La directrice générale du Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska, Esther Laframboise, et le directeur du Service de police de Granby, Bruno Grondin, ont signé une nouvelle entente destinée aux personnes endeuillées par le suicide ou une mort violente.

Suicide d'un proche: un partenariat pour accompagner les personnes endeuillées

Les personnes endeuillées par le suicide d’un proche auront plus rapidement accès à l’aide des intervenants du Centre de prévention du suicide la Haute-Yamaska en vertu d’une nouvelle entente signée avec le Service de police de Granby.

«On est là pour protéger la vie. Cette association nous permettra d’en sauver, estime Bruno Grondin, directeur du Service de police de Granby, qui est d’ailleurs le président d’honneur du
35e anniversaire de l’organisme. Les policiers sont les premiers à intervenir lorsqu’une personne est en détresse.»

La nouvelle entente, en vigueur à compter de mercredi, stipule que l’annonce d’un décès par suicide ou d’une mort violente incombe à un policier. Le rôle de l’agent sera aussi de référer ces personnes endeuillées, avec leur consentement, au Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska. Un intervenant les contactera dans les 24 à 48 heures suivant la tragédie.  

«C’est un deuil où la famille peut ressentir de la culpabilité, de la honte, explique Esther Laframboise, directrice générale de la ressource qui dessert les populations de la Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi. Nous sommes spécialisés dans cet accompagnement-là.»

Cette nouvelle entente a donc pour objectif d’offrir plus facilement et rapidement les services de la ressource d’aide aux personnes endeuillées et leurs proches. Elle vise aussi à améliorer la prévention du suicide auprès d’une clientèle susceptible d’être plus à risque. 

Le Centre de prévention du suicide, qui s’est inspiré d’ententes similaires qui existent ailleurs au Québec, estime qu’il recevra une douzaine de référencements annuellement. Chaque référence permet de venir en aide auprès de plusieurs personnes endeuillées, nuance Mme Laframboise. 

Cette nouvelle entente a été accueillie avec beaucoup d’enthousiasme par la présidente du conseil d’administration du centre d’aide, Lorraine Deschênes, qui a d’ailleurs travaillé à sa fondation. «Il y a 35 ans, la collaboration n’était pas aussi étroite avec les policiers qu’elle l’est aujourd’hui, a-t-elle rappelé. C’est un pas de géant dans les services offerts aux personnes qui en ont le plus besoin.»

Encore aujourd’hui, trois personnes se suicident chaque jour au Québec. C’est le même nombre de décès qu’en 1982, explique Mme Deschênes, qui est également coprésidente du Collectif pour une «Stratégie nationale de prévention du suicide» qui devrait être livrée l’automne prochain.