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Des idées pour nos aînés 
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Des idées pour nos aînés 
La crise de la COVID-19 a révélé au grand jour une situation tragique dans certaines résidences pour aînés. Au-delà du choc, les événements des derniers jours ont aussi mis en lumière le sort des personnes âgées, trop souvent oubliées. Mais partout, bien avant la crise, des initiatives sont nées pour favoriser la rencontre avec la population plus âgée. Culture, soins, projets intergénérationnels, les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante vous présentent quelques coups de cœur.
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Alaviva : stimuler le bagage culturel des aînés

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Alaviva : stimuler le bagage culturel des aînés

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil - 6 Solutions
Ce n’est pas d’hier qu’Alaviva se soucie du bien-être des personnes âgées, elle avait les yeux grands ouverts avant la crise sanitaire. L’entreprise constate plus que jamais l’importance de sa mission, celle de dynamiser la vie des aînés, ces adultes «matures et libres».

Depuis 2014, l’équipe conçoit toute sorte d’activités culturelles, d’événements et de projets pour les personnes âgées. Et ce n’est pas comme organiser un spectacle, Alaviva offre un premier rôle à tous les participants.

«Ce n’est pas du divertissement facile... On cherche à mettre les gens en relation, à créer des liens, découvrir différentes sortes d’expressions artistiques et les expérimenter. Oui, ils ont certaines limitations, mais c’est quand même possible de les impliquer dans les activités», explique Andrée Pelletier, fondatrice d’Alaviva. Elle compte notamment à son actif la création d’œuvres collectives comme une murale ou une bande dessinée. 

«J’ai créé Alaviva pour rapprocher les aînés qui trouvent les journées longues, les activités de loisirs sont limitées dans les résidences. Le loisir a pourtant un effet sur le bien-être des gens», indique Andrée Pelletier. 

Être à l’écoute

L’entreprise approche chaque nouveau projet avec la pensée que les aînés ont quelque chose à nous apprendre. Il suffit de demander, et d’écouter.

«Ils étaient là avant nous. Ils ont plein de connaissances et de compétences. Et ils sont encore capables d’apprendre des choses! Ils ne sont plus aussi vites, alors on les met sur la voie de côté. Ils ont pourtant déjà couru très vite. Le monsieur en fauteuil roulant aujourd’hui a déjà occupé la piste de danse comme Elvis Presley!»

Tous peuvent contacter Alaviva. L’équipe trouve une activité adaptée selon les besoins et les réalités de chaque participant.

«On avait déjà confirmé l’importance de développer des projets d’intégration sociale sans contact physique. Si on avait eu les subventions adéquates, les projets auraient pu être terminés avant la crise», se désole Andrée Pelletier.

La fondatrice est constamment confrontée à un manque de financement, elle réussit à faire beaucoup avec peu. 

«En ce moment, plein d’artistes n’ont plus de travail et ce sont des ressources pleines de créativité et d’amour. Je souhaite les mettre en contact, virtuellement s’il le faut. On adapte nos projets avec la situation.» 

Le sourire des jeunes

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Le sourire des jeunes

 Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste - 6 Solutions
Lorsque son fils Sunny, âgé de 14 ans, s’est accidentellement noyé à Shawinigan à l’été 2007, Alain Desbiens s’est promis que sa mémoire servirait à faire le bien autour de lui. Sunny, qui appréciait tout particulièrement le contact avec les personnes âgées, a inspiré le projet de la Fondation Sunny D. Extrême, qui continue de faire du bien à des milliers de gens dans les CHSLD depuis maintenant 12 ans.

Chaque été, des centaines de jeunes de 12 à 17 ans, bénévoles pour la fondation, se rendent dans les CHSLD de la région de la Mauricie, mais également dans quatre autres régions, afin de donner du réconfort et de l’amitié aux personnes âgées. En 2019, 279 jeunes ont donné tout près de 13 000 heures de bénévolat auprès de 3720 aînés.

En ces temps de confinement et d’isolement des résidents en CHSLD, Alain Desbiens reconnaît que le projet de sa fondation a plus que jamais sa raison d’être. C’est pourquoi la fondation travaille présentement à adapter ses services rapidement pour pouvoir se rendre disponible auprès des aînés isolés. «On a des jeunes bénévoles qui nous téléphonent tous les jours, qui ne demandent que ça, pouvoir y retourner. Mais malheureusement, ce n’est pas autorisé pour le moment», confie-t-il.

Ainsi, la fondation lancera sous peu une plate-forme virtuelle qui permettra de mettre en lien les aînés des CHSLD impliqués avec la fondation, mais également des résidences privées conventionnées qui viendront s’ajouter à la liste. Une plate-forme qui pourrait par ailleurs devenir permanente pour cette fondation, qui a inspiré des centaines de jeunes et aidé des milliers d’aînés depuis le début de ses activités.

«Je pense à cette adolescente qui avait fait du bénévolat avec nous et qui avait visité des CHSLD il y a quelques années. J’ai récemment eu de ses nouvelles et elle a étudié pour être préposée aux bénéficiaires. Elle est au front actuellement et le bien-être des aînés, elle en a fait sa carrière. On a pu allumer des bougies à travers tout ça», se félicite l’homme qui piétine d’impatience de voir la plate-forme être déployée pour apporter encore plus de réconfort aux aînés. Paule Vermot-Desroches

Généreuse pour ses aînés

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Généreuse pour ses aînés

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune - 6 Solutions
Un milieu de vie pour les aînés permettant aux couples qui ont des niveaux d’autonomie différents de terminer leurs jours ensemble. Une équipe médicale qui accompagne les résidents selon leur degré d’autonomie, allant de soins sporadiques pour des aînés autonomes jusqu’aux soins de fin de vie. C’est ce qu’offre Village Grace, dans l’arrondissement de Lennoxville à Sherbrooke.

La construction de la résidence Village Grace, un projet de 17 M$, a été financée uniquement par des dons de la communauté, principalement anglophone, qui souhaitait offrir une qualité de vie à ses aînés. 

« Un retraité peut s’y installer et y demeurer jusqu’à la fin de ses jours tout en bénéficiant des services au fur et à mesure qu’ils se feront sentir. L’approche en gériatrie sociale offre de multiples avantages. Les résidents bénéficient d’un environnement stable qui diminue l’anxiété associée aux transitions liées à la maladie », explique Me Lucie Thibodeau, bénévole pour la résidence et fille d’une résidente de 96 ans, Gabrielle Parent.

Les Communautés de retraités Massawippi, qui sont derrière le projet, est un organisme caritatif privé à but non lucratif qui prodigue des soins aux aînés depuis 62 ans. En 2018, les résidents de Grace Home et ceux de Connaught Home ont tous aménagé dans le nouveau pavillon Village Grace, qui compte 120 chambres. Construit de plain-pied, la résidence compte quatre ailes résidentielles. Chaque aile possède son poste de soins infirmiers conçu pour se fondre dans le décor, sa propre salle à manger, une cuisine satellite, une salle d’activités et une cour-jardin à accès sécurisé, en plus d’un belvédère.

Aussi, les 60 acres sur lesquels a été bâti le Village Grace permettent à ses résidents et à leurs visiteurs de marcher en forêt, faire de la bicyclette ou du ski sur les pistes ou toutes autres activités de loisirs en plein air.

« Il s’agit d’une communauté globale, où les résidents se connaissent et s’entraident, où les familles et les couples ont le choix de demeurer ensemble, peu importe leur degré d’autonomie. C’est toujours le même personnel médical. Par exemple, ma mère est contente quand Angela vient faire son tour. » 

« Aussi, les familles font partie intégrante de la communauté, et à ce titre, il leur est offert un service d’hébergement lorsqu’ils ne sont pas de la région ou lorsque leurs proches sont en fin de vie », note Mme Thibodeau, précisant que la résidence et sa directrice des soins, Sandra Klinck, travaillent en étroite collaboration avec le Centre de recherche sur le vieillissement, un institut affilié à l’Université de Sherbrooke.

Les camps de jour s’invitent dans les résidences pour aînés

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Les camps de jour s’invitent dans les résidences pour aînés

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est - 6 Solutions
Le Club Vacances Jeunesse de Granby rayonne depuis quelques années jusque dans les résidences pour aînés, où séances de jeux de société, ateliers culinaires et spectacles de danse sont organisés de façon ponctuelle durant l’été.

«Ce sont toujours des échanges qui sont intéressants, tant pour les jeunes des camps de jour que pour les aînés et les équipes d’animation qui viennent en support. C’est souvent très chaleureux», affirme le chargé de projets à Vie culturelle et communautaire de Granby, Éric Goudreau.

«À la base, l’idée, c’est de divertir. Mais il y a aussi l’objectif de créer un pont entre les générations et de créer des moments d’échange. Je pense que le loisir est aussi une façon formidable de faire de l’intervention et de créer des occasions de rencontres», ajoute-t-il.

Éric Goudreau affirme que ces activités avec les aînés sont initiées par les comités de jeunes de chacun des parcs-écoles, où se tiennent des camps de jour. Ceux-ci sont invités, dans un esprit de participation citoyenne, à se donner des «missions communautaires» à accomplir dans leur quartier durant l’été.

«Souvent, quand les jeunes observent leur milieu et regardent les besoins, les résidences (pour aînés) ressortent. Et naturellement, ils proposent des idées d’activités», relève le chargé de projets.

Ce dernier affirme par ailleurs que la collaboration est généralement très bonne avec les intervenants des habitations à loyer modique, des centres d’hébergement et de soins de longue durée ou des résidences privées, où des activités intergénérationnelles sont proposées.

La crise de la COVID-19 pourrait toutefois avoir pour effet de freiner cette année cet élan d’échanges entre jeunes et aînés. Mais l’objectif est néanmoins de poursuivre ce projet lorsque cela sera possible, assure Éric Goudreau.

Cette initiative a d’ailleurs permis à la Ville de Granby de s’illustrer l’an dernier au concours de la Semaine québécoise intergénérationnelle, dans la catégorie Activité communautaire, orchestrée par Intergénérations Québec. Quelque 173 projets ont été soumis pour l’une ou l’autre des six catégories du concours.

La résidence pour retraités Villa Saguenay adapte ses activités

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La résidence pour retraités Villa Saguenay adapte ses activités

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien - 6 Solutions
À la résidence pour retraités Villa Saguenay de Chicoutimi, la COVID-19 perturbe le quotidien, mais elle n’empêche pas de trouver des moyens pour divertir les résidents et adoucir leur confinement.

Au fil des jours, les activités ont été adaptées afin de briser l’isolement tout en respectant les règles en matière de distanciation sociale.

Le traditionnel bingo se fait maintenant par interphone. Les concerts qui avaient lieu tous les lundis ont été déplacés à l’extérieur. Les musiciens se déplacent tout autour de la résidence afin que chacun en profite. Les mercredis, c’est au tour d’un kinésiologue d’en faire autant pour proposer des exercices.

Une fois par semaine, une version toute spéciale du «cornet volant» s’arrête devant chaque porte afin de distribuer des gâteries. «La musique est forte et les gens ouvrent leur porte et dansent avec nous. En échange, on leur remet un sandwich à la crème glacée, un sundae ou du chocolat», explique Dominique Gagné, coordinateur en loisirs qui œuvre dans la résidence depuis 27 ans.

Quatre fois par jour, des promenades autour de la résidence sont organisées en tenant compte des règles de distanciation sociale. Pour plusieurs résidents, cette sortie est nécessaire. 

Des promenades supervisées sont aussi organisées quatre fois par jour autour de la résidence.

«C’est une priorité d’aller dehors puisque pour certains, c’est une bouée de sauvetage. Ça se fait dans le respect des gens et des distances», assure Dominique Gagné.

Une évaluation psychologique de tous les résidents a permis d’identifier une soixantaine de personnes plus vulnérables. Elles reçoivent un «appel de bonheur» de la stagiaire qui devait œuvrer entre les murs de la résidence. «Ça lui permet de faire son stage et elle leur offre du soutien psychologique.»

Chaque famille a aussi été contactée afin de choisir le meilleur moyen d’échanger avec les aînés qui bénéficient d’un encadrement pour utiliser une tablette ou un écran.

Léon Beaulieu, un médecin retraité de 91 ans qui est aussi résident de la Villa Saguenay, met lui aussi la main à la pâte pour atténuer les effets de la crise. «Avant, il allait voir les malades. Là, il effectue une ronde téléphonique des 265 résidents chaque semaine.» 

Pas d'âge pour l'université

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Pas d'âge pour l'université

Charles-Antoine Gagnon
Charles-Antoine Gagnon
Le Droit - 6 Solutions
Ils sont des centaines en Outaouais et des milliers au Québec à s’inscrire aux cours, aux ateliers et aux conférences de l’Université du troisième âge (UTA), question de briser l’isolement et d’approfondir leurs connaissances. Et, un aspect non négligeable à considérer, pas de travaux à remettre ni d’examen à subir!

«Nos conférences, nos activités, sont pour le plaisir d’apprendre, pour permettre aux gens d’établir un autre réseau, de rencontrer des gens, et leur permettre de parfaire une connaissance dans un sujet auquel ils ont toujours eu un intérêt», a partagé Richard Grosleau, président du conseil d’administration de l’UTA Outaouais.

L’UTA a une mission éducative et s’adresse aux personnes de 50 ans et plus. Elle offre une programmation variée touchant notamment les arts et la culture, la géopolitique, l’histoire, le patrimoine et les sciences. La formation est offerte dans différents endroits, dont dans des foyers pour personnes âgées afin de favoriser l’accessibilité des cours à leurs résidents.

Malheureusement, les mesures de confinement et de distanciation physique en lien avec la pandémie de la COVID-19 ont aussi eu raison des activités de l’UTA en Outaouais et ailleurs au Québec. Mais les étudiants peuvent déjà anticiper la reprise des activités alors que la programmation de la session d’automne 2020 est déjà planifiée.

L’UTA prépare toutefois un plan B au cas où les mesures de distanciation imposées par les gouvernements se poursuivent encore sur plusieurs mois. Ce plan pourrait prévoir le report des activités, l’annulation de la session ou la présentation de certaines formations en ligne, a indiqué la directrice de l’UTA, Monique Harvey. Tous les scénarios sont possibles, a-t-elle indiqué.

La première Université du troisième en Amérique du Nord fut fondée en 1976 par l’Université de Sherbrooke, peu après la création de la première UTA à Toulouse, en France.

L’UTA avait plus de 12 000 étudiants à travers ses 29 antennes réparties dans 11 régions au Québec l’année dernière. La moyenne d’âge est de 68 ans. L’UTA mise sur la contribution de quelque 600 aînés bénévoles pour l’organisation et la conception des programmes.

Renseignements: www.usherbrooke.ca/uta/