Le promoteur immobilier Serge Fleurent a défrayé les coûts d’une publicité pour inciter les citoyens à signer la pétition mise en circulation pour dénoncer la hausse de salaire des élus.

S’opposer à la hausse salariale des élus avec une publicité

En désaccord avec la hausse de salaire que les élus de Granby souhaitent s’accorder, le promoteur immobilier Serge Fleurent a défrayé les coûts d’une publicité pour inciter les citoyens à signer la pétition mise en circulation par une Granbyenne pour dénoncer cette décision.

« Je suis rentré en contact avec Jacynthe Deslauriers, qui a lancé la pétition. J’ai décidé de lui donner un coup de main parce que je suis absolument d’accord avec ses arguments. Elle a des chiffres intéressants. Je ne pense pas que les élus de Granby soient maltraités. Ça donne 14 000 $ ou 15 000 $ de plus par année au maire. Il y a des personnes qui travaillent dans des shops à Granby qui vont travailler 25 ans et qui n’auront jamais le total de cette augmentation, entre le moment où ils vont commencer et où ils vont finir », a fait valoir M. Fleurent.

Son nom n’apparaît nulle part dans la publicité, publiée dans nos pages. Mais cela ne reflète pas un désir d’anonymat. Serge Fleurent dit n’y avoir tout simplement pas pensé.

« Il n’y a pas de cachette », laisse tomber celui qui souhaite ainsi qu’un « maximum de signatures » soient apposées à la pétition. « Ça va peut-être ébranler certains conseillers... », ajoute-t-il.

À ce jour, seul le conseiller municipal, Jean-Luc Nappert, a dit trouver la hausse annoncée — de 15 % pour le maire et de 17,5 % pour les conseillers — « exagérée ». Il aurait été plus favorable à une augmentation de 5 %. Selon la hausse projetée, le salaire du maire, Pascal Bonin, passera de 104 160 $ à 119 784 $ et celui des conseillers municipaux de 34 402 $ à 40 423 $, allocation de dépenses incluse dans les deux cas.

« Le maire a mis son costume de super-héros au panier à linge. La vertu a disparu », lance M. Fleurent, en faisant référence aux affiches électorales de Pascal Bonin réalisées par des citoyens, dont certaines l’ont dépeinte en super-héros.

Différend
Cela dit, Serge Fleurent, qui n’a pas la langue dans sa poche, ne nie pas avoir eu son lot de différends avec l’administration municipale.

Le dernier en liste : le refus de la demande qu’il a déposée à la mi-janvier afin que la Ville revoie les conditions d’imposition des droits de mutation lors de la vente de terrains commerciaux, particulièrement pour les terrains des terres Miner.

Selon M. Fleurent, l’un des quatre promoteurs à l’origine de l’achat des terres Miner, le développement commercial de ce secteur tarde à se concrétiser, car les droits de mutation sont imposés sur le terrain et les bâtiments. Cela a toutefois pour effet de faire gonfler la facture des promoteurs qui pourraient être intéressés à s’implanter dans ce coin de la Ville.

Plusieurs transactions potentielles ont avorté pour cette raison, dit-il.

À ses yeux, les droits de mutation ne devraient s’appliquer qu’au terrain.

Pour l’heure, le comité des finances ne juge cependant pas pertinent de revoir ces conditions, selon la correspondance transmise à M. Fleurent, qu’il a fait suivre à La Voix de l’Est.

Serge Fleurent, qui souligne avoir de l’expérience dans le secteur commercial notamment comme ex-épicier franchisé IGA, dit déplorer ce dialogue « à sens unique » avec la Ville.

Il songe même à lancer la serviette et se retirer de Développement Terres Miner.

Sa sortie médiatique n’a pas pour but de promouvoir sa « cause », dit le promoteur, mais de dénoncer des décisions, à l’instar de la hausse de salaire des élus, qui « manquent de jugement ».

Le maire, Pascal Bonin, n’a pas voulu commenter l’initiative de Serge Fleurent.