La politique de symbiose industrielle permet la valorisation de dérivés de l’industrie.

Succès de la symbiose industrielle dans Brome-Missisquoi

La symbiose industrielle devient de plus en plus un réflexe dans Brome-Missisquoi, et le Centre local de développement (CLD) s’en réjouit. Selon le bilan présenté mardi dernier lors du conseil de la MRC, le nombre d’échanges (synergies) de matières, d’expertises et de services a doublé entre 2017 à 2018. Il s’agit d’un record depuis le démarrage du projet en 2014.

L’approche proposée par le CLD de Brome-Missisquoi consiste à favoriser les synergies entre entreprises. Cette pratique permet de réaliser des économies « substantielles » et constitue un « levier important vers une économie responsable ».

Ces économies se chiffrent à plus d’un million de dollars depuis le début du projet il y a moins de cinq ans, estime le CLD dans le communiqué présenté à la MRC dont La Voix de l’Est a obtenu copie.

Plus d’une centaine d’entreprises ont été mises en synergie. Une implication qui correspond à plus de 450 créations et échanges de ressources depuis le début du projet.

Au-delà de simples échanges, la philosophie derrière la symbiose industrielle valorise les habitudes de formation continue dans le milieu professionnel. Ainsi, près de 300 employés ont suivi une formation.

Pratiques vertes

En plus du bilan positif au niveau économique, la symbiose industrielle permet de limiter l’impact environnemental des entreprises participantes dans Brome-Missisquoi.

Le CLD estime que 5000 tonnes métriques de matières résiduelles ont été revalorisées depuis 2014.

« En réduisant la quantité de résidus ou d’achat de matière première, les entreprises réduisent leurs coûts de gestion de matière résiduelle et d’approvisionnement. L’image, la compétitivité et la performance de l’entreprise en bénéficient aussi par une amélioration des impacts environnementaux liée à la réduction des résidus et des émissions dues au transport des matières », rappelle le CLD dans son rapport.

Le Centre local de développement a ajouté l’an dernier le volet Mutualisation à sa politique de symbiose industrielle. Ce volet consiste à regrouper des résidus de bois, verre, plastique, matière organique et carton qui n’avaient pas de valeur individuellement, mais qui peuvent intéresser d’autres entreprises une fois regroupés.

Le volet Mutualisation a permis de revaloriser 1726 tonnes de matières résiduelles depuis l’an dernier.

Habitudes

Le bilan du CLD démontre que les synergies créées ont tendance à se renouveler entre les entreprises impliquées. « Elles sont de plus en plus régulières au point de s’insérer dans le quotidien opérationnel des entreprises », explique le rapport.

Sur le total des échanges ayant été effectués dans la période analysée par le CLD, les deux tiers sont considérés comme étant des échanges récurrents. C’est-à-dire des synergies renouvelées pour la seconde fois ou plus entre entreprises ayant collaboré dans le passé.

Le succès du projet dans Brome-Missisquoi a été reconnu par plusieurs acteurs gouvernementaux dans le passé. La symbiose industrielle du CLD a notamment été finaliste des Prix d’excellence en environnement des Cantons-de-l’Est en 2016.

À l’international, les idées proposées ont également trouvé écho à l’École des métiers en environnement de Bretagne, en France, dont des représentants ont visité la région l’an dernier pour mieux comprendre ces pratiques.