Condamné à six ans et 10 mois de prison pour avoir étranglé sa conjointe dans leur appartement de Roxton Pond en 2011, Simon Charbonneau terminera sa peine derrière les barreaux.

Simon Charbonneau retourne en prison

Condamné à plus de six ans de prison pour avoir étranglé à mort sa conjointe, Simon Charbonneau terminera sa sentence derrière les barreaux. Pendant les trois mois passés en société dans le cadre d’une libération d’office, il a non seulement enfreint des conditions spéciales qui lui avaient été imposées, mais il s’est même retrouvé en liberté illégale. À son retour en prison, il y a également introduit de la drogue.

« Vous avez, de toute évidence, brisé le lien de confiance nécessaire dans un processus de surveillance », écrit la Commission des libérations conditionnelles du Canada, qui a étudié la demande de révocation de sa libération d’office.

Charbonneau, 36 ans, est incarcéré après avoir plaidé coupable à une accusation réduite pour l’homicide involontaire de Marie-Élyse Tremblay. Pendant une chicane dans leur appartement de Roxton Pond en février 2011, il l’a étranglée. Au moment du crime, il était intoxiqué et sous conditions dans un dossier de violence conjugale à l’endroit de la victime.

À l’été 2018, il a obtenu sa libération d’office, ce qui était systématique après qu’il ait purgé les deux tiers de sa peine. Malgré l’imposition de conditions et un encadrement restrictif, il a enfreint au moins quatre conditions spéciales imposées par la Commission pendant son séjour en collectivité.

À une occasion, Charbonneau s’est absenté du centre résidentiel communautaire où il restait pour faire des commissions, mais il a omis de signaler ses déplacements et il était injoignable. Puisqu’il se trouvait alors en liberté illégale, un mandat de suspension a été lancé le lendemain. Quatre jours après s’être évanoui dans la nature, Charbonneau s’est présenté au centre en affirmant qu’il subissait les effets du sevrage du Suboxone pour traiter sa toxicomanie.

Charbonneau a raconté avoir passé les derniers jours chez une femme — sans l’accord de ses surveillants de libération — avec qui il a consommé de l’alcool et a eu des relations sexuelles. Il a expliqué que sa dépendance affective et son abstinence de sexe depuis plusieurs années auraient dicté sa prise de décision.

« La Commission constate que vous n’avez pas été en mesure d’appliquer les notions acquises en cours de détention, que vous avez agi impulsivement et dans le but de satisfaire vos besoins sexuels », peut-on lire dans la décision. À son retour au pénitencier, une fouille de sa cellule a permis de retrouver près de neuf grammes de cannabis qu’il comptait vendre pour se faire de l’argent et des amis, a-t-il expliqué.

Son équipe de gestion de cas a constaté que ses réflexes délinquants sont toujours bien présents et qu’il tend à utiliser la criminalité pour répondre à ses besoins lorsqu’il fait face à une situation contraignante.

La fiche criminelle de Charbonneau s’est ouverte alors qu’il était âgé de 19 ans. Elle contient plusieurs condamnations pour des crimes divers, tels que possession de stupéfiants, vols, menaces, complot et entrave. Il a aussi éprouvé des difficultés à respecter ses obligations légales, notamment un interdit de contacts avec une personne.

Pendant son incarcération, il a adopté des comportements problématiques, notamment la consommation de substances intoxicantes. Il a aussi commis des gestes à connotation violente envers des codétenus et a séjourné en isolement à plusieurs reprises. Près de 30 rapports d’infraction figurent à son dossier. À l’automne 2016, il a assené une dizaine de coups de poing à la tête d’un codétenu, ce qui lui a valu un transfert dans un établissement à sécurité maximale.

Son équipe de gestion de cas est d’avis que le risque que Simon Charbonneau présente ne peut plus être géré adéquatement en communauté et recommande sa révocation, une demande accordée par la Commission. Le trentenaire passera donc le reste de sentence, qui prendra fin le 9 novembre 2020, derrière les barreaux.