Ginette Boyer et Claude Nadeau ont réussi à capturer le chat qui squattait le parc des Montagnards au cours des derniers mois.

Shefford: sauvetage réussi du « chat de la montagne »

Ce ne sont pas les habituels représentants de la faune qui ont volé la vedette au cours des derniers mois au parc des Montagnards à Shefford. Mais un petit chat errant affamé qui a récemment fait l’objet d’un sauvetage, une opération souhaitée par plusieurs randonneurs.

Sa capture était attendue par les habitués du parc qui ont pu le croiser au sommet ou dans les sentiers au cours des dernières semaines. Le chat de la montagne, tel qu’il a été surnommé par la communauté de marcheurs, était en fait aperçu de façon sporadique depuis le mois d’août. Certains n’hésitaient pas à le nourrir, car il était affamé, mais il demeurait farouche.

Au début du mois d’octobre, le message a été transmis aux randonneurs de ne plus rien offrir au chat « squatteur » afin qu’il se laisse attirer par les appâts d’un patrouilleur du parc. L’objectif visé : le capturer avant les grands froids afin de le confier aux bénévoles responsables de la fondation les Chatmoureux.

Les efforts déployés n’ont pas donné les résultats escomptés, jusqu’à ce que Ginette Boyer et son conjoint Claude Nadeau se mettent en tête de venir en aide au petit félin apeuré et qui mourait visiblement de faim. Ils l’ont aperçu au sommet il y a environ deux semaines.

« On était en train de dîner au sommet. Il y avait pas mal de monde. Le chat est apparu. Il était tellement affamé. C’était triste à voir », lance Mme Boyer.

Celle-ci affirme que c’est « le coeur à l’envers » que le couple a pris le chemin du retour. « Disons que ça enlève pas mal de légèreté à la randonnée », laisse-t-elle tomber.

Le chat de la montagne a attiré l’attention des randonneurs du parc des Montagnards à Shefford au cours des dernières semaines.

Magie des sardines

Cet épisode a toutefois incité Ginette Boyer et Claude Nadeau à retourner au sommet dans les jours suivants, mais cette fois-ci équipés d’une cage et... de sardines. « C’était plus difficile qu’on pensait monter la cage, mais on l’a fait trois fois », explique celle qui se passionne également pour l’ornithologie.

Chaque fois, le couple installait la cage et attendait quelques heures que le chat de la montagne se présente. Le duo ne souhaitait pas laisser la cage sur place pour éviter que d’autres animaux s’y laissent prendre.


« On s’est rendu compte que plusieurs personnes étaient préoccupées par le sort du chat. »
Ginette Boyer

Une fois, Ginette Boyer et Claude Nadeau ont même appris par d’autres randonneurs que le minet s’est pointé au sommet peu de temps après leur départ.

Ils y sont retournés mardi dernier avec la même détermination. Toujours avec la cage et les sardines. Ils ont patienté trois heures au sommet, mais le chat ne s’est pas pointé le bout du museau. La chance leur a souri sur le chemin du retour. Ils l’ont aperçu dans un sentier.

Ils ont aussitôt déposé la cage au sol, rebroussé chemin et patienté une vingtaine de minutes. « Et la magie des sardines a opéré », s’amuse Ginette Boyer. Le chat attiré par le festin est demeuré prisonnier de la cage et ses sauveteurs se sont réjouis de leur patience.

Au retour, le couple a glissé la poignée de la cage sur une longue pôle, ce qui leur a permis de la transporter plus facilement jusqu’au stationnement et avec plus de stabilité. Une photo du petit félin et de ses « porteurs » a été partagée sur les réseaux sociaux. Le chat a depuis été surnommé Cléopâtre par les gestionnaires de la page Facebook du parc des Montagnards.

Ginette Boyer et Claude Nadeau

Calme

La fondation Les Chatmoureux a récupéré le minet le lendemain chez le couple. Ginette Boyer affirme que le chat a passé la nuit dans la cage, d’assez grande dimension, et il est demeuré calme.

Sylvie Camden des Chatmoureux précise que le chat de la montagne est en isolation pour une période de 10 jours. Il sera examiné par un vétérinaire, qui s’assurera qu’il n’est pas porteur de maladies contagieuses. Il devrait par la suite être offert en adoption. Il demeure craintif, selon Mme Camden, mais il accepte désormais de se laisser flatter, « ce qui est beaucoup de changement pour lui ».

L’histoire du sauvetage a depuis été relayée par plusieurs personnes sur les réseaux sociaux. « On a reçu plusieurs remerciements. On s’est rendu compte que plusieurs personnes étaient préoccupées par le sort du chat », affirme Ginette Boyer.