Liliane Morel et Stephen Crawford ont atteint leur objectif de 20 000 $ pour remplacer 120 de leurs 150 ruches perdues cet hiver à cause d’un acarien.

Soutien populaire pour Les Trois Acres

En 26 jours seulement, l’entreprise apicole Les Trois Acres, à Dunham, a réussi à amasser 20 000 $ afin de remplacer 120 ruches qui ont été décimées ce printemps.

Ces dernières semaines, Stephen Crawford avait ainsi découvert que 80 % de ses colonies d’abeilles avaient été tuées par le varroa, un acarien. Les propriétaires de la miellerie avaient lancé un cri du cœur à la mi-mai. Les assurances coûtant très cher, Liliane Morel et son conjoint n’avaient pas assuré les ruches et il leur fallait 20 000 $ pour les remplacer. Ils avaient alors accepté qu’une campagne de sociofinancement sur le site Gofundme soit lancée pour les aider à remplacer la majeure partie de leurs ruches.

« Il y a quelqu’un, jeudi soir, qui voulait qu’on frappe notre 20 000 $ avant le 1er juin, raconte Mme Morel, visiblement émue, en entrevue à la Clé des champs de Dunham. C’était son deuxième don. La personne avait déjà donné un 250 $, et elle a donné 465 $ jeudi pour nous rendre à notre objectif. »

Deux dons anonymes de 1000 $ et de 5000 $ ont notamment été enregistrés.

« Il y a des gens qui se sentaient mal parce qu’ils donnaient 5 $, mais pour moi, juste le fait d’en parler, c’est important. Un 5 $, c’est aussi important pour nous. Il y a des gens qui n’avaient pas de moyens et qui ont donné quand même. Il y a des jeunes de 20 ans qui ont fait des dons, et des gens qu’on ne connait pas du tout. On a eu un don de la Russie. C’est très très touchant. »

Jusqu’à présent, le couple a reçu 60 nouvelles ruches et 35 reines sur les 120 perdues. La moitié sont arrivées de la Tasmanie, un état d’Australie, et l’autre vient d’un producteur local.

Vendredi, trente ruches sont arrivées à Dunham et M. Crawford s’est empressé de les installer pour que les abeilles profitent de la chaleur.

Par contre, l’année en sera une de miel maigre. Le temps de s’installer dans leur nouvelle ruche et leur nouvel environnement, les abeilles ne produiront que le miel dont elles auront besoin pour survivre. Les surplus, utilisés pour la vente au supermarché, sont attendus plutôt en 2019.

Le miel de l’an dernier sera quant à lui étiré autant que possible, par exemple par la vente de plus petits pots.

Des abeilles décimées partout au Canada
Radio-Canada rapportait vendredi que des centaines de millions d’abeilles avaient trouvé la mort ce printemps partout au Canada. Un constat dévastateur pour les apiculteurs, mais aussi pour les producteurs de fruits et légumes. Les abeilles, grâce à leur rôle de pollinisatrices, interviennent dans la production de près de 90 % des bleuets, pommes, canneberges, concombres et framboises.

L’importance que joue l’abeille dans la chaine alimentaire semble faire son chemin auprès de la population, constate Mme Morel.

La Fédération des apiculteurs du Québec encourage d’ailleurs ses membres à signaler les pertes auprès du ministère de l’Agriculture, qui compile ces données.

Du côté des Trois Acres, « ce qu’on aimerait, conclut Liliane Morel, c’est que les assurances soient abordables. Comme c’est là, c’est 15 $ par ruche. Ça nous coûterait plus cher d’assurer nos ruches que ça nous coûte pour assurer notre miellerie et notre maison. Si les assureurs pouvaient baisser les coûts, ça serait bien ».