «Les gens de Bromont ont investi énormément dans le parc et le réseau de sentiers. Comme tout autre parc, il y a de la tarification. J’ai confiance aux gens qui ont fait l’exercice des comparatifs. La tarification est là pour rester. On est heureux de recevoir les gens, mais il faut qu’ils acceptent de contribuer.»

Partenariats

La tarification d’accès au réseau de sentiers de Bromont pourrait diminuer. En effet, des pourparlers sont en cours, entre autres avec Granby et Cowansville, pour des ententes intermunicipales à ce chapitre, a mentionné Annie Cabana.

Des discussions ont aussi lieu avec Bromont, montagne d’expériences pour offrir une «passe unifiée» qui donnerait accès à son détenteur aux pistes de vélo de montagne et aux remontées mécaniques de l’entreprise puis à l’ensemble du réseau de sentiers municipal. Une telle initiative est par ailleurs en vigueur avec le Centre national de cyclisme de Bromont.

+ Pavillon du Parc des sommets: ouverture prévue au printemps 2021

Le projet du pavillon d’accueil chemine rondement. Si tout se déroule comme prévu, l’infrastructure sera livrée d’ici «avril ou mai 2021».

Le bâtiment sera construit sur un vaste site près du chemin des Carrières. Les travaux sont amorcés pour le chemin d’accès et le stationnement, a mentionné la chargée de projet du Parc des sommets et responsable des sentiers municipaux, Annie Cabana. «L’infrastructure devrait être prête sous peu», a-t-elle dit.

Un appel d’offres public devrait être lancé au cours des jours à venir pour la construction du pavillon, a indiqué la chargée de projet. L’octroi du contrat est prévu en septembre. Le début du chantier est au programme en octobre.