Simon Bédard, 16 ans, entouré de ses parents, Marc Bédard et Mélanie Grignon. Le jeune homme se remet aujourd’hui de la leucémie qu’il a combattue pendant plus de deux ans.

Simon reprend goût à la vie après avoir combattu le cancer

Simon Bédard a déjà voulu tirer la plug, fatigué de lutter contre un cancer qui ne lui laissait plus aucun répit. Mais grâce à sa force incroyable, il a réussi à reprendre le dessus et à mordre à nouveau dans la vie après que la sienne, et celle de sa famille, aient été mises entre parenthèses pendant plus de deux ans.

« Ce que j’ai trouvé le plus dur de la chimiothérapie, indique le jeune homme de 16 ans, ça a été de voir ma famille triste et d’être coupé du reste du monde pendant que j’étais à Sainte-Justine. »

Le mal qui a rongé Simon se nomme la leucémie lymphoblastique aiguë à haut risque . « Il a eu droit à une chimio particulière », précise Mélanie Grignon, sa mère, car certains de ses gênes résistaient à un traitement plus commun.

Simon a arrêté l’école et la planche à neige, son sport préféré. Il vit à Cowansville depuis trois ans, mais il n’est retourné à l’école que depuis quelques mois, à son plus grand plaisir. « Je me sens bien, dit-il. J’ai pu reprendre l’école à plein temps et j’ai commencé à avoir de vrais amis ». Simon étudie en 4e secondaire à l’école Massey-Vanier de Cowansville. Il vivait auparavant dans les Laurentides avec sa famille.

Manoir Ronald McDonald

Simon a séjourné 91 nuits au Manoir Ronald McDonald de Montréal afin de pouvoir recevoir ses traitements et procéder aux suivis médicaux.

« Le Manoir a été un espace vraiment rassembleur pour nous, reconnaît sa mère. C’est extrêmement libérateur de discuter avec des familles qui vivent, comme nous, dans la maladie, car quand on sort de l’hôpital, dans la vie normale, on ne trouve pas d’écho à notre douleur. »

Le fait de pouvoir séjourner à deux pas de l’hôpital pour la modique somme de 10 $ par nuit leur a également été d’un grand soulagement.

« Le Manoir était comme notre deuxième maison, explique Mme Grignon. Le premier mois, Simon a été hospitalisé pendant 34 jours d’affilée ; c’était bien de pouvoir rester à proximité. »

L’ado avait choisi Sainte-Justine pour pouvoir être à mi-chemin entre son père — Marc, résidant à Mont-Tremblant — et sa mère, à Cowansville. Ses parents se partageaient les visites à tour de rôle.

L’équipe du Manoir, dont les valeureux bénévoles, leur a permis d’alléger leur quotidien. « Arriver au Manoir et avoir un souper déjà prêt, c’était la joie », souligne la maman. La famille a aussi reçu des cadeaux, parmi lesquels se trouvaient des billets pour aller voir un match des Canadiens au Centre Bell, rappelle- t-elle, reconnaissante.

Au Canada, 15 Manoirs Ronald McDonald et 16 Salles familiales du Canada offrent un gîte chaleureux aux familles dont l’enfant est traité dans un hôpital avoisinant. Au total, en prenant en compte la Clinique mobile Ronald McDonald, c’est plus de 25 000 familles qui sont ainsi soutenues chaque année.

« Nous avons aussi eu du soutien financier de la Fondation des Gouverneurs de l’espoir pour l’épicerie et le loyer, ce qui m’a permis de rester près de Simon et d’arrêter de travailler », indique Mme Grignon, éducatrice en garderie.

Thérapie familiale

Paradoxalement, la maladie de Simon n’a pas eu que des effets négatifs. Elle a notamment permis de resserrer les liens de sa famille recomposée.

« Oui, il est guéri du cancer, mais il y a aussi eu beaucoup de guérison dans les cœurs, souligne sa mère. On s’est réunis autour de lui. Ça a remis les valeurs à la bonne place. Maintenant, on est huit à passer Noël ensemble [NDLR : en comptant notamment Charles et Myriam-Fée, le grand frère et la petite sœur de Simon]. »

Si le jeune homme est heureux de rattraper le temps perdu, son histoire aurait pu prendre fin à l’hiver 2017. Il avait alors décidé d’arrêter de manger, baissant les armes. « J’suis plus capable, j’ai trop mal, disait-il, se rappelle sa mère. Il voulait partir de l’hôpital pour mourir à la maison. » Mme Grignon lui avait alors dit que pour pouvoir sortir, il devait recommencer à s’alimenter. « En mangeant de nouveau, il a retrouvé la force de reprendre la lutte contre la maladie. »

Aujourd’hui, il ne prend aucun médicament, sauf les suppléments de médecine naturelle prescrits par son naturopathe. Et il continue à combattre la maladie, d’une autre façon. Vendredi, il se trouvait à Sainte-Justine pour participer à l’étude « Projet de vie », dont l’objectif est de mieux accompagner les enfants suivant des traitements de chimiothérapie, par exemple, au niveau de l’alimentation.

En regardant par-dessus son épaule, garde-t-il un souvenir douloureux de sa longue traversée ? « Si c’était à refaire, je referais la même chose », a-t-il déjà assuré à sa mère.

GRAND MCDON AU PROFIT DE LEUCAN ESTRIE

Leucan Estrie et les restaurants McDonald’s de Granby et Bromont se sont associés en vue du Grand McDonMD du 8 mai prochain. Les dons amassés à cette occasion seront remis à l’organisme de soutien aux enfants atteints de cancer.

Pour chaque Big Mac®, Joyeux festinMD ou boisson chaude McCaféMD achetés, 1 $ sera versé à Leucan Estrie.

Geneviève Bédard, propriétaire des Restaurants Genoa Inc. et franchisée McDonald’s, a été touchée par la cause. Ainsi, elle a accepté de verser l’argent amassé dans ses trois succursales de Granby et dans sa succursale de Bromont à l’organisme. 

« J’ai décidé de soutenir Leucan Estrie parce que je sais, par expérience, qu’un cancer, ça ne se combat pas tout seul. Ça prend tout un village pour venir en aide à une famille qui combat le cancer. Je me dois d’aider comme on m’a déjà aidée » a-t-elle tenu à souligner dans un communiqué.

Les sommes ainsi amassées lors de cette journée viendront directement en aide aux familles de l’Estrie touchées par le cancer pédiatrique. 

« L’argent recueilli à l’occasion du Grand McDon nous permettra d’aider concrètement les familles de la région grâce à un fond de dépannage qui vient en aide aux familles d’ici qui en auront besoin » affirme Marie-Pier Lemay, directrice régionale pour le bureau de Leucan Estrie.