Sur la photo, on voit notamment Étienne Boulay (à gauche), ambassadeur pour la Fondation des sports adaptés, Judith Webster, fondatrice de Soutien aux anciens combattants blessés Canada, Hélène Le Scelleur (au centre), capitaine à la retraite, et Steve Charbonneau (à droite), directeur de la FSA.

Skier pour sortir de l’isolement

Un groupe bien spécial dévalera les pentes de Bromont, montagne d’expériences, lundi et mardi, si la météo le permet. Celui-ci est formé d’anciens combattants blessés qui souhaitent, grâce à Soutien aux anciens combattants blessés Canada (SACBC) et à la Fondation des sports adaptés (FSA), sortir de leur isolement et entreprendre leur réadaptation.

La FSA a l’habitude de travailler avec des vétérans blessés ou souffrants du syndrome de choc post-traumatique. C’est pourquoi elle a été approchée par SACBC pour organiser un camp sportif pour une douzaine d’anciens combattants.

Le camp a débuté par un cocktail, un souper et une soirée musicale, dimanche. Lundi, après la location des équipements adaptés et le jumelage de chaque participant avec un bénévole, ils skieront durant la journée, explique le directeur de la FSA, Steve Charbonneau.

« Le ski est une excuse pour se rassembler », note-t-il lorsqu’on lui mentionne les prévisions météorologies pluvieuses. Le Château Bromont où ils logent offre suffisamment d’options pour faire autre chose. Le camp se termine mardi soir.

Redonner confiance
« On les réunit pour faire un sport afin de leur redonner confiance, les aider physiquement, et skier est une vraiment bonne façon de le faire. Le ski est un sport bien connu pour la réadaptation parce que ça aide les muscles du tronc et ça aide les jambes, explique en anglais Judith Webster, de la fondation de SACBC. Aussi, ils sentent qu’ils font partie d’une équipe. Quand ils sont démobilisés, ils se sentent vraiment isolés. »

Le programme offert par son organisme, qui existe au pays depuis deux ans, se détaille en trois volets. Le premier est la réadaptation à travers les événements sportifs. Les douze anciens combattants qui sont actuellement à Bromont débutent donc leur programme.

« Dans la deuxième partie de notre programme, on les jumelle avec un mentor pour une année complète. Ils se parlent une fois par semaine, ils se rencontrent en personne quatre fois par année et ça aide à construire la confiance. Ils abordent les problématiques qu’ils peuvent avoir dans leur vie, que ce soit physique, mental, par rapport à la famille ou aux finances, un manque de travail. [...] C’est la grosse partie de notre programme, c’est ce qui fait la différence. »

Le dernier volet est la réinsertion en milieu de travail. En Grande-Bretagne, ce même modèle a permis à 89 % des participants de réintégrer le marché du travail ou d’aller chercher une nouvelle formation.

Une expertise pour la FSA
Ce camp d’hiver est le neuvième organisé par la FSA pour les soldats blessés ; un camp de sport nautique estival a déjà eu lieu. On fournit L’équipement est fourni clé en main.

Avant que l’ex-footballeur Steve Charbonneau prenne la direction de la fondation, il n’y avait plus d’activité pour cette clientèle au sein de l’organisation depuis un certain nombre d’années. « Je me suis dit qu’il fallait absolument que je ramène ça. On a recommencé, mais à plus petite échelle. »

Des camps ont d’abord été tenus pour un autre organisme. Anthony Calvillo et Étienne Boulay se sont impliqués dès le retour de ces camps en tant qu’ambassadeurs.

Puis, la FSA a été approchée par SACBC. « J’essaie de séparer les deux organisations. Même le camp d’été ne sera pas à la même place, n’aura pas les mêmes activités. On espère que le résultat soit le même pour contribuer à leur retour à une vie saine. »

M. Boulay est d’ailleurs à Bromont pour ce camp-ci. Son expertise en matière de santé mentale et son écoute sont très utiles, souligne M. Charbonneau.