La rue Eastern à Waterloo pourrait être reconstruite cette année au coût de 4,1 millions de dollars.

Surverses: Waterloo s’attaque à la rue Eastern

La Ville de Waterloo a considérablement amélioré son bilan de surverses d’eaux usées ces dernières années. La reconstruction des rues Eastern et Western pourrait permettre à la municipalité de les réduire encore davantage.

Les deux artères, parmi les plus vieilles de la municipalité, ne sont pas équipées d’égouts pluviaux. Faute de ces conduits, ce sont les égouts sanitaires qui collectent toutes les eaux de fonte de neige et de pluie, ce qui provoque parfois des surverses, indique Yves Gagnon, directeur des travaux publics de la Ville. « On traite inutilement beaucoup d’eau de ruissellement à notre usine d’épuration », souligne-t-il.

Cette situation pourrait changer lors des deux prochaines années. La Ville est en effet en pourparlers avec les gouvernements d’Ottawa et de Québec pour réaliser des travaux de modernisation des infrastructures souterraines sur toute la longueur de la rue Eastern et de la rue St-Joseph (entre Eastern et Beaulne).

Ce secteur recueille beaucoup d’eau de ruissellement, a dit le maire Jean-Marie Lachapelle, notamment en raison de l’élévation des Terres du Sacré-Cœur.

La Ville a récemment obtenu le feu vert du ministère des Affaires municipales pour emprunter 4 079 000 $ afin de payer les coûts.

M. Lachapelle ignore toutefois quel pourcentage de subvention sa municipalité recevra, les deux paliers de gouvernement ne s’étant pas encore entendus sur les modalités du programme de subvention. La fenêtre pour lancer les travaux cette année commence cependant à se fermer, déplore-t-il.

Si aucune entente ne survient entre les deux paliers de gouvernement, les travaux pourraient être effectués l’an prochain. Tout comme ceux de la rue Western, également ciblée comme prioritaire dans le plan d’intervention de la Ville.

Dans ce cas-ci, il est à noter que l’ouvrage de surverses le plus utilisé se trouve au bout de la rue Mario. En 2016, selon les données obtenues par la Loi d’accès à l’information, 76 des 185 déversements d’eaux usées qui se sont produits dans la municipalité concernaient l’ouvrage de surverses D-2 Mario. Des 1765,55 heures pendant lesquelles ont duré les surverses, 1350,30 heures ont été comptabilisées à cet ouvrage, dont 663,07 heures correspondant à 31 « surverses d’urgence ».

Le secteur de la rue Western recueille aussi beaucoup d’eau de ruissellement, selon le maire, notamment en provenance des terrains situés plus haut. Les ingénieurs qui travaillent le projet étudient la possibilité d’aménager un bassin de captation pour les eaux de ruissellement.

Débranchement des gouttières
L’installation d’égout pluvial n’est pas la seule stratégie de la Ville pour améliorer son bilan de surverses. Elle mise aussi sur le débranchement de gouttières de l’égout sanitaire. En 2017, deux étudiants ont été embauchés comme patrouilleurs en environnement dans le cadre d’un projet pilote. Ils ont entre autres choses inspecté les gouttières de maisons pour s’assurer qu’elles ne dirigeaient pas les eaux de pluie vers l’égout. Un règlement datant de 2000 interdit une telle pratique.

Dans leur rapport, les étudiants embauchés par le service de l’urbanisme ont inspecté 530 maisons. Un total de 247 d’entre elles était conforme au règlement. « Certains dossiers se sont réglés rapidement. D’autres ont nécessité des interventions. On continue de faire de suivis », explique Marc Cournoyer, directeur de l’urbanisme de la municipalité.

Il est possible que la patrouille verte revienne l’an prochain, a dit M. Cournoyer, qui en fera la recommandation au conseil municipal. Les patrouilleurs pourraient inspecter les trois quarts restants du parc immobilier, a-t-il dit. « On ne peut pas régler le problème des gouttières du jour au lendemain. Mais on avance. Il y a eu un défrichage à faire pour faire respecter le règlement. On doit continuer de faire de la sensibilisation », dit-il.