Ginette Favreau est d’avis que la nouvelle configuration du stationnement du CHG n’a pas été pensée en fonction des patients à mobilité réduite et à l’état de santé précaire.

Stationnement de l'hôpital: la nouvelle configuration fait des mécontents

La nouvelle configuration du stationnement de l’hôpital de Granby suscite la grogne chez plusieurs usagers. Ginette Favreau est du nombre. Elle estime qu’il s’agit d’un net recul, notamment pour les patients à mobilité réduite et à l’état de santé précaire.

Ginette Favreau doit se rendre périodiquement au Centre hospitalier de Granby (CHG) avec sa mère de 89 ans, qui y reçoit des traitements ophtalmologiques. Auparavant, la voie d’accès et la sortie du stationnement étaient côte à côte à proximité de l’entrée principale de l’établissement, ce qui, affirme-t-elle, facilitait grandement l’accompagnement des patients. Or, depuis le 11 juillet, la sortie se fait par la rue Cartier, à l’extrémité du site du CHG, plutôt que par le boulevard Leclerc. Un non-sens, fulmine Mme Favreau. « Ma mère a une dégénérescence maculaire. Elle est inquiète, car elle ne voit pas les visages. Quand on est sorties de l’hôpital, je ne pouvais pas la laisser là. Elle a dû marcher péniblement avec son déambulateur jusqu’à mon auto. Ça n’a pas d’allure pour des gens vulnérables. Ça va être beau cet hiver à -20 degrés Celsius ! »

Une fois à la maison, Ginette Favreau a décidé de contacter le CHG pour dénoncer la situation. « J’étais hors de moi, alors j’ai appelé le gardien de l’hôpital. Très courtois, il m’a confirmé qu’il y avait beaucoup de plaintes à propos de la nouvelle règle pour sortir du stationnement, a-t-elle indiqué. Il m’a dit que, malgré tout, le message ne se rend pas aux gens qui prennent les décisions. Que rien ne bouge. »

Nombreuses plaintes
Un gardien de sécurité de l’établissement a corroboré le fait que le nouveau tracé fait bien des mécontents, et que les plaintes d’usagers à ce sujet sont monnaie courante. La Voix de l’Est s’est également rendue sur place pour prendre le pouls des patients et de leurs proches.

Rencontrée alors qu’elle aidait sa mère de 85 ans à l’état de santé fragile à entrer dans sa voiture, Mireille Cardin arborait un rictus colérique. « Ma mère peine à marcher. Je ne pouvais pas la prendre dans mes bras pour me rendre à mon auto. Alors elle est restée là, plantée debout dehors à l’entrée principale, chancelante, le temps que je marche jusqu’au bout du stationnement pour ensuite faire le détour pour venir la chercher. Ça allait si bien avant. La nouvelle façon de faire, c’est un non-respect total pour les aînés. Je n’ose même pas imaginer le fouillis que ça causera l’hiver prochain. »

Deux autres personnes, ayant préféré taire leur identité, croisées quelques minutes plus tard dans le stationnement du CHG, ont aussi déploré la nouvelle configuration. « Comment rendre quelque chose de simple compliqué ? Vraiment, c’est à se demander si ce n’est pas une décision prise sur un coin de table. Ça n’apporte aucune amélioration. Comme les soins de santé, ça se détériore », a commenté l’une d’elles.

Sécurité
Appelé à commenter le dossier, le CIUSSS de l’Estrie a indiqué que l’amélioration de la sécurité est au cœur de la reconfiguration de la sortie de l’aire de stationnement. « C’est certain que c’est un changement d’habitude, a concédé Kim Houle, adjointe au directeur des services techniques de l’organisation. Mais ce n’était pas une bonne pratique de faire circuler des gens dans la même voie qu’un débarcadère. Et c’était le cas au CH de Granby. »

Mme Houle a par ailleurs fait valoir que des plaintes concernant le transport adapté ont notamment mené à la révision du tracé qu’empruntaient les automobilistes. « Auparavant, les véhicules de transport adapté devaient reculer à sens inverse, dans la voie de sortie pour débarquer les gens. Ce qui était très dangereux », a-t-elle expliqué. L’ancienne configuration créait également beaucoup de bouchons de circulation, a-t-elle renchéri.

Selon la représentante du CIUSSS, le temps pour partir du stationnement en voiture et revenir à l’entrée principale n’a pas été substantiellement rallongé. « Oui, c’est un peu plus long. Mais on s’entend que passer de la sortie [rue Cartier] à l’entrée [boulevard Leclerc], on parle d’environ 30 secondes. »

Et comment entrevoit-on l’hiver ? « Les gens ne sont pas obligés d’attendre dehors, a fait valoir Mme Houle. La nouvelle configuration devrait améliorer la fluidité de la circulation. Il devrait donc y avoir un temps moindre pour aller chercher les gens au final. »