À la manière d’un speed dating, sept élus de la région de Rouville et de Saint-Jean-sur-Richelieu, dont les députées fédérales de Brome-Missisquoi, Lyne Bessette­ (au centre de la photo), et de Shefford, Andréanne Larouche, sont passés de table en table afin de prendre connaissance des préoccupations des organismes communautaires.
À la manière d’un speed dating, sept élus de la région de Rouville et de Saint-Jean-sur-Richelieu, dont les députées fédérales de Brome-Missisquoi, Lyne Bessette­ (au centre de la photo), et de Shefford, Andréanne Larouche, sont passés de table en table afin de prendre connaissance des préoccupations des organismes communautaires.

Speed dating entre organismes communautaires et députés

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Les défis sont nombreux dans le milieu communautaire. Sept élus de la région de Rouville et de Saint-Jean-sur-Richelieu ont répondu favorablement à l’invitation de la CDC Haut-Richelieu Rouville, lundi, pour rencontrer ses membres.

À la manière d’un speed dating, les députées fédérales Lyne Bessette, Andréanne Larouche et Christine Normandin, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet ainsi que les députés caquistes Jean-François Roberge, Claire Samson et Louis Lemieux sont passés de table en table afin de prendre connaissance des préoccupations et des revendications des organismes communautaires.

« C’est une rencontre qu’on tient annuellement depuis la vague adéquiste de 2007, quand beaucoup de députés étaient élus pour la première fois, explique Nathalie Grenier, directrice générale de la CDC Haut-Richelieu-Rouville. On veut faire en sorte que les députés connaissent les organismes et vice-versa, mais aussi leurs rôles respectifs pour faciliter leur collaboration dans le futur. »

Chaque élu disposait d’un quart d’heure pour échanger avec les participants regroupés à chaque table en fonction d’un thème précis, soit les transports, la famille, la santé mentale, l’autonomie des groupes, la défense des droits, l’employabilité et la persévérance scolaire.

Transport et éducation comme pierres angulaires

Tels des engrenages s’entraînant mutuellement dans un mouvement continu, les enjeux relevés par les participants sont parfois la cause ou la conséquence d’autres problématiques abordées.

Par exemple, l’accessibilité à du transport en commun dans la région peut influencer la poursuite d’études ou l’obtention d’un emploi alors que la persévérance scolaire est intimement liée à l’employabilité, tout comme la santé mentale des personnes. Enfin, l’employabilité joue également un rôle important pour les familles et pour l’obtention d’un logement.

Les échanges étaient bien ancrés dans l’actualité, alors qu’il a notamment été question de la refonte annoncée du cours Éthique et culture religieuse.

À la table traitant de la santé mentale, la volonté d’inclure des notions permettant aux enfants d’identifier certains signes de maladie mentale, mais aussi pour déstigmatiser celle-ci, répondrait à un besoin réel d’outiller les plus jeunes à faire face à des situations.

Une éducation citoyenne en milieu scolaire préparerait également les jeunes à mieux intégrer le marché du travail, a pour sa part indiqué Jean-Daniel Martel, de l’organisme d’insertion professionnelle Les Jardins de la Terre, à Saint-Paul-d’Abbotsford, et qui siégeait à la table sur l’employabilité.

« On souhaitait aussi sensibiliser les députés à l’idée d’allonger les prestations d’assurance-chômage ou d’en revoir les modalités. Actuellement, les gens doivent se trouver un emploi rapidement pour ne pas être pénalisés, mais parfois, ça ne donne pas de bon match. Il serait peut-être préférable que la personne prenne ce temps d’arrêt pour se trouver quelque chose qui lui conviendrait plus à long terme », a-t-il affirmé.

Malheureusement, le système scolaire devrait lui aussi faire l’objet d’une réforme avant que ces objectifs ne soient atteints, craint Jacques Tétreault, directeur général d’Éduc à Tout, qui prêche pour un meilleur arrimage entre le milieu de l’éducation et le milieu communautaire.

« On parle beaucoup de performance à l’école, mais très peu de persévérance », a-t-il déploré, mentionnant que ce qui compte dans le cheminement scolaire est le parcours en lui-même, beaucoup plus que le temps investi pour le traverser.

« Malheureusement, nos écoles et nos enseignants sont évalués en fonction de la performance des élèves », poursuit-il.

Reconnaissance espérée

Plusieurs représentants d’organismes ont exprimé le souhait que le financement soit davantage alloué à leur mission qu’aux projets qu’ils doivent soumettre. En résulterait une économie de temps et d’énergie, d’abord dans la documentation à remplir pour obtenir l’aide financière, mais aussi pour la reddition de comptes subséquente. Actuellement, ont déploré plusieurs, il faut sans cesse présenter de nouveaux projets pour obtenir du financement et les demandes sont à recommencer chaque année.

« Nos organismes ne sont pas reconnus au même titre que les institutions, alors que nous offrons des services et embauchons des intervenants qualifiés », a-t-il été relevé à la table portant sur la santé mentale.

Une réalité dont les élus ont pris connaissance, lundi. La députée fédérale de Brome-Missisquoi envisageait lundi d’utiliser son temps de parole, lors du caucus libéral prévu cette semaine à Ottawa, pour sensibiliser ses collègues aux questions sociales et communautaires. « Les services communautaires, c’est quelque chose qui me tient à cœur. Ça me touche de savoir que ces gens-là, qui font toujours beaucoup avec peu, travaillent toujours à l’arraché. Il faut que leur message soit entendu », a fait savoir Lyne Bessette.

Elle-même issue de l’univers communautaire, la bloquiste Andréanne Larouche compte elle aussi mettre la main à la pâte. « Comme porteuse de dossier de la condition féminine pour mon parti, beaucoup d’enjeux abordés aujourd’hui me concernent, que ce soit l’employabilité des femmes, la famille, la pauvreté, l’équité salariale. Il faudra voir comment on pourra travailler tous ensemble pour en venir à des résultats concrets », a fait savoir la députée fédérale de Shefford.

La rencontre a été suivie d’un point de presse annonçant la tenue, jusqu’à dimanche, de l’exposition itinérante « L’innovation sociale, naturellement communautaire », dans le chalet du parc Florence-Viens, à Richelieu.