La Ville de Granby a mis une croix sur le programme de capture, stérilisation et relâche des chats errants qu’elle avait mis de l’avant en juillet 2016.

Stérilisation des chats errants: Granby laisse tomber

Alors que la Ville de Cowansville étudie la possibilité de stériliser les chats errants trouvés sur son territoire, la Ville de Granby a fait une croix sur le programme de capture, stérilisation et relâche (CSR) qu’elle avait mis de l’avant en juillet 2016.

La Ville avait accordé un contrat, d’une valeur maximale de 15 000 $ et d’une durée d’un an, à la vétérinaire Anne-Marie Chassé, dans le cadre de ce programme. Mais celle-ci n’a pu poser aucun geste pour concrétiser ce projet : sa clinique vétérinaire a été la cible d’un incendie criminel, peu de temps après l’octroi du contrat.

« En septembre 2017, on a fait un rappel auprès de Mme Chassé et elle nous a mentionné qu’elle n’était pas en mesure de poursuivre le projet. On s’en remet actuellement au contrat et à l’entente que nous avons avec la SPA [des Cantons] », a commenté mercredi le directeur général adjoint de la Ville et directeur des finances, Jean-Pierre Renaud.

Ce dernier précise que Mme Chassé n’a effectué aucune réclamation auprès de la Ville, de sorte que le budget prévu n’a pas été touché. Le contrat prévoyait que les coûts facturés par la vétérinaire s’appliquaient aux actes posés (stérilisation, antibiotiques, vaccin, etc.).

Jean-Pierre Renaud affirme par ailleurs qu’il n’a pas été envisagé par les élus d’effectuer un nouvel appel d’offres pour relancer le programme CSR, qui avait initialement été proposé par Mme Chassé. « On n’a pas eu de commentaires ou de recommandations de la SPA à ce sujet. Pour l’instant, le dossier n’est pas dans nos priorités », déclare-t-il.

Un besoin
Le directeur général de la SPA des Cantons, Carl Girard, affirme toutefois que la problématique des chats errants est majeure. À Granby, comme ailleurs. « Il n’y a pas une ville en Amérique du Nord qui n’a pas un besoin au niveau des chats errants. C’est la problématique numéro un. Nous, n’importe quelle municipalité qui nous approche pour ça, on a les bras et les oreilles grandes ouvertes. On est prêts à participer à n’importe quel programme demain matin », a-t-il réagi mercredi.

Carl Girard affirme qu’un projet-pilote de stérilisation a déjà été mis de l’avant durant quelques années à Farnham. « On avait vu une diminution des chats errants. On a vu des résultats sur deux ans. On avait ciblé des quartiers précis et ça a fait une belle différence », dit-il.

Le DG de la SPA affirme qu’un bon bout de chemin pourrait être fait avec, par exemple, 5000 $ par année, sur trois ans. « Ça prend un certain temps pour instaurer des pratiques et encadrer les bénévoles qui font les suivis et capturent les chats. Il y a tout un processus à faire avec ça », relève Carl Girard.

Tout est cependant possible si la volonté politique est au rendez-vous, ajoute-t-il.

La Voix de l’Est a rapporté lundi que les refuges pour chats de la région débordent. Les abandons d’animaux seraient plus nombreux depuis quelques années, selon la présidente des Chatmoureux, Carole Ménard. Mais les adoptions seraient en baisse durant la période de vacances et de déménagements.

Pour sa part, la vétérinaire Anne-Marie Chassé continue à croire à la stérilisation des chats errants. Elle prône par ailleurs la relâche des animaux, une fois l’intervention effectuée, plutôt que leur mise en adoption systématique. « On ne peut pas tous les sauver », a-t-elle dit mercredi. Mais pour l’heure, elle s’active plutôt à la reconstruction de sa clinique qu’elle souhaite pouvoir lancer prochainement à son ancienne adresse de la rue Laval Nord.