Véronique Lalonde a été déclarée coupable de voies de fait graves sur un bébé d'un an.

Syndrome du bébé secoué: une ex-éducatrice trouvée coupable

Le tribunal n'a pas retenu la thèse de la défense au dossier de Véronique Lalonde, une ex-éducatrice en garderie accusée de voies de fait graves sur un bébé d'un an.
L'avocat de la femme de 29 ans de Sainte-Cécile-de-Milton, Me Roger Paquin, soutenait que le garçon avait subi d'autres blessures accidentelles et antérieures. Celles-ci auraient mené au syndrome du bébé secoué après une chute d'une table, en avril 2012. 
Les trois médecins entendus au procès ont tous confirmé le diagnostic d'hémorragie sous-durale, mais seul l'un d'eux, appelé à la barre par Me Paquin, a affirmé qu'il ne fallait pas exclure que la blessure pouvait avoir été causée de façon progressive.
Le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, n'a pas accueilli cette théorie.
Suspects
Il a fait valoir que l'enfant - qui s'est bien rétabli depuis - allait relativement bien dans les jours précédant son hospitalisation, ayant même fait ses premiers pas. Reste à savoir qui a commis le délit. Ayant exclu qu'un autre enfant pouvait avoir blessé ainsi la victime, seuls ses parents et l'accusée pouvaient être tenus responsables.
Comme les parents avaient déjà été longuement rencontrés par les policiers, « leur capacité parentale n'a pas été mise en doute », a dit le juge Champoux, tandis que le témoignage de Mme Lalonde s'est avéré ambigu à ses yeux. 
Il s'est dit convaincu qu'elle n'a pas dit la vérité en cour au sujet d'une blessure précédente de l'enfant, et a mentionné qu'elle a « fait preuve d'une certaine froideur » lors de son témoignage.
Très appréciée des autres parents, Mme Lalonde a été décrite comme une femme posée et organisée. Une attitude qui tranche avec l'un de ses commentaires tenus au téléphone avec la mère de la victime, le jour du drame.
Elle a alors déclaré avoir « crissé la tête de (l'enfant) sous l'eau froide » pour tenter de le réveiller. Le bébé était devenu inerte et ses yeux, révulsés. Au fil des semaines, sa mère avait fréquemment remarqué de petites blessures que la gardienne attribuait à des chutes ou des jeux.
Verdict
Mais la possibilité d'une ultime blessure « accidentelle » - qui aurait d'ailleurs pu lui être fatale - a été exclue par le juge. Le magistrat a ajouté que l'accusée opérait une garderie depuis peu et y gardait « plus d'enfants en bas âge que ce qui est autorisé en CPE ».
Pour toutes ces raisons, il a déclaré Véronique Lalonde coupable de voies de fait graves, une accusation passible d'un emprisonnement maximal de 14 ans. L'accusée a accueilli le verdict les larmes aux yeux, alors que les parents du bambin se sont enlacés à leur sortie de la salle d'audience. Aucun ne s'est adressé à La Voix de l'Est.
Les parties doivent se retrouver en cour à la fin mars pour l'étape des plaidoiries sur la peine à imposer à l'accusée, qui n'avait pas d'antécédent judiciaire. À la demande de la défense, un rapport avant sentence sera rédigé afin d'en tracer le portait.