En devenant propriétaire de sa maison, Cédric Boulanger réalisait un rêve de longue date, qui a toutefois tourné au cauchemar lorsqu’il a constaté que sa nouvelle demeure était envahie par la mérule pleureuse.

Son rêve de devenir propriétaire vire au cauchemar

En devenant propriétaire de sa maison à Abercorn, Cédric Boulanger réalisait un rêve de longue date. Celui-ci a toutefois tourné au cauchemar lorsqu’il a constaté que sa nouvelle demeure était pleine de mérules pleureuses. Depuis, la communauté cherche à lui venir en aide.

M. Boulanger a emménagé dans sa propriété de la rue Thibault Sud le vendredi 13 avril dernier. « Pour faire exprès », ironise-t-il en référence à la malchance dont il est victime.

C’est par hasard qu’il a découvert la présence du champignon, aussi connu comme le cancer du bâtiment. « C’est simple, je suis sorti de la maison et en déplaçant des poubelles, j’ai vu des champignons à l’extérieur, raconte celui qui avait fait inspecter l’endroit avant de l’acquérir. En soulevant le revêtement extérieur, on a constaté que c’était plein. »

La mérule pleureuse se nourrit de bois humide et provoque la détérioration des édifices auxquels elle s’attaque. Selon l’Institut national de santé publique du Québec, elle ne peut pas causer de maladie ou d’infection nuisible à la santé humaine, mais sa présence est propice au développement d’autres types de moisissures.

« Comme la maison est construite sur une dalle de béton, je ne peux pas voir les fondations au complet. J’espère que la mérule n’a pas trop affecté les fondations et la structure [de la maison] », souhaite M. Boulanger.

Facture salée
Pour décontaminer sa demeure, M. Boulanger devra débourser près de 3800 $. Et pour reconstruire ce qui aura été démoli, il en coûterait près de 36 000 $, selon les soumissions qu’il a fait réaliser.

Une somme que le nouvel Abercornien n’a pas en sa possession, lui qui a investi toutes ses économies dans l’acquisition de sa maison et dans les travaux exécutés lors de son emménagement.

« Et tant qu’on n’a pas tout arraché, je n’aurai pas la certitude que ça se trouve juste sur les murs. Il va peut-être y avoir d’autres surprises », craint le principal intéressé, dont les assurances ne couvrent pas ce type de sinistre.

De plus, la maison avait été mise en vente, sans garantie légale, à la suite du décès de son précédent propriétaire. Les recours sont donc inexistants pour l’employé de la brasserie Dunham, qui dort dans sa voiture depuis quelques semaines avec son chien. Ses autres options se résument pour l’instant à planter une tente sur son terrain ou à aménager son garage.

Pour décontaminer sa demeure, M. Boulanger devra débourser près de 3800 $. Et pour reconstruire ce qui aura été démoli, il en coûterait près de 36 000 $, selon les soumissions qu’il a fait réaliser.

« Je préfère ne pas penser à cet hiver », dit-il.

Solidarité
« Ça a un méchant impact psychologique, en plus de ne pas savoir qu’est-ce qui va arriver ensuite », confie M. Boulanger.

« Il y a la paranoïa aussi. Tu ne veux pas amener ça chez quelqu’un d’autre », renchérit-il.

Devant la détresse de celui qu’il côtoie régulièrement, Martin Delisle, propriétaire de l’auberge BOHO, a mis sur pied une campagne de sociofinancement pour amasser le plus d’argent possible pour alléger la facture.

« On ne prévoit jamais ce genre de chose. Beaucoup de gens ignorent ce qu’est la mérule pleureuse », constate-t-il.

« Tous les jours, je le voyais dans ses démarches d’achat, il parlait de l’inspection et tout, et il était excité et heureux de devenir enfin propriétaire, poursuit M. Delisle. Maintenant, je le vois pris au dépourvu, à ne pas savoir par où commencer, à ne pas savoir comment il réussira à trouver l’argent. Je devais l’aider. »

Depuis le lancement de la campagne, il y a une semaine, 21 personnes, de la région pour la plupart, ont fait un don, amassant près de 1500 $ sur les presque 40 000 $ nécessaires. « C’est une bonne cadence, commente M. Delisle. C’est là qu’on voit l’esprit de solidarité des gens. »

Celui-ci espère atteindre l’objectif souhaité dans un délai de 30 à 45 jours, histoire que cette mésaventure soit chose du passé d’ici la saison froide.

Les heures d’ouvriers compétents ou des matériaux qui seront nécessaires aux travaux, plutôt que des dons en argent, sont aussi bienvenus. « C’est sûr que si un entrepreneur en construction ayant ses cartes de compétence s’offre pour venir donner un coup de main, on ne dira pas non », note M. Delisle.

Il est possible de consulter la campagne de sociofinancement à l’adresse suivante : https://www.gofundme.com/sauvons-la-maison-a-cedric