Le fondateur du service populaire d’accompagnement psychosocial, Jocelyn Roy

Soigner sa santé mentale à faible coût

Le SPAP, vous connaissez? De plus en plus de gens répondront oui puisque le jeune organisme vient répondre à un besoin longtemps ignoré. Le Service populaire d’accompagnement psychosocial est déterminé à venir en aide aux personnes qui n’ont pas les moyens de se payer des services psychologiques au privé et qui doivent attendre trois à quatre mois avant d’obtenir un rendez-vous au public.

L’organisme à but non lucratif n’existe que depuis 18 mois, mais il est déjà venu en aide à une trentaine de personnes. Les services sont offerts à coup de 10 rencontres avec un professionnel de la santé mentale, comme un psychologue, un travailleur social, un sexologue ou encore un coach.

« On s’est rendu compte qu’on échappait du monde dans le système, raconte le fondateur du SPAP, Jocelyn Roy, aussi coach PNL (programmation neurolinguistique). On va chialer parce que ça prend 24 heures pour se faire servir à l’urgence. Quand c’est ton psychoémotif qui ne va pas bien, et que t’appelles à l’aide à l’hôpital ou au CLSC, on va te mettre sur une liste d’attente pendant trois mois. Ton cœur est brisé, ton psychologique va mal, tout ton système est déstabilisé. »

Un tiers des coûts

Le principe est simple. Toute personne n’ayant pas d’assurance collective et qui a fait une demande d’aide psychologique au CLSC peut contacter le SPAP pour recevoir des services à prix réduit, en attendant de recevoir un appel des services publics. 

Après avoir contacté l’organisme, via Facebook ou par téléphone, la personne est ensuite rencontrée par une travailleuse sociale qui évalue ses besoins. On la réfère finalement au spécialiste qui sera le mieux approprié pour elle. En deux semaines, elle peut ainsi obtenir l’aide dont elle a besoin pour sortir la tête de l’eau.

« Ça coûte le tiers de la rencontre, précise M. Roy. On ne refuse personne. Ce qui est important, c’est qu’ils n’aient pas “d’assurance-groupe”, qu’ils aient les moyens de payer le tiers de leurs rencontres et qu’ils aient fait une demande aux services sociaux. »

Le SPAP paie le deuxième tiers tandis que le professionnel absorbe le troisième. Par exemple, une rencontre d’une heure avec un psychologue à 90$ de l’heure ne coûtera que 30$ pour le client.

Le cœur sur la main

Plus de 300 personnes ont participé au deuxième souper-bénéfice du Service populaire d’accompagnement psychosocial, à la Grillade, à Saint-Alphonse-de-Granby.

La participation des professionnels n’est pas obligatoire, mais personne n’a refusé jusqu’à présent.

« Ils ont l’humain à cœur. Ils veulent aider les gens à aller mieux, remarque Jocelyn Roy. On veut que tout le monde prenne part à ce mouvement qu’on est en train d’installer. On a appelé ça “service populaire” parce que c’est une partie de la population qui aide une autre partie de la population. »

La population est également invitée à faire des dons. Un souper-bénéfice qui avait lieu samedi dernier a d’ailleurs permis d’amasser approximativement 3500$. Comme il n’y a pas de frais d’exploitation, l’argent sert uniquement à payer un tiers du salaire des professionnels. 

Depuis juin, le SPAP peut aussi remettre des reçus d’impôts en échange des dons.