L’accusé de 38 ans a été trouvé coupable par jury des deux accusations auxquelles il faisait face.
L’accusé de 38 ans a été trouvé coupable par jury des deux accusations auxquelles il faisait face.

Stéphane Blanchard coupable de meurtre prémédité

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Le verdict est tombé mardi soir, après une journée et demie de délibérations. Stéphane Blanchard, 38 ans, a été trouvé coupable par jury du meurtre prémédité de l’entrepreneur en construction Jacques Choquette, un crime commis en 2016.

C’est le juré no. 7 qui, peu avant 18h, a annoncé la décision prise par le jury réuni au palais de justice de Granby et composé d’une femme et de 11 hommes. L’accusé a aussi été trouvé coupable de l’accusation d’avoir comploté pour assassiner la victime.

M. Blanchard est donc automatiquement condamné à une peine de prison à vie, soit un minimum de 25 ans de détention. Étant donné l’accusation principale, la plus grave du Code criminel, les deux années qu’il a passées en détention depuis son arrestation comptent en simple.

«On avait envie de pleurer à cause de l’émotion, mais on nous avait dit de rester calmes, alors on l’a été», a déclaré le frère de la victime, Robert Choquette. Comme plusieurs membres de sa famille, il a été présent tous les jours et à toutes les étapes du processus judiciaire.

M. Choquette est soulagé que le jury n’ait pas retenu la thèse de la défense voulant que l’accusé ait tiré accidentellement sur son frère, le soir du 3 novembre 2016. Une version qu’il jugeait «invraisemblable».

«Ça ne tenait pas debout et le jury en est venu à la même conclusion», a-t-il dit. Le verdict rendu, après deux semaines de procès et quelques heures de délibérations, lui apporte «un début de paix».

La victime du meurtre, Jacques Choquette.

«Ça apporte un peu de baume, mais ce ne sera jamais à 100 %, dit M. Choquette en retenant un sanglot. Et ça donne espoir pour les deux autres procès.»

En effet, deux autres hommes sont accusés dans cette affaire et doivent subir leurs procès séparés en janvier et en mars 2021.

Du côté de la défense, Me Jean-François Lambert a indiqué qu’il ne souhaitait pas commenter la décision du jury. Il ne s’est pas non plus prononcé sur la possibilité de faire appel. La Voix de l’Est n’a pu joindre Me Émilie Baril-Côté, de la Couronne.

Formalité

Les parties doivent se réunir à nouveau mercredi afin de déterminer la sentence à imposer à Stéphane Blanchard quant à l’accusation de complot pour meurtre. Une formalité puisque la peine qui y sera associée se fondra dans celle, déjà imposée, de prison à perpétuité.

Jacques Choquette, 51 ans, a été tué d’une balle de carabine tirée par l’accusé alors qu’il s’était rendu à un rendez-vous sur un rang isolé d’Eastman, en Estrie, avec un ami commun. Une dette serait à l’origine du différend entre cet ami commun et la victime, que Stéphane Blanchard ne connaissait pas.

La voiture et le corps de M. Choquette avaient ensuite été brûlés, mais les restes ont été retrouvés.

«Ça apporte un peu de baume, mais ce ne sera jamais à 100 %, dit Robert Choquette, le frère de la victime.

Pour son crime, l’ex-monteur de structures d’acier a été payé 5000 $ en marijuana par l’un de deux autres hommes impliqués dans cette affaire. Il a ensuite fait des aveux à au moins deux personnes, en plus de tout admettre lors d’un interrogatoire policier subi en 2018.

À son procès, toutefois, M. Blanchard a nié qu’il y avait eu préméditation et soutenu qu’il s’était senti forcé de participer au rendez-vous au cours duquel il devait simplement faire peur à la victime avec un coup de feu, sans l’atteindre. Il visait ainsi l’homicide involontaire. Cette version a été rejetée par le jury.