Guy Rousseau, porte-parole du Service de police de Granby

Suivie par un automobiliste: rien de criminel, affirme la police

Le Service de police de Granby affirme que la jeune femme qui s'est fait suivre dans la nuit de mercredi dernier a fait la bonne chose en rapportant le comportement louche de l'automobiliste, même si rien ne laisse croire aux policiers qu'il s'agissait d'un comportement dangereux.
« L'impression de danger est avant tout une perception de la personne. À partir du moment où tu es nerveux, ta perception change. L'automobiliste garé devant chez elle n'était peut-être pas le même qui lui a offert le raccompagnement. Mais avec la nervosité, tu te dis : "ça y est, c'est le même, il m'a suivie" », explique Guy Rousseau, porte-parole pour le Service de police de Granby, soulignant ses 28 ans d'expérience dans la police.
Qui plus est, la situation rapportée par la jeune femme ne présentait rien de criminel, ajoute l'agent Rousseau. « Il n'y a rien de criminel dans le fait d'accoster un piéton et de lui offrir un raccompagnement puisque ce dernier peut simplement refuser, explique-t-il. Certes il y a eu interaction entre la personne dans le véhicule et la piétonne, mais elle ne s'est pas fait prendre le bras, par exemple. Rien ne pouvait laisser croire qu'il y avait une intention criminelle derrière le geste. »
Guy Rousseau utilise un autre exemple pour illustrer ses dires. « Par exemple, je suis devant chez vous avec une roche dans les mains. Est-ce que le fait d'avoir une roche dans les mains constitue un acte criminel ? Non. Mais si je lance la roche dans ta fenêtre, alors là oui, parce que je viens de commettre un méfait intentionnellement. »
Il ajoute toutefois : « Si la personne avait rapporté que ça faisait cinq soirs en ligne que ça arrivait, alors là ça aurait été différent. Ça peut devenir du harcèlement. » Or, la femme en question a dit n'avoir jamais vu cet homme auparavant.
Signalement pris en compte
Quoi qu'il en soit, le Service de police de Granby a quand même tenu compte de la crainte de la citoyenne. « Les faits rapportés par la personne ont été portés à l'attention de tous les policiers en service sur les ondes radio la seconde qu'elle a raccroché », assure Guy Rousseau.
Des patrouilleurs se sont rendus dans le secteur (du parc Pelletier) pour s'assurer que tout était beau. La description trop imprécise du véhicule n'aidait toutefois pas au travail des policiers. « L'information préliminaire qu'on avait était que c'était un véhicule peut-être de marque Chrysler, de couleur foncée ou noire. Si on commence à se promener dans la ville en cherchant ce type de véhicule, on va en voir pas mal dans la veillée. À partir du moment où on a le numéro de plaque, c'est très différent », commente le porte-parole de la police de Granby.
Ce dernier ne discrédite pas pour autant les dires de l'appelante. Peut-être était-ce bel et bien le même véhicule qui était garé devant chez elle. Chose certaine, même si la plaque d'immatriculation n'a pas été enregistrée, le type de véhicule ainsi que la description physique du conducteur ont été notés par le Service de police, dans le cas où d'autres situations similaires seraient rapportées.
La police de Granby invite d'ailleurs les citoyens à ne pas hésiter à dénoncer des comportements suspects, quels qu'ils soient. « Les gens sur le territoire, ce sont nos yeux et nos oreilles, explique l'agent Rousseau. Ça arrive régulièrement que les gens rapportent des véhicules suspects ou des comportements suspects, et c'est ce qu'on leur demande. Ça fait partie du travail des policiers d'aller vérifier, d'aller patrouiller le secteur pour s'assurer que tout est beau. »
« La grande majorité des personnes qui sont arrêtées, c'est grâce aux citoyens qui rapportent des faits hors du commun dans leur secteur. S'il y a une voiture chez le voisin qui n'est jamais stationnée là habituellement, on va aller voir. Ça peut être la voiture de quelqu'un en train de faire une entrée par infraction. Ou le beau-frère. Et si c'est le beau-frère, tant mieux », conclut-il.