Sylvain Blanchard a reçu, samedi, la médaille de l’Assemblée nationale des mains du député de Granby François Bonnardel, et celle du 150e de la Confédération du député fédéral de Shefford Pierre Breton.

Sylvain Blanchard : 40 ans à faire la différence

Quarante ans, c’est si vite passé. C’est ce que s’est dit Sylvain Blanchard, samedi, en voyant la foule rassemblée pour célébrer son 40e anniversaire de carrière en soins ambulanciers. Et pour ajouter à la surprise, on lui a décerné deux prestigieuses récompenses. Grosse soirée !

« Je me suis fait prendre complètement. Malgré le fait qu’on pratique un job assez dur, je suis un gars sensible et j’ai été extrêmement touché par cette fête », confie celui qui est paramédic à temps partiel et propriétaire de l’entreprise Ferme-Médic.

Parmi la soixantaine d’invités rassemblés pour souligner cet important jalon professionnel, on comptait notamment le représentant de Shefford à la Chambre des communes, Pierre Breton, qui lui a décerné la médaille du 150e anniversaire de la Confédération du Canada, et le député de Granby, François Bonnardel, venu lui remettre la médaille de l’Assemblée nationale. Sur celle-ci, on pouvait lire : « 40 ans à faire la différence dans la vie de milliers de patients ».

Cette mention résume parfaitement ce qui l’anime depuis ses débuts, en 1978, alors qu’il n’était même pas majeur. « Je rentre encore au travail par passion. Il faut aimer les gens pour faire ce métier, surtout les personnes âgées. Et ça prend de l’empathie », fait-il remarquer, en attribuant une grande partie du mérite à son partenaire.

Tout un cadeau
C’est d’ailleurs avec son équipier de longue date, Stéphane Jacques, qu’il a vécu récemment ce qu’il qualifie de véritable « cadeau » de 40e.

Un appel. Une dame de 67 ans souffrant de douleurs abdominales. L’intuition que quelque chose cloche... « J’appelle ça la loi du cadre de porte ; en entrant, en le voyant, on sait si le patient ne va pas bien », explique-t-il. Les premières lectures confirmant un infarctus, le duo de paramédics prend la patiente en charge et se met en route vers Sherbrooke. Durant le trajet, il doit stopper l’ambulance quatre fois en bordure de l’autoroute 10 pour réanimer la dame en arrêt cardiaque. Diagnostic : deux artères sur trois bloquées à 100 %. Opérée sur-le-champ, la dame a survécu, sans aucune séquelle.

« Je suis allé la voir quelques jours après à l’hôpital et j’ai eu droit à une méchante accolade ! C’est capotant. Pour moi, ça, c’est faire de l’ambulance », raconte-t-il, visiblement heureux de la tournure des événements.

Dans cet univers en mutation, de telles histoires ne sont pas prêtes de disparaître. « Depuis 1989, le métier a évolué énormément et continue de progresser. On peut désormais donner plus de médicaments — comme l’épinéphrine, la nitroglycérine et le glucagon — et dispenser plus de soins. C’est intéressant. »

Et malgré la baisse du nombre d’accidents de la route, les interventions n’ont pas diminué. « Ce qui est plus flagrant, maintenant, ce sont les cas de détresse psychologique et d’intoxication. »

Interrogé sur l’avenir de sa profession, Sylvain Blanchard mentionne que d’autres changements se préparent dans le monde des soins préhospitaliers. Dans certaines zones pilotes, par exemple, des antidouleurs peuvent être administrés aux patients par les techniciens. « Ce qui veut dire qu’on va avoir des coffres-forts dans les ambulances. »

Les choses changent
Dans quelques régions, il est aussi possible d’émettre des constats de décès à distance, avec l’approbation d’un médecin désigné. Dans de tels cas, les paramédics n’ont plus à assurer le transport de la personne décédée ; c’est la morgue qui s’en occupe. Les choses changent, constate-t-il.

Quant à son avenir à lui, Sylvain Blanchard n’a pas l’intention de dire adieu à sa vocation. « J’ai toujours dit que je ferais ce métier tant et aussi longtemps que j’aurais la santé physique et mentale. Et j’ai encore la passion pour le faire », lance l’homme de 58 ans, qui évoque la possibilité de continuer jusqu’à 65 ans... « Maximum. »