L’installation de multiples rampes dans l’escalier menant au perron de l’église Notre-Dame vient sceller le sort des Shows du parvis.

Shows du parvis: Granby «tire la plogue»

La Ville de Granby « tire la plogue » sur les Shows du parvis. Non seulement a-t-elle retiré sa participation financière dans l’organisation de l’événement, mais elle vient en quelque sorte de condamner l’accès au site avec l’installation de multiples rampes dans l’escalier menant au perron de l’église Notre-Dame, au grand dam de Jean Bruneau.

« Je suis extrêmement déçu, a admis l’instigateur de cette série de spectacles extérieurs gratuits. Chaque année depuis sept ans, je leur déposais un bilan positif. Quand j’ai su en décembre que je n’aurais pas d’argent pour 2018, je croyais pouvoir me débrouiller autrement, mais encore sur le parvis. Je leur avais même proposé des aménagements pour leurs rénovations. Mais là... Ils ne les ont visiblement pas retenus. »

Le maire, Pascal Bonin, explique que la décision d’installer ces rampes s’est prise pour une question de faciliter l’accès à l’église et de respecter les normes du Code du bâtiment. « De toute façon, ce n’est pas son escalier. Étions-nous pour ne pas mettre de rampes parce que lui veut faire deux trois shows une fois par année ? », ajoute-t-il.

Un choix à faire
La Ville a pris la décision de ne pas renouveler sa subvention aux Shows du parvis à l’automne dernier. Pour trois raisons principales, fait valoir le maire Bonin. « Tout d’abord, parce qu’il n’y a plus de parvis, ce qui est une maudite bonne raison en soi. Ensuite, parce que l’assistance de l’an passé a été catastrophique [NDLR : compte tenu du chantier de l’église Notre-Dame, l’événement s’était tenu dans la cour du Loft Imperial et 1000 personnes au total s’étaient déplacées lors des trois soirs]. Puis parce que l’offre de shows extérieurs gratuits à Granby est immense, que tout ça coûte de plus en plus cher à produire, et qu’à un moment donné, il faut faire des choix. On a préféré concentrer nos subventions sur ce qu’on considère comme des musts : les À-Côtés du Palace, les concerts classiques dans le parc Victoria, Granby en fête, et le #partudu7. »

D’ailleurs, ce dernier événement bénéficie de 12 000 $ de plus cette année, soit l’équivalent de l’enveloppe initialement prévue pour les Shows du parvis. Rappelons également que le Festival de la chanson, qui célèbre cette année ses 50 ans d’existence, s’est vu accorder une somme de 50 000 $ supplémentaire. « Donc, c’est pas qu’on coupe dans la culture, on donne plus que jamais, mais on fait des choix différents », fait remarquer Pascal Bonin.

« Jean [Bruneau] a fait une super belle job pendant sept ans, on le remercie beaucoup, mais là, il faudrait qu’il passe à autre chose », dit-il encore.

Pour sa part, Jean Bruneau n’est pas encore tout à fait prêt à tourner la page. Il est en réflexion à savoir s’il tentera de produire son événement de façon indépendante — comme c’était d’ailleurs le cas aux tout débuts, alors qu’il portait le nom de Jeudis Shows sur le perron.