Encore aujourd’hui, le duo père-fils se paie quelques <em>roadtrips</em> où la photographie est à la fois prétexte et finalité pour des moments privilégiés à capturer sur pellicule ou en pixels différentes scènes, divers paysages ou tout autre point de vue qui titille leur créativité.
Encore aujourd’hui, le duo père-fils se paie quelques <em>roadtrips</em> où la photographie est à la fois prétexte et finalité pour des moments privilégiés à capturer sur pellicule ou en pixels différentes scènes, divers paysages ou tout autre point de vue qui titille leur créativité.

Sur les traces de papa

S’il existe une chose qu’Alain Dion affectionne au moins autant que la photographie, c’est sa famille, pourra témoigner son entourage. Et quelle joie pour lui de voir son fils Christophe suivre ses traces en ayant à son tour choisi de voir le monde à travers une lentille.

Maintenant âgé de 25 ans, Christophe Boisseau-Dion est pratiquement né avec un appareil photo dans les mains. « Je ne connais pas beaucoup de jeunes de mon âge qui ont appris à faire de la photo avec des films qu’on devait ensuite développer dans une chambre noire ! », raconte le jeune homme.

« Pour vrai, sans même le savoir, je crois que j’ai toujours voulu devenir photographe, poursuit-il. En fait, je suis un photographe. Ça fait partie de moi comme ça fait partie de mon père. »

Celui-ci a tôt fait de partager sa passion pour la photo avec la prunelle de ses yeux. « Même s’il a donné des cours de photo au cégep à une certaine époque, mon père ne m’a pas vraiment donné de cours et il ne m’a pas vraiment dit quoi faire, précise Christophe. J’ai appris en l’observant et en faisant mes propres photos quand on sortait. C’était notre moment à nous. »

Encore aujourd’hui, le duo père-fils se paie quelques roadtrips où la photographie est à la fois prétexte et finalité pour des moments privilégiés à capturer sur pellicule ou en pixels différentes scènes, divers paysages ou tout autre point de vue qui titille leur créativité.

Lors de ces séances planifiées ou improvisées, il n’y a point d’élève ou de maître: l’un et l’autre se prodiguent conseils et encouragements. « Autant je tripe sur ses photos, autant lui tripe sur certaines des miennes », affirme Christophe à propos de son père.

Si ce dernier préfère des photos en action, immortalisant « la seconde qui change tout », son cadet apprécie particulièrement l’art du portrait. « C’est fascinant de raconter une histoire en une seule image. Un portrait, ça peut en dire vraiment long », raconte-t-il.

Le duo père-fils un peu plus jeune...

De la passion à la vocation

D’aussi loin qu’il se souvienne, Christophe accompagnait son père lors d’assignations qui l’ont amené à parcourir les quatre coins de la région pour La Voix de l’Est. Il a également servi de modèle — anonymement, la plupart du temps ! — quand un journaliste avait besoin d’une photographie où on apercevait un enfant, pour illustrer la rentrée des classes, par exemple.

Et comme tout fils vouant une admiration sans bornes à son père, Christophe était ravi d’être l’héritier du photographe de La Voix de l’Est. « Pour moi, c’était évident que tout le monde à Granby connaissait mon père et ça me rendait fier », se rappelle-t-il.

Cette notoriété dépassait même les limites de la municipalité, si bien qu’enfant, le jeune homme était convaincu que son père allait être envoyé à New York pour immortaliser les suites des attentats du 11 septembre 2001. « Je me demandais s’il allait être revenu à temps pour venir me chercher à l’école... » relate-t-il avec humour.

Avec le temps, et à force d’y être immergé depuis sa tendre enfance, la photographie de presse s’est imposée comme vocation professionnelle chez Christophe. Un objectif finalement atteint en 2014, alors qu’Alain Dion a officiellement embauché son fils comme photographe à temps partiel à La Voix de l’Est.

« C’est tellement un beau métier ! » lance Christophe, qui qualifie de « trop cool » et de privilège l’expérience de travailler aux côtés de son père, qui avait déjà publié quelques clichés de son fils dans les pages du quotidien au cours de sa carrière. « C’est tellement facile, on a beaucoup de plaisir, dit-il. Pour lui, ce n’est même pas un travail. Il dit souvent qu’il est en vacances depuis l’Expo 67 ! »

Plus sérieusement, Alain Dion donne toujours le meilleur de lui-même au boulot, confirme son fils. « Il travaille avec sérieux, mais il ne se prend pas au sérieux », nuance ce dernier. Un constat qui se confirme quand le principal intéressé rappelle sans cesse « être un artiste, pas un chirurgien ! »

Sur le terrain, les comparaisons avec son père n’effraient pas Christophe, plutôt flatté. Cela ne l’empêche pas de trouver qu’il a parfois de grandes chaussures à porter. « Ça m’intimide des fois; je veux être à la hauteur », confie-t-il.

D’autant plus que le moment de la retraite arrivé — on espère que ce ne sera pas avant quelques années au moins —, Alain Dion laissera un important legs à la région.

« Il va avoir capté en photo l’histoire de toute la région depuis plus de quarante ans. Ce sont des milliers d’histoires, de personnes et de sujets qui vont avoir été vus par son seul œil. Ça fait énormément de photos, mais aussi énormément de secondes ayant été immortalisées », calcule son fils, qui souhaite connaître une carrière aussi riche que celle de son père.

« J’espère vraiment faire ça toute ma vie, poursuit Christophe. Au moins quarante ans. Et parti comme c’est là, puisque j’ai commencé à un plus jeune âge que lui, ça serait le fun que je me rende encore plus loin ! »