Plus de 280 personnes se sont rendues au centre d’Arts Sutton pour voir les propositions d’étudiants en troisième année au baccalauréat en architecture à l’Université de Montréal.

Sutton repensée par des étudiants

La poussière de ce qui restait des ruines de l’usine Filtex de Sutton est retombée, mais plusieurs questions demeurent toujours en suspens quant à l’avenir du cœur villageois de Sutton. Des étudiants en troisième année du baccalauréat de l’École d’architecture de l’Université de Montréal ont posé la première pierre de la réflexion et leurs quatre propositions étaient exposées au centre d’exposition Arts Sutton les 7, 8 et 9 février.

Plus de 280 Suttonnais (es) sont allés y jeter un coup d’œil au courant de la fin de semaine. Ils pouvaient laisser leurs commentaires à la fin de leur visite. « Le monde est intéressé ! », assure Andrée Pelletier, d’Arts Sutton, qui supervisait l’exposition.

D’abord, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’une démarche officielle de la Ville, mais bien d’une initiative citoyenne qui a découlé d’une fortuite rencontre en ski.

Le Suttonnais Claude Gagnon s’est retrouvé en ski au mont Sutton, par hasard, avec l’architecte Paul Bernier, raconte la conseillère municipale du district 2, Dominique Parent. Il a alors évoqué l’idée que des étudiants de l’Université de Montréal se penchent sur la question. « M. Bernier a approché l’Université de Montréal, qui a, à son tour, proposé au professeur Pierre Boyer-Mercier de faire un atelier avec ses étudiants sur ce projet-là. »

Le professeur et architecte Boyer-Mercier et douze de ses étudiants se sont fixé l’objectif d’élargir le projet au simple terrain de l’ancienne usine et de faire du cœur de Sutton un espace piétonnier, un espace de végétation, un lieu d’interprétation, de loisirs et de repos, et un lieu d’expression culturelle pour les Suttonnais.

Les étudiants, divisés en quatre équipes de trois, avaient donc carte blanche pour réfléchir et conceptualiser le futur cœur du village en considérant l’intégration de la rue principale et des parties ouest et est de la ville qui était divisée par la voie ferrée et l’ancienne usine Filtex, la disparition ou la relocalisation de certains commerces existants, les montagnes et les cours d’eau avoisinants et le fait qu’il s’agit d’un lieu d’entrée au centre-ville.

Les étudiants sont venus visiter les lieux à plusieurs reprises, avant même la démolition de l’usine, pour prendre surtout conscience des alentours. Le maire de Sutton, Michel Lafrance, le conseiller municipal Daniel Martin et le directeur de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire de la Ville, Alain Beauregard, ont joué le rôle de guides.

Les maquettes finales ont été présentées à Montréal le 12 décembre dernier.

« Le point de départ d’une démarche plus large »

« La démolition de la Filtex est une formidable opportunité pour la municipalité. Pour la première fois, peut-être depuis le grand feu de 1898, nous avons un terrain vacant au cœur du village qui nous permet d’envisager un réaménagement de nos espaces collectifs », a déclaré le maire.

Il précise cependant que, tout en respectant chaque idée qui a été soumise par les étudiants, la Ville ne s’engage pas à réaliser l’un ou l’autre des concepts présentés. Il définit le processus comme « un bel exercice d’idéation, un point de départ à une démarche plus large ».

En 2020, Sutton s’engage dans une démarche d’aménagement du cœur du village avec ses citoyens et des consultations seront organisées à plusieurs étapes de la démarche, assure M. Lafrance.