La Ville a l’oeil sur cet édifice de la rue Principale Sud pour y relocaliser temporairement les organismes logés actuellement au vétuste Centre John-Sleeth.
La Ville a l’oeil sur cet édifice de la rue Principale Sud pour y relocaliser temporairement les organismes logés actuellement au vétuste Centre John-Sleeth.

Sutton veut acheter un bâtiment pour les organismes

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
La Ville de Sutton a l’œil sur un bâtiment qui a déjà abrité les locaux de la mairie durant la décontamination et la restauration de l’hôtel de ville, en 2015 et 2016. Cette fois, plutôt que de le louer, la Ville veut acheter le bâtiment pour relocaliser temporairement cinq organismes actuellement logés dans le vétuste Centre John-Sleeth.

Récemment, le 1, rue Principale Sud - où se trouve le Round Top Bagels - est arrivé sur le marché de l’immobilier. Selon la page dédiée au bâtiment commercial sur le site de l’agence Sutton Québec, il s’agit d’une reprise de finance. Le prix de vente affiché est de 874 900 $, alors que l’immeuble construit en 2000 est évalué à 713 300 $ au rôle d’évaluation foncière de la ville. Il est vendu sans garantie légale.

Ce prix élevé peut s’expliquer par le marché de l’immobilier favorable aux vendeurs, surtout à Sutton, explique le directeur général de la Ville, Pierre Largy.

Sans pouvoir révéler la valeur de l’offre initiale et de la contre-offre, M. Largy assure que la ville a « fait une offre beaucoup plus basse que la contre-offre. On est revenu à une contre-offre qui nous semblait raisonnable compte tenu du marché. »

Le conseil, qui a autorisé lundi le dépôt en fidéicommis la somme de 15 000 $ pour l’achat du bâtiment, est conscient depuis longtemps que les organismes situés au Centre John-Sleeth devront être relocalisés temporairement. Le Centre communautaire John-Sleeth est désuet et la réflexion sur son avenir n’est pas encore complétée.


« On s’est engagé pour relocaliser les gens de John-Sleeth. Quand ça s’est présenté, on a vu que c’était une solution élégante. »
Michel Lafrance, maire de Sutton

En 2019, il était question d’une consultation citoyenne en 2020 afin d’étudier différentes pistes de solutions. La Municipalité doit se questionner si elle fait une réfection majeure du bâtiment ou si elle la condamne et la démolit pour repartir à neuf. Dans un tel cas, un autre emplacement pourrait être choisi.

Relocaliser temporairement

Lorsqu’ils ont vu que l’édifice, situé en face de la rue Maple, était à vendre, la Ville n’a pas hésité à faire une première offre. Le comité appelé à réfléchir sur l’avenir du cœur villageois n’a pas été consulté en raison de la rapidité des actions à prendre dans les circonstances actuelles sur le marché.

« Le comité n’était pas au courant. C’est une opportunité qui a été identifiée par hasard, souligne M. Largy. Ça s’est fait très vite. On a des organismes qui ont besoin de déménager. Qu’importe ce qu’on fait, ça va prendre un déménagement temporaire. »

« On s’est engagé pour relocaliser les gens de John-Sleeth. Quand ça s’est présenté, on a vu que c’était une solution élégante », ajoute le maire Michel Lafrance.

Un bâtiment à occuper

De plus, lorsque les organismes auront leur nouveau toit permanent, l’édifice gardera une valeur liée à son emplacement stratégique. La Ville l’utilisera pour un autre usage ou le revendra, informe le directeur général.

« Ça fait au moins cinq ans que cet édifice-là n’est presque pas occupé, souligne-t-il. Il est central et ce n’est pas souhaitable qu’un emplacement de choix soit toujours en attente. »

Si la contre-offre de Sutton est acceptée, le processus pour adopter un règlement d’emprunt sera rapidement enclenché. C’est alors que les citoyens pourront s’exprimer. La première étape se fera avant la fin du mois, si la réponse est positive.

Déménagements

Le Centre d’action bénévole, le Jardin d’enfants de Sutton, la maison des jeunes Le Spot, Arts Sutton et la Bibliothèque Sutton Library sont les locataires du Centre John-Sleeth.

Ceux-ci n’ont pas été avisés des plans de la Ville, indique Sylvain Demers, président du conseil d’administration d’Arts Sutton. « On va attendre de voir si c’est accepté ou pas comme offre d’achat pour donner mes commentaires. »

Chose certaine, si déménagement il y a, dans cet édifice, il leur faudra réaménager la galerie d’art dans les règles de l’art.

Une réunion avec tous les organismes est prévue à la fin du mois, dit-il, durant laquelle il devrait en apprendre plus.

Nos demandes d’entrevues aux autres organismes sont restées lettre morte.