Maxime André Boulay et Éléna Gibson se sont rencontrés mercredi.

Son cellulaire repêché après deux jours dans un lac... et il fonctionne toujours

Éléna Gibson pensait devoir dire adieu à son téléphone cellulaire après l’avoir échappé par mégarde dans le lac Davignon, mercredi dernier. Or, un grand coup de chance et le grand cœur d’un bon Samaritain l’ont réunie avec son appareil, toujours fonctionnel, quelques jours plus tard.

C’est au retour d’une balade entre amies sur le lac Davignon que la jeune femme de 16 ans a réalisé que son téléphone cellulaire, un iPhone 8+, avait disparu de l’embarcation.

« On l’avait mis avec nos serviettes, mais il n’y était plus quand on est revenues de la baignade, raconte-t-elle candidement. On cherchait partout, il n’était plus là, alors je me suis dit qu’il devait être tombé quand on était à l’autre bout du lac. »

Éléna Gibson pensait devoir dire adieu à son téléphone cellulaire après l’avoir échappé par mégarde dans le lac Davignon, mercredi dernier.

Si pour certains adolescents, la perte de cet appareil constituant presque le prolongement de leur bras serait une véritable tragédie, Éléna est demeurée sereine. Comme il se trouvait fort probablement au fond du lac Davignon, les chances de retrouver son téléphone mobile étaient bien minces.

« Elle m’a dit que ce n’était que du matériel, qu’elle s’en achèterait un autre avec l’argent gagné à son travail, raconte Daphné Staples, enseignante à l’école secondaire Massey-Vanier. Pour moi, qu’une ado de 16 ans soit assez mature pour réagir comme ça, c’est ce qu’il y a de plus beau dans cette histoire ! »

« Mes amies étaient étonnées que je ne m’en fasse pas plus que ça ! », reconnaît Éléna.

Prise improbable

C’est donc sans faire grand cas de cette perte que la jeune femme a continué son petit bonhomme de chemin, jusqu’à ce que, samedi matin, elle reçoive un message dans sa messagerie Facebook.

« J’ai trouvé un iPhone dans l’eau, est-ce que c’est le tien ? », pouvait-elle y lire.

Un message signé Maxime André Boulay, un autre résident de Cowansville s’étant rendu au lac vendredi pour taquiner le poisson. Or, sa partie de pêche s’est conclue par une prise improbable.

« J’étais au bord du lac, et j’ai remarqué quelque chose de blanc dans l’eau, à environ trois ou quatre pieds du bord et de profond. J’ai essayé de le sortir avec ma canne à pêche », raconte-t-il.

Le pêcheur a ensuite essayé de récupérer l’objet avec des branches, sans succès. Puis, il s’est souvenu qu’il avait une corde et un aimant dans son véhicule.

« Il y a quelques années, j’avais vu une vidéo sur Internet de gens qui pêchaient avec un aimant. J’en avais acheté un, mais il ne m’avait jamais servi, raconte M. Boulay. Avec les bâtons, j’ai réussi à faire une perche pour ramener l’objet sur le bord et c’est là que j’ai remarqué qu’il s’agissait d’un téléphone. »

Sachant que les nouveaux iPhone sont étanches, M. Boulay a ramené le téléphone « un peu sale, mais pas cassé et sans marque d’usure » chez lui.

« Quand je l’ai branché, il s’est mis à charger et il fonctionnait encore. Je ne savais pas combien de temps il avait passé dans l’eau », dit-il.

Le téléphone étant verrouillé, M. Boulay n’a pas pu utiliser son contenu pour retracer son propriétaire. Il a toutefois réussi à retrouver Éléna Gibson grâce à la carte Sim de l’appareil, connectée au compte Facebook de l’adolescente.

Récompense sucrée

Un rendez-vous est donné à la plage de Cowansville, samedi en début de soirée. La rencontre permet la remise du téléphone à sa propriétaire, qui en guise de récompense a offert une tarte au sirop d’érable à son bienfaiteur.

Et encore mieux : l’appareil fonctionne comme si rien du tout ne s’était produit. « Mon téléphone est en parfaite condition même s’il a passé deux jours dans l’eau ! », se réjouit Éléna.

« C’est un petit miracle !, renchérit sa mère, encore étonnée de l’honnêteté du jeune homme. C’est un cellulaire qui coûte cher, des centaines de dollars. Mais lui, quand il l’a trouvé, il ne l’a pas gardé, il a tout fait pour retrouver son propriétaire ! »

« Ça a fait ma journée à moi aussi, j’étais content de l’avoir aidé, reconnaît M. Boulay.Je me suis moi-même acheté un nouveau téléphone récemment et je sais ce que ça vaut. C’est la moindre des choses de rendre à quelqu’un ce qui lui appartient. »

Comme les bonnes nouvelles vont vite, l’aventure du iPhone d’Éléna s’est rendue jusqu’aux oreilles d’un membre de la direction d’Apple Canada, le fabriquant du téléphone.

L’entreprise, plus habituée de recevoir des plaintes par rapport à ses produits que des remerciements, souhaite faire connaître l’histoire à travers sa branche nord-américaine.