« Ce sera une vitrine exceptionnelle pour nous et ça aura un impact majeur sur la région », dit le président de Val-des-Cerfs, Paul Sarrazin (deuxième sur la photo), qui a assisté à l’annonce en compagnie de l’ancien maire de Shefford André Pontbriand, de l’actuel maire Éric Chagnon, de la responsable des communications de la commission scolaire Isabelle Charest et du directeur général Éric Racine.

Shefford aura son Lab-École

La nouvelle école primaire qui verra le jour à Shefford d’ici 2021 sera un Lab-École, a annoncé le gouvernement du Québec, mardi.

« On fait des jaloux, c’est sûr ! », a lancé en entrevue le président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs. Paul Sarrazin se réjouit que la future (et première) école à Shefford ait été sélectionnée parmi les 42 projets reçus. Les six autres « écoles de demain » verront le jour à Montréal, Québec, Gatineau, Maskinongé, Rimouski et Saguenay.

La plupart seront des rénovations ou des agrandissements ; seules Montréal, Rimouski et Shefford accueilleront de nouvelles constructions. La facture totale dépasse 50 M$. Le Lab-École de Shefford, qui sera érigé à l’angle du chemin Saxby Sud et de la rue Paquette, représente quant à lui un investissement de 13,2 M$.

M. Sarrazin a assisté à l’annonce officielle faite par le premier ministre Philippe Couillard, en matinée, dans une école de Québec. Il était accompagné du directeur général de la commission scolaire Éric Racine, de la responsable des communications Isabelle Charest, de l’ex-maire de Shefford André Pontbriand et de l’actuel maire Éric Chagnon.

« Ce sera une vitrine exceptionnelle pour nous et ça aura un impact majeur sur la région », dit le président de Val-des-Cerfs. Il estime que la pétition lancée en avril a joué un rôle dans cette annonce, tout comme le travail des élus, de la commission scolaire et des citoyens impliqués. « C’est le cumul de toutes ces actions, et on était bien positionnés. »

Les plans du futur Lab-École de Shefford ne sont pas terminés et la commission scolaire participera à leur élaboration, dit M. Sarrazin. La construction doit prendre de 18 à 24 mois, ce qui signifie que le bâtiment pourrait voir le jour avant 2021. « Il y a une volonté du Ministère pour que les projets cheminent. »

Recommandations

L’aménagement des Lab-Écoles suivra les recommandations de l’architecte Pierre Thibault, du cuisinier Ricardo Larrivée et du sportif Pierre Lavoie visant à rendre le milieu d’enseignement plus convivial avec une préoccupation pour l’activité physique et l’alimentation.

Le directeur général de Val-des-Cerfs, Éric Racine, envisage un grand atrium avec de la végétation, une serre rattachée à l’école dont les produits seraient servis à la cafétéria, une bibliothèque entièrement vitrée, de la récupération d’eau de pluie ainsi qu’une ventilation et un système de chauffage avant-gardistes. 

La demande de la commission scolaire était pour une école de 14 classes (deux pour chaque niveau), mais le bâtiment pourrait être plus grand « avec des classes plus spacieuses et de nouvelles approches pédagogiques », dit M. Racine. 

Comme leur nom le dit, les Lab-Écoles sont avant tout des laboratoires qui permettront d’expérimenter de nouvelles constructions scolaires. « On devient un chef de file dans les constructions à venir et on règle une partie de la surpopulation [d’élèves] à l’est de Granby », dit le DG.

Shefford réclamait une école primaire depuis cinq ans et Val-des-Cerfs avait déposé sa demande de Lab-École en février. « Aujourd’hui, nous annonçons des projets qui permettront de faire de nos écoles de véritables milieux de vie modernes, stimulants, qui donneront le goût d’apprendre », a déclaré le premier ministre Philippe Couillard, mardi.

«Ç’A ÉTÉ UN BEAU MOMENT»

En recevant l’invitation du gouvernement à se rendre à Québec mardi matin, l’ancien maire et le maire actuel de Shefford se doutaient bien que ce long trajet en vaudrait la peine. Ils ne s’étaient pas trompés. 

« On a eu l’invitation pour le point de presse lundi, alors on a fait 1+1... On commençait à avoir des fourmis dans les jambes. Mais la surprise était quand même là, car on ne tenait rien pour acquis, a raconté le maire Éric Chagnon à son retour de la capitale nationale en après-midi. Quand on l’a appris, on s’est tous regardé, puis on s’est serré la main avec de grands sourires. Ç’a été un beau moment. »

D’autant plus, rappelle-t-il, que pour l’ensemble du Québec, seulement trois des sept projets retenus visaient de nouvelles constructions comme à Shefford.

« Il y a eu un beau travail de fait par tout le monde. C’est la mobilisation de la région qui a fait en sorte qu’on puisse avoir le projet », a-t-il fait remarquer, en accordant une partie du crédit à l’ex-maire André Pontbriand, qui a quitté la politique municipale en novembre 2017. « Je rends à César ce qui appartient à César. »

Du temps qu’il pilotait la municipalité, M. Pontbriand avait en effet l’espoir qu’un jour, Shefford accueillerait une école primaire. Cette annonce lui a fait chaud au cœur. « J’étais vraiment choyé d’être invité ce matin. Les frissons m’ont passé sur le dos en apprenant ça ! Je suis vraiment content pour la population, et surtout pour les enfants qui auront une école plus proche. Qui sait, ça pourrait même servir pour des camps d’été. »

Le fait qu’il s’agisse d’un Lab-École ajoute à son bonheur. « C’est quelque chose d’unique. Ça ouvre beaucoup de possibilités d’apprentissage. J’espère que la population embarquera dans ce beau projet. »

Pour celui qui célébrera ses 80 ans samedi, il s’agit là d’un véritable cadeau d’anniversaire. « Et j’espère être encore là pour assister à l’inauguration ! »

Aux anges

Engagé avec passion dans le projet, le Sheffordois Benoit Léveillé était aussi aux anges. « On est-tu assez contents ! », a-t-il lancé à La Voix de l’Est au sujet de l’annonce. « Les planètes étaient alignées. »

Dans les jours précédant la date limite pour faire campagne en faveur de Shefford dans le dossier, M. Léveillé et une dizaine de citoyens avaient lancé une pétition parmi la population. En moins de dix jours, 1485 signatures avaient été recueillies et envoyées prestement à Québec. 

« J’ai mis beaucoup d’énergie là-dedans. Quand tu investis du temps et des efforts, et que tu as un résultat en fin de compte, c’est super », a affirmé l’enseignant, en rappelant que ce dénouement était d’abord « l’histoire de toute une communauté ». 

Ce dernier s’est dit convaincu que la pétition a fait une différence. « Il y avait beaucoup de demandes pour un Lab-École, mais on s’est retrouvé à la fin sur une liste restreinte. Pour l’obtenir, ça prenait l’appui de la communauté ; il fallait que le projet soit rassembleur. On devait donc poser un geste fort pour démontrer l’intérêt des gens. Aujourd’hui, tout le monde est récompensé. »