Simon Charbonneau avait écopé d’une peine d’emprisonnement à purger dans un établissement fédéral à la suite de l’homicide involontaire de sa conjointe à Roxton Pond, en 2011.
Simon Charbonneau avait écopé d’une peine d’emprisonnement à purger dans un établissement fédéral à la suite de l’homicide involontaire de sa conjointe à Roxton Pond, en 2011.

Simon Charbonneau, qui avait étranglé à mort sa conjointe, bientôt libéré sous conditions

Karine Blanchard
Karine Blanchard
La Voix de l'Est
Condamné à près de sept ans de prison pour avoir étranglé à mort sa conjointe, Simon Charbonneau obtiendra bientôt sa libération, mais pas à n’importe quel prix. Une série de conditions spéciales lui a été imposée par la Commission des libérations conditionnelles du Canada.

Le trentenaire a une longue feuille de route criminelle qui a débuté dès l’adolescence. Ses intervenants constatent qu’il présente une criminalité précoce et polymorphe qui s’est aggravée avec les années. Fraude, voies de fait, possession de stupéfiants, intimidation et menaces sont quelques-uns des crimes qu’il a commis au fil des ans.

Aucune accalmie de sa criminalité n’a été observée jusqu’à ce que Charbonneau écope d’une peine d’emprisonnement à purger dans un établissement fédéral à la suite de l’homicide involontaire de sa conjointe à Roxton Pond, en 2011. À la suite d’une dispute, il l’a étranglée à mort. À ce moment-là, il était déjà sous condition dans un dossier de violence conjugale envers elle.

Sa sentence a été majorée de quatre mois, en août dernier, à la suite de délits commis alors qu’il était en libération d’office. Il s’est notamment retrouvé en liberté illégale pendant 66 jours. Il a aussi commis une fraude d’identité, une entrave aux fonctions d’un agent de la paix et possédé des stupéfiants.

Simon Charbonneau devra respecter une série de conditions lorsqu’il obtiendra sa libération, en janvier 2021, dont celle d’être assigné à résidence.

Un parcours peu reluisant

Son parcours derrière les barreaux depuis sa condamnation pour homicide involontaire n’est pas reluisant. À une quinzaine d’occasions, il s’est retrouvé en isolement. On note aussi plus de 30 rapports d’infraction à son dossier.

Son niveau de sécurité a aussi été haussé à celui d’élevé en 2016 à la suite de son implication dans une bagarre avec un codétenu pendant laquelle il l’a frappé à de nombreuses reprises à la tête.

Aux prises avec des problèmes de gestion de la violence et de l’impulsivité, il consomme aussi des stupéfiants alors qu’il fait l’objet d’une interdiction à cet effet.

La Commission a révoqué au début du mois d’octobre sa libération d’office puisqu’elle est convaincue qu’une récidive de sa part, avant l’expiration de sa peine, présente un risque inacceptable pour la société, peut-on lire dans la décision. Or, les dispositions de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition font en sorte qu’il sera à nouveau remis en liberté sous surveillance, en janvier 2021, et le sera jusqu’à la fin de sa sentence.

Simon Charbonneau sera alors assigné à résidence, c’est-à-dire qu’il vivra dans une maison de transition jusqu’à la fin de sa sentence «puisque les facteurs contributifs à votre criminalité présentent toujours un besoin élevé d’intervention et d’amélioration», note-t-on dans la décision.

Éviter des contacts avec certaines personnes, ne pas consommer de drogues ni d’alcool, éviter les débits de boissons, éviter de contacter les victimes et déclarer tout relation ou fréquentation avec les femmes figurent parmi la liste des conditions qui lui sont imposées.

Qui plus est, tous les privilèges de sortie lui sont refusés, ce qui l’obligera à revenir tous les soirs à son lieu de résidence.