Le sergent Pascal Courtemanche a soumis les agents colombiens à des examens de tir.

Son expertise au service de l'ONU

Entraîner des policières à l'étranger afin d'accroître leurs chances d'être sélectionnées pour participer à une mission de paix de l'Organisation des Nations Unies (ONU) : voilà le nouveau mandat du policier Pascal Courtemanche, de la Sûreté du Québec dans Brome-Missisquoi. Il est l'un des 30 policiers au Canada à former ces agentes aux quatre coins du globe.
Le policier Pascal Coutermanche est de retour de sa première mission en Colombie comme membre de l'Équipe d'assistance pour l'évaluation et la sélection de l'ONU.
Pascal Courtemanche et les membres de son équipe ont entraîné les policiers colombiens pour la conduite automobile.
« De savoir qu'on fait cette mission-là pour promouvoir, je trouve ça très valorisant. Ce sont de petites actions qui changent le monde, estime le sergent Courtemanche, de retour au pays après avoir participé à une première mission en Colombie en février. Ça leur donne une chance de plus de réussir. Ça a été prouvé : chaque fois le pourcentage a été plus élevé. »
L'opportunité d'être formateur pour l'ONU s'est présentée à la suite de sa participation à la mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) de 2013 à 2014. Une évaluation de ses compétences, de ses performances et du travail accompli sur le terrain a déterminé qu'il en avait le potentiel. 
« J'ai été choisi pour faire partie d'un groupe de formateurs à la demande de la GRC, qui a une entente avec l'ONU afin de créer l'Équipe d'assistance pour l'évaluation et la sélection (des candidats) », explique le sergent Courtemanche, chef d'équipe de la division des enquêtes en Estrie au poste de la SQ Brome-Missisquoi. 
Il est ainsi devenu l'un des quelque 30 policiers canadiens, dont quatre provenant de la SQ, à être membre de cette équipe fondée en 2014. L'objectif premier est d'aider à promouvoir et hausser le nombre de femmes en mission de paix. « C'est leur permettre d'avoir une chance meilleure pour pouvoir réussir les examens. C'est l'objectif de l'ONU », précise le policier âgé de 46 ans. 
Première mission
Sa première destination pour former des agents étrangers : Bogota en Colombie. En compagnie d'un chef d'équipe et sept autres instructeurs, il a formé 125 candidats potentiels à une mission de l'ONU, des policiers colombiens, pendant deux semaines. « C'est un pays organisé. La police est très professionnelle. On a beaucoup de choses en commun, mais les ressources sont plus grandes au Canada. Nous sommes très opérationnels dans les deux pays. On se ressemble dans beaucoup de nos façons d'intervenir », décrit le sergent Courtemanche. 
Cette mission en Colombie avait un caractère particulier puisqu'elle s'adressait autant au personnel féminin que masculin, ce qui n'est pas le cas habituellement. C'est à la suite d'une entente entre le Canada et la Colombie que celle-ci a été réalisée. 
Conduite, tir et langue 
Pendant leur déploiement en Colombie, les instructeurs ont exercé les agents de la paix à des tests de conduite d'un véhicule sur un circuit routier, en pratiquant notamment la conduite manuelle et le stationnement en parallèle. Les policiers colombiens, qui patrouillent principalement en moto, étaient moins familiers avec ce type de véhicule. 
Les agents ont également dû se soumettre à un examen de tir. Une semaine a été consacrée à l'enseignement linguistique, incluant un examen écrit et la rédaction d'un rapport de police. 
Auparavant, les policiers étaient envoyés en mission de paix et c'est une fois en sol étranger qu'ils devaient se soumettre à ce type d'examens. S'ils échouaient, ils étaient rapatriés dans leur pays. On manquait donc de personnel lors de certaines missions. « Maintenant, ils offrent une équipe pour préparer et faire l'examen dans leur pays pour éviter tous ces déplacements-là », dit M. Courtemanche. 
Leur participation à cette mission à Bogota a été appréciée, estime le policier. « On est des gens très importants pour eux, car on peut changer leur train de vie. En Colombie, au niveau de l'organisation, ça leur ouvre beaucoup de portes pour des promotions. Ils ont un statut différent quand ils ont participé à une mission », mentionne-t-il. 
A-t-il été dépaysé lors de sa mission étrangère ? « En Haïti, on apprend que la diversité, il n'y a rien de mal là-dedans, dit celui qui est policier depuis 24 ans. En arrivant en Colombie, j'avais une ouverture vers la diversité. » L'expérience acquise pendant sa mission en Haïti lui a d'ailleurs bien servi. « On réalise qu'on a appris plein de choses dans une mission et que là, on l'applique. On met notre expérience dans l'enseignement. »
Le policier pourrait être déployé dans d'autres pays, comme le Rwanda ou le Bénin par exemple, où leur expertise a déjà été sollicitée dans le passé pour préparer les policières. Pascal Courtemanche se dit prêt à réaliser un autre mandat lorsque ce sera à nouveau son tour d'être appelé. « Chaque mission, ce sera un défi différent, dit-il. C'est arrivé des missions dans d'autres pays où il n'y avait pas de véhicule, pas assez d'essence, pas de circuit et pas de papier pour faire les examens, ce qui n'était pas le cas en Colombie. Tu te débrouilles. On fait ce qu'on peut ! »