Chef d'équipe adjointe pour la Croix-Rouge, Tamara Bournival a quitté le pays le 10 novembre dernier pour prendre la relève de l'équipe dépêchée sur les lieux tout de suite après le drame. Elle est revenue tout juste avant les Fêtes.

Tamara Bournival de retour d'une mission à Haïti

Après plus d'un mois passé à Haïti à venir en aide aux victimes de l'ouragan Matthew, la Bromontoise Tamara Bournival est rentrée chez elle juste à temps pour célébrer les Fêtes auprès des siens. Son expérience à titre de coopérante pour la Croix-Rouge a toutefois changé sa perception de cette période de réjouissances.
Il était primordial de soigner ces Haïtiens avant que leur état ne se détériore. « Ce qui peut être mineur ici peut rapidement devenir sérieux là-bas », explique M<sup>me</sup> Bournival.
En septembre, l'ouragan Matthew a fait près de 1000 morts en Haïti, ravageant le sud-ouest de l'île sur son passage. Chef d'équipe adjointe, Tamara Bournival a quitté le pays le 10 novembre dernier pour prendre la relève de l'équipe dépêchée dans la région de Jérémie tout de suite après le drame. La pharmacienne de profession supervise les opérations de l'hôpital mobile qui prodigue des soins aux habitants de villages plus éloignés.
Ce faisant, entre 1200 et 1500 patients ont été auscultés au cours des quatre semaines de mission. Diarrhées, malaria, fièvre typhoïde, choléra et autres maladies sanitaires ont occupé l'équipe médicale qui, en raison de la fin de la saison des pluies, a pu atteindre des communautés jusqu'ici jamais rejointes par la Croix-Rouge depuis l'ouragan. « Les routes étaient trop dangereuses et instables avant, raconte Mme Bournival. À certains endroits, les gens n'avaient pas eu accès à des soins depuis plus de six semaines. »
Il était cependant primordial de soigner ces Haïtiens avant que leur état ne se détériore. « Ce qui peut être mineur ici peut rapidement devenir sérieux là-bas », explique la déléguée. 
Et les hôpitaux étant engorgés, tout coup de main était bienvenu. L'équipe de la clinique mobile a d'ailleurs aidé des malades qui marchaient des dizaines de kilomètres en bordure de la route pour se rendre à l'hôpital le plus proche.
« Les Haïtiens ont une incroyable joie de vivre. Malgré les circonstances, j'ai vu des enfants jouer et rigoler. C'est un souvenir que je vais garder toute ma vie », souligne la coopérante.
Petites choses simples
Signe que l'Histoire se répète, Mme Bournival est revenue de mission tout juste avant Noël, tout comme en 2013, alors qu'elle s'était envolée vers les Philippines, alors ravagées par un typhon meurtrier. « J'avais trouvé mon retour extrêmement difficile, se souvient-elle. Cette fois, je m'étais préparée mentalement, mais ça donne une tout autre perspective aux Fêtes. »
Difficile de festoyer dans l'abondance après avoir côtoyé la misère d'aussi près. « La région est pas mal maganée, a-t-elle constaté. C'était déjà un secteur très pauvre, avec des maisons en branches avec un toit en aluminium. Ça prendra des années à tout reconstruire. »
Le seul souhait de Noël de la Bromontoise était d'être entourée de son mari, de ses enfants, de sa famille et de ses amis. « Les cadeaux deviennent moins importants, affirme-t-elle. Là-bas, on apprécie les plus petites choses, les choses les plus simples. On apprend qu'on n'a pas besoin de beaucoup pour être heureux. »
«Les Haïtiens ont une incroyable joie de vivre, poursuit la coopérante. Malgré les circonstances, j'ai vu des enfants jouer et rigoler. C'est un souvenir que je vais garder toute ma vie.»
«On a vu beaucoup de tristesse, on a vu des choses extrêmement difficiles que je souhaiterais pouvoir effacer de ma mémoire. Tout ça me rend plus appréciative de ma vie ici. (...) En même temps, en travaillant, on a eu du plaisir aussi. Je me réjouis, car encore une fois, j'ai le sentiment d'avoir encore plus reçu que donné.»