Le poète Lucien Francoeur a récité quelques poèmes lors de la soirée Poésie et absinthe organisée par l’Absintherie des Cantons.

Soirée Poésie et absinthe: Lucien Francoeur de passage à Granby

La poésie et l’absinthe font bon ménage. Cet alcool vert a façonné les œuvres des Baudelaire, Verlaine et Rimbaud de ce monde. C’est pourquoi Jean-Philippe Doyon, de l’Absintherie des Cantons, a invité le poète Lucien Francoeur à sa soirée Poésie et absinthe, dans le cadre de Granby art et table, jeudi soir.

Restaurateurs et producteurs s’unissent durant cet événement qui vise à mettre les arts de la table en évidence. L’Absintherie des Cantons a préparé des cocktails à base d’absinthe avant de présenter le poète.

« On a choisi d’inviter le poète Lucien Francoeur qui, à notre sens, représente la contre-culture, donc ça cadrait avec le thème de notre événement, raconte M. Doyon. Dans les années 70, il était vraiment une figure de la contre-culture québécoise. Il a été important pour l’art plus à gauche que ce qui passait traditionnellement à la radio. Je connais Lucien Francoeur depuis toujours en raison de sa musique. Mon père avait ses vinyles. Il y a un élément de nostalgie là-dedans. Sauf qu’en même temps, Lucien Francoeur c’est un poète à la base. Poésie et absinthe, ça va ensemble, on le sait avec des artistes comme Baudelaire, Rimbaud, l’absinthe faisait partie de leurs œuvres. Ce sont des poètes qui ont fortement influencé Lucien Francoeur à la base. Le lien se fait très rapidement avec Lucien Francoeur. »

M. Francoeur n’a pas été facile à convaincre, admet le propriétaire de la microdistillerie, puisqu’il quitte rarement Montréal. Le principal intéressé confirme qu’il sort rarement de la métropole sans ses musiciens.

Jeudi soir, il est venu seul. Quelqu’un avait été mandaté pour aller le chercher et pour le ramener à Montréal. « J’étais assis à mon bar à boire du Jack Daniel et de la Budweiser, confie M. Francoeur en entrevue, affirmation qu’il a répétée devant le public. La route m’a amorti. »

Il espérait d’ailleurs que les cocktails à base d’absinthe lui redonneraient de l’énergie avant la lecture de quelques poèmes de son dernier recueil, Chasseur de matières sombres. Il comptait aussi interpréter deux chansons, accompagné de deux musiciens de la maison, soit Bar-BQ Lady et Pousse pas ta luck ok baby.

La poésie touche encore

Lucien Francoeur s’est fait connaître dans les années 70 par Gaston Miron, qui a publié ses premiers poèmes à l’Hexagone. Dans cette même décennie, le groupe Aut’Chose voit le jour. M. Francoeur récite alors sa poésie sur de la musique rock. Le groupe s’est séparé avant de se reformer quelques décennies plus tard. Entre temps, le poète a produit plusieurs disques solos.

« J’ai fait du slam, j’ai fait du rap, du hard rock, du heavy métal, du public, de la pop. J’ai fait de tous les genres. Tous mes disques ne sont pas connus. On connaît naturellement les trois disques d’Aut’chose, mais j’ai quand même fait plusieurs disques en France. Des coffrets sont sortis. Le premier c’est Chaud comme un jukebox, il y a le coffret Aut’Chose et le dernier c’est Francoeur poète rock. J’aimerais ça que les gens découvrent ce coffret-là parce que c’est un Francoeur complètement différent du Francoeur d’Aut’Chose. »

Son art ne vieillit pas et parle à toutes les générations. Il en a la preuve dans les clubs où il donne des spectacles, à raison d’une vingtaine par année. Il y a plusieurs jeunes adultes de 18 ans et l’âge maximal de son public est la jeune soixantaine. Dans les festivals, alors qu’il donne des spectacles extérieurs, il lui est arrivé de voir des adolescents dans le public qui souhaitent faire signer un album.

« La poésie sous toutes ses formes intéresse les jeunes de plus en plus, réalise-t-il, que ce soit le rap, le slam ou les lectures de poèmes de tout genre. Tu vas dans les lectures à Montréal et les salles sont pleines. »

Il fait valoir que la poésie permet de s’exprimer et, dans les soirées de lecture, de faire connaître ses états d’âme, d’avoir une écoute, et d’écouter les autres également.

La soirée Poésie et absinthe a attiré une vingtaine de personnes dans les locaux de la microdistillerie, rue Moeller à Granby.