Une Granbyenne qui a vécu une expérience traumatisante a choisi de partager son histoire pour aider les  femmes marchant seules la nuit.

Suivie, une Granbyenne réagit vite pour éviter le pire

Après avoir refusé qu'il la raccompagne, vers 23 h mercredi dernier, une Granbyenne a eu droit à une très mauvaise surprise : le même automobiliste l'attendait devant chez elle, quelques minutes plus tard. Pour éviter à d'autres femmes marchant seules dans la nuit de s'attirer des ennuis, elle a lancé un cri d'alarme sur Facebook et a accepté de nous confier son histoire.
Depuis un an maintenant, la Granbyenne de 25 ans, qui souhaite rester anonyme, emprunte le même chemin chaque jour, ou presque, pour retourner chez elle après l'école. Mercredi dernier, alors qu'elle marchait dans la rue Principale, un automobiliste lui a offert de la raccompagner. Vive d'esprit, elle lui a répondu qu'elle se rendait chez son copain, tout près de là. 
Le conducteur d'une Chrysler noire de type véhicule utilitaire sport, qu'elle décrit comme ayant les cheveux foncés, les traits hispaniques et se situant dans la mi-trentaine, a soutenu son regard avant de finalement repartir. Arrivée près de chez elle, dans le secteur du parc Pelletier, elle a revu le même véhicule, immobile­, en plein milieu de la rue. 
Selon elle, tout porte à croire qu'elle a affaire à un stalker (harceleur) de longue date, puisqu'il était devant sa résidence avant même qu'elle arrive. 
« Là, j'ai commencé à capoter. Mon cellulaire était mort, en plus. Mais je me suis dit : au moins, fais semblant d'être en contact avec quelqu'un », raconte-t-elle. 
La jeune femme est alors passée près de la voiture, dont la fenêtre côté conducteur était baissée, le cellulaire à l'oreille, simulant une conversation. Mais elle avait peur et ne voulait pas entrer chez elle, où il n'y avait personne d'autre à ce moment-là. Elle a alors scruté les domiciles environnants, et décidé d'aller frapper chez des voisins par la porte arrière. « Si je cogne en avant et que je n'ai pas de réponse, le gars en question va me voir virer de bord et il va se dire : elle ne sait pas où aller », explique-t-elle.
La Granbyenne a finalement trouvé refuge chez un couple de quinquagénaires. « Une chance que ces deux-là étaient là, parce que le char en question n'est pas parti tout de suite. Il est resté à peu près 5 ou 6 minutes », relate-t-elle, en ressentant encore des frissons. « Ah, ça me fait peur, mon Dieu ! Je n'ai pas hâte d'y retourner ! », lâche-t-elle, puisqu'elle se trouvait hors de la ville au moment de l'entrevue. 
Elle et l'homme du couple lui ayant prêté main-forte ont alors fait un tour de quartier en voiture pour s'assurer que l'automobiliste louche était bel et bien parti. De retour chez elle, la jeune femme a composé le 911, puis a rapporté l'affaire à un policier. « Ils m'ont dit : on va patrouiller le quartier. Si vous le revoyez, appelez-nous. Je me suis dit : "ouin, mais si je le revois, j'espère avoir le temps de vous rappeler..." Ils ne m'ont pas demandé à quoi le gars et l'auto ressemblaient. Ils ne m'ont pas demandé de détails du tout. » Les policiers ne se sont pas rendus à son domicile pour recueillir sa déposition. 
« Je n'ai pas pris son numéro de plaque, parce que de la façon que le véhicule était placé, ça aurait paru... », ajoute-t-elle. « Tu te dis le que le gars est tellement freak que tu ne veux pas le provoquer. Je me suis dit : "fais comme si de rien était et sauve-toi au plus ch..." ». Finalement, la jeune femme s'est rendue­ chez des amis pour dormir.
Interrogé par La Voix de l'Est dimanche, un représentant du Service de police de Granby a dit ne pas retrouver de traces de la plainte dans les dossiers.
Et si ça vous arrivait ?
« Maintenant, je prends des taxis quand j'ai à me déplacer la nuit », confie la Granbyenne à l'intention des autres femmes qui pourraient vivre une mauvaise­ expérience. 
« Aussi, je dirais qu'il est important de ne pas laisser paraître qu'on a peur. De soutenir le regard. D'avoir l'air décidée et de savoir où est-ce que vous allez. De ne pas avoir l'air d'une victime. D'avoir l'air en contrôle, de ne pas paniquer ». Elle rappelle aussi de ne pas rester seule, de trouver refuge dans une maison éclairée, où les gens sont encore réveillés. « Mais si vous pouvez vous déplacer en taxi, c'est l'idéal », conclut-elle.