Des commerçants de la rue Boivin, dont Valérie Dubé et Jocelyne Ostiguy, dénoncent la nouvelle signalisation diminuant les espaces de stationnement en bordure de rue.

Stationnement rue Boivin: le retrait de cases fait des mécontents

L’apparition récente d’une nouvelle signalisation diminuant les espaces de stationnement en bordure de la rue Boivin, à Granby, suscite la grogne des commerçants qui y ont pignon sur rue. La Ville dit toutefois avoir revu les règles pour sécuriser certaines intersections.

Des commerçants ont fait part de leurs doléances aux élus, lors de la dernière séance du conseil. Deux pétitions réunissant plus d’une centaine de signatures ont été déposées, alors qu’une autre pétition en ligne, appuyée par près d’une soixantaine de personnes, continue à circuler.

« En 41 ans, je n’ai jamais vu un accident à l’intersection des rues Boivin et Cartier », a lancé Jocelyne Ostiguy, propriétaire du salon de coiffure Lyne.

Pour elle comme pour Valérie Dubé, des Artisans de la coiffure, aussi situé rue Boivin, les modifications apportées par la Ville sont injustifiées. Elles déplorent du même souffle de ne pas avoir été avisées, ni consultées, des changements à venir.

Cela représente des inconvénients majeurs pour leur clientèle plus âgée qui devra se stationner à quelques coins de rue de leur commerce ou encore traverser la rue Boivin, qu’elles jugent passante. Même chose pour les « petites familles », disent-elles. Dans le contexte, les espaces de stationnement en face de leur commerce sont importants et elles souhaitent que la Ville revoie sa décision, sinon elles craignent de voir leur clientèle chuter.

Plaintes

C’est à la suite du dépôt de plusieurs plaintes que la Ville a analysé la circulation rue Boivin, a fait valoir le maire Pascal Bonin.

Selon lui, quelques intersections posaient particulièrement problème, mais l’ensemble de la rue a fait partie de l’étude. « L’enjeu, c’est le triangle de visibilité. Au coin des rues, il faut être capable de voir à gauche et à droite [pour traverser la rue Boivin] », a exposé le maire de Granby. « Lorsqu’on est obligé de s’avancer au point où on pourrait causer un accident, c’est là, la dangerosité. [...] Il ne faut pas attendre qu’une tragédie arrive, sinon, on va nous blâmer », a renchéri le président du comité de circulation de la Ville, Robert Riel.

Selon lui, les intersections des rues Paré, Montcalm et Pie-IX avec la rue Boivin sont particulièrement « dangereuses ». Pour les besoins de l’analyse, la situation a fait l’objet de rapports du service de police et d’ingénieurs de la Ville. Depuis deux ans, huit accidents sont survenus à l’intersection des rues Boivin et Pie-IX, fait valoir celui qui est aussi conseiller municipal.

D’où la décision d’appliquer une interdiction de stationner sur une distance de 20 mètres de chaque côté des intersections, plutôt que les cinq mètres qui étaient auparavant la norme.

Il n’est pas non plus question d’ajouter des panneaux d’arrêts obligatoires à chacune des intersections pour régler le problème, a réagi M. Riel à la suggestion d’une commerçante.

Révision ?

Manon Poulin, propriétaire du salon Créatif, estime pour sa part que la modification est injustifiée à l’angle des rues Court et Boivin, où se trouve son commerce, car il est situé à proximité de quatre arrêts obligatoires.

S’il affirme qu’il « n’y aura pas de changement » à l’intersection des rues Montcalm, Paré et Pie-IX avec la rue Boivin, Robert Riel a néanmoins consenti à analyser à nouveau la situation des rues Court et Boivin.

« Le but n’a jamais été de nuire aux commerçants », a assuré Pascal Bonin. Mais, selon lui, la sécurité doit primer. Il affirme être conscient que plusieurs personnes souhaitent être en mesure de stationner leur voiture en face d’un commerce. « Sauf qu’on est en 2019 et ce n’est plus possible », dit-il.

Un débat qui a néanmoins laissé un goût amer aux commerçants. « Il y a sûrement un plan B qu’on pourrait trouver. Tout ça a aussi un effet domino parce que les résidants de la rue Cartier sont fâchés qu’on stationne devant chez eux », a laissé tomber mardi Jocelyne Ostiguy, qui espère que la situation sera revue à l’intersection des rues Cartier et Boivin.

« On nous propose des super projets pour la nouvelle ville, mais nous sommes tous des commerçants et ils ne nous considèrent pas pour prendre leurs décisions. On fait aussi partie de cette ville-là », déplore Valérie Dubé en faisant référence aux projets de la planification stratégique de la Ville présentés lundi.