La bonification des installations du skatepark de la rue Saint-Urbain à Granby pourrait bien ne pas se réaliser, la facture étant plus élevée que prévu.

Statu quo pour le skatepark ?

Dans l’air depuis deux ans, la bonification des installations du skatepark à Granby ne se concrétisera pas, car les coûts sont trop élevés, selon le maire Pascal Bonin. Le conseiller municipal qui pilote le comité des travaux publics, Éric Duchesneau, ne jette toutefois pas la serviette.

« On a tout fait, tout regardé. Mais ça ne rentre pas à des coûts raisonnables », estime le maire Bonin, qui affirme être le premier déçu de cette conclusion.

Le projet chemine depuis le début de 2017. À l’origine, la Ville souhaitait aménager pour les adeptes de planches à roulettes une structure de béton, de type « piscine », à la californienne. Une enveloppe de 150 000 $ y avait été consacrée. Mais la facture a grimpé lorsque la présence de conduites souterraines a été constatée sur le site projeté pour cette installation, soit non loin de l’actuel skatepark, rue Saint-Urbain, de l’autre côté de l’école secondaire l’Envolée.

Pour mener le projet à terme, un budget supplémentaire de 150 000 $ a été prévu au programme triennal d’immobilisation de 2018, pour une cagnotte totale de 300 000 $. Mais, selon le maire, « l’ingérence de quelques individus de la communauté » a affaibli le projet. La répartition des installations sur deux sites a été critiquée, ce qui a incité le comité chargé d’étudier le projet à mettre cette option de côté.

L’hypothèse d’agrandir le skatepark actuel a plutôt été étudiée. Mais un stationnement jouxte les installations. « Si je le fais là, il faut que je refasse un stationnement », dit Pascal Bonin en estimant à eux seuls les coûts pour ces travaux supplémentaires à 300 000 $. De l’autre côté du skatepark, il y a le parc à chiens, qui a été refait en 2014, fait valoir le maire. Selon lui, en utiliser une portion pour agrandir le skatepark entraînerait d’autres travaux pour réaménager l’endroit. « Dans la bonne gestion des fonds publics, on s’entend que c’est à proscrire », dit-il.

Pas d’accord
Le conseiller municipal responsable des travaux publics, Éric Duchesneau, croit toutefois qu’il est trop tôt pour abandonner la partie et que cette dernière option n’a pas été assez analysée. « Il est peut-être possible de faire le projet du bol (ou piscine) près du parc actuel en déplaçant le petit parc à chiens de l’autre côté. Il ne m’a pas été démontré que ce n’était pas possible de le faire avec le budget actuel de 300 000 $. La majorité de la clôture et de la végétation peut probablement être réutilisée », avance-t-il.

Selon Éric Duchesneau, pour que le projet soit mort, il faudrait par ailleurs que l’ensemble du conseil municipal se soit prononcé sur la question. Ce qui n’est pas le cas, dit celui qui croit encore que les travaux pourraient être possibles au printemps 2019.

Le maire Bonin affirme néanmoins que le projet a été soumis à un comité élargi qui incluait quelques élus. Et il a été rejeté.

L’ensemble du conseil municipal a aussi été clair sur un point: le projet doit être réalisé avec l’enveloppe actuelle de 300 000 $, selon Pascal Bonin. À ses yeux, il est impossible de lancer les travaux avec ce budget. « Soit il y a des conduites souterraines, soit il y a un stationnement à refaire ou un parc à chiens à refaire », dit-il.

Pascal Bonin et Éric Duchesneau s’entendent sur un point. L’option d’un skatepark intérieur, qui a aussi été étudiée, n’est pas réaliste. La facture pourrait dépasser le million de dollars, disent-ils.

Le maire souligne en outre que depuis les premiers balbutiements du projet, la Ville a fait beaucoup pour la jeunesse. La politique jeunesse a été créée et des budgets y ont été alloués. Le comité des Jeunes ambassadeurs de Granby (JAG) s’est aussi mis à l’oeuvre, de même que les projets de travailleurs de rue et de pédiatrie sociale ont profité du soutien de la Ville.