La présidente de la FIQ en Haute-Yamaska, Sophie Séguin

Stationnement: la nouvelle politique du CIUSSS de l'Estrie fait encore des vagues

La nouvelle politique de stationnement du CIUSSS de l'Estrie, qui prévoit notamment des hausses importantes de tarifs pour les employés, continue de faire des vagues.
La publication dans La Voix de l'Est, vendredi, d'un texte sur les augmentations de tarifs de stationnement a suscité de nombreuses réactions chez des membres du personnel d'établissements de soins de santé dans le giron du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie.
« Jour après jour, on nous demande toujours de faire plus avec moins dans le réseau de la santé. On presse le citron, mais il n'y a plus de jus. Et maintenant, on a l'audace de nous faire payer pour venir travailler. C'est le bout. Et on devrait prendre notre pilule sans rien dire. Assez, c'est assez ! », a lancé au bout du fil une employée de l'hôpital de Granby, qui a tenu à livrer ses commentaires sous le couvert de l'anonymat.
En fait, la nouvelle politique de stationnement au sein du CIUSSS de l'Estrie entrera en vigueur le 1er avril. La facture annuelle pour une vignette variera entre 137,50 $ et 550 $ en fonction du type de permis et du secteur de chacun des établissements. Les gens qui veulent avoir accès à des places dites « de proximité » pour l'ensemble du territoire estrien devront payer 550 $.
Des syndicats ainsi que plusieurs employés du réseau de la santé de la région réclament des pourparlers pour que cette politique soit révisée. L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux compte notamment déposer le 23 mars une pétition­ lancée­ en ligne.
Or, l'organisation ferme la porte à toute négociation. 
Utilisateur-payeur
Le fait de devoir payer 275 $ pour garer sa voiture, même si vous travaillez à temps partiel, a fait sursauter plusieurs employés d'établissements de Granby. Idem pour le fait de débourser cette somme sans avoir la garantie d'avoir une case de stationnement.
« C'est complètement absurde de devoir payer le même prix pour le stationnement que des gens qui travaillent à temps plein. C'est à croire qu'il n'y a pas eu de réflexion derrière cette décision. Et pourquoi je paierais un montant si élevé sans avoir de garantie d'avoir une place ? Vraiment, le CIUSSS s'est surpassé en nous présentant quelque chose comme ça », a déploré une infirmière auxiliaire, préférant taire son nom. Des effectifs du CHSLD granbyen Villa-Bonheur ont soulevé des points similaires. 
Vérification faite, le tarif de stationnement pour les employés (zone 1) à temps partiel est de 0,25 $/heure pour un maximum hebdomadaire de 5,27 $. Ainsi, dès qu'une personne travaille deux jours ou plus par semaine, elle devra payer le plein tarif annuel, soit 275 $. 
Une situation que déplore la présidente du syndicat de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) en Haute-Yamaska, Sophie Séguin. « Il y a tellement d'incohérence dans cette nouvelle politique de stationnement. Ce n'est pas surprenant que ça suscite autant de grogne. [...] Ce qui est assez particulier, c'est que du côté du CIUSSS, on nous dit que ce sera "utilisateur-payeur". Pourtant, on devra payer même lors des jours fériés. Il n'y a aucune logique dans tout ça », a-t-elle cité en exemple. 
La porte-parole de la FIQ estime également que l'uniformisation des tarifs selon les zones établies est défaillante. « On nous dit que l'on veut harmoniser les tarifs en comparant Granby à Sherbrooke. Mais la réalité en matière de transport en commun est loin d'être la même. Ici, bien des gens n'ont pas le choix de prendre leur véhicule pour venir travailler, a-t-elle fait valoir. C'est un point qui a été soumis au CIUSSS. Mais de toute évidence­, ça n'a pas été entendu. »