Shefford vient d’obtenir sa certification carboneutre, émise par LCL Environnement. On voit ici le maire Éric Chagnon entouré de Samuel Trépanier et Luc Baillargeon-Nadeau, respectivement président et chargé de projet pour l’entreprise.
Shefford vient d’obtenir sa certification carboneutre, émise par LCL Environnement. On voit ici le maire Éric Chagnon entouré de Samuel Trépanier et Luc Baillargeon-Nadeau, respectivement président et chargé de projet pour l’entreprise.

Shefford devient la première municipalité carboneutre au Québec

Alors que bien des municipalités et MRC sont engagées dans un sprint vers la carboneutralité, Shefford vient de franchir la ligne d’arrivée. Elle devient ainsi la première à travers la province à obtenir cette certification selon la firme émettrice, LCL Environnement.

« C’est un grand jour pour Shefford », a lancé jeudi en point de presse le président de LCL Environnement, Samuel Trépanier. 

« L’objectif n’est pas de faire la leçon aux autres municipalités, a fait valoir le maire Éric Chagnon. Par contre, si on peut inciter d’autres villes à faire comme nous, une partie de notre but sera atteint pour aider la planète. »

En fait, la municipalité a indiqué en décembre dernier qu’elle souhaitait devenir carboneutre d’ici 2022. Le projet a toutefois progressé plus rapidement que prévu, faisant en sorte que la localité a pu compenser sa production de gaz à effet de serre (GES) en ajoutant 1221 arbres dans le nord du Saguenay, qui seront protégés au cours du prochain centenaire.

La firme de génie-conseil LCL Environnement, établie à Granby, a lancé sa certification carboneutre il y a un an. Jusqu’ici, 30 entreprises, événements et organismes ont adhéré au programme, permettant de compenser environ un million de kg de GES cette année par la plantation de près de 8000 arbres. Un franc succès selon Samuel Trépanier. 

« Les gaz à effet de serre, c’est pas mal l’enjeu de notre génération. On voulait faire partie du futur en mettant sur pied une certification qui permettrait aux clients d’avoir un processus relativement simple. On a donc mis sur pied un projet concret contre les changements climatiques. »

Empreinte

Le géologue spécialisé en environnement Luc Baillargeon-Nadeau a épaulé Shefford dès le début dans sa démarche. D’abord en dressant le bilan des GES, soit en comptabilisant les émissions directes de CO2 pendant un an. L’empreinte énergétique des bâtiments et des véhicules a notamment été recensée. L’utilisation des véhicules du service des travaux publics, des premiers répondants et des inspecteurs municipaux représente à elle seule 47 % de la production de GES de la localité, qui regroupe environ 7300 habitants. Les véhicules lourds, entre autres ceux du service des incendies, contribuent à 33 % de l’empreinte carbone.

Un rapport détaillé a ensuite été remis à la municipalité. Pour l’étape de la compensation des émissions excédentaires qui a suivi, LCL Environnement a sollicité Carbone Boréal, un organisme certifié en la matière (ISO-14 064) avec qui elle est partenaire. 

« On a beaucoup de rigueur dans notre façon de faire pour nous démarquer. [...] L’objectif de la certification n’est pas de planter des arbres, a souligné M. Trépanier. C’est avant tout de réduire les émissions de GES à la source. »

Sensibilisation

Outre la plantation d’arbres pour compenser ses émissions de CO2, Shefford est passée à l’action en sensibilisant ses employés et conseillers municipaux à conduire leur véhicule de façon « écoresponsable ». Une vingtaine de personnes ont participé mercredi à la formation donnée par M. Baillargeon-Nadeau. Les gens ont appris des trucs pour bien utiliser l’énergie dans leurs déplacements en voiture, soit de consommer moins de carburant au quotidien. Parmi les astuces pour y parvenir, notons le fait de doser les accélérations, de garder ses distances avec le véhicule qui précède et d’anticiper la circulation, a énuméré le représentant de LCL Environnement. 

Selon le maire de Shefford, une telle activité pourrait être offerte sous peu à la population. D’autres gestes sont également envisagés pour tendre vers la carboneutralité. Entre autres en optant pour des véhicules électriques lors du renouvellement graduel de la flotte de la municipalité. La construction de bâtiments « écoénergétiques », notamment pour le futur centre communautaire, est aussi dans les cartons.