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Des idées pour nos ados
Des idées pour nos ados
Carl Pelletier, animateur à la maison Pointe aux Jeunes à Gatineau, aide les ados sur divers aspects à distance.
Carl Pelletier, animateur à la maison Pointe aux Jeunes à Gatineau, aide les ados sur divers aspects à distance.

Maisons de jeunes 2.0

Daniel Leblanc
Le Droit - 6 Solutions
«Ici, c’est un milieu de vie. Vous n’abandonneriez pas vos enfants? Pour nous, les conseils d’administration et les animateurs, c’était une évidence qu’on se devait de maintenir le lien qui nous unit avec les jeunes. Avec la séparation physique, le défi était qu’ils puissent conserver ce lien significatif avec des adultes. Ce lien-là, c’est la plus-value des maisons de jeunes».

En Outaouais, confinement et distanciation ne signifient pas que les maisons de jeunes ont oublié les adolescents dans les 10 dernières semaines, bien au contraire, clame Anne Boutin, directrice générale depuis 33 ans de la maison La Pointe aux Jeunes, à Gatineau.

Les sept maisons de jeunes membres du Regroupement des Maisons de Jeunes du Québec (RMJQ) dans la région ont instauré des rencontres en format 2.0.

On s’est tourné vers diverses plateformes de réunion virtuelle comme Zoom ou Discord pour les discussions, mais après plusieurs essais, les groupes privés Facebook ont été privilégiés.

«On a aidé nos jeunes sur divers plans, que ce soit pour de la nourriture, la rédaction de curriculum vitae ou encore des ressources pédagogiques, par exemple. On les a aussi appuyés dans certains cas dans des familles où la situation était un peu plus critique ou encore pour des interventions au niveau de la dynamique entre amis, pour des disputes. [...] Ce qui est important pour les jeunes, c’est l’interaction. C’est l’âge où ils établissement leur propre réseau de communications et c’est ce qu’ils perdent actuellement. On ne sent pas d’ennui, mais ils s’ennuient de leurs amis. Il y a une nuance à faire selon moi. Les ados sont des êtres grégaires», dit-elle.

Mme Boutin, qui compare l’avenir à «une croisière sans destination, croit-elle que les ados sont les oubliés de cette crise, comme plusieurs le prétendent?

«Ç’a toujours été très difficile de faire valoir l’importance du travail réalisé par les maisons de jeunes. Et la période de l’adolescence en est une ingrate, lors de laquelle on se fait des dents, on expérimente et vit des moments difficiles. C’est une clientèle entre l’innocence de l’enfance et les responsabilités de l’âge adulte, alors c’est facile de passer dans l’angle mort. Sauf que les ados sont résilients», lance-t-elle. Daniel Leblanc