« Beaucoup de gens m'ont contacté pour me dire qu'ils avaient vécu une chose semblable, dit la victime, Benoît Vézina. Ça sensibilise les gens. C'est ça le côté positif de l'histoire. »

Sexagénaire battu: les accusés n'en sont pas à leurs premières frasques

Par le biais de leurs avocats, trois jeunes hommes ont comparu devant la justice, jeudi, sous des accusations d'avoir passé un sexagénaire à tabac après l'avoir pris en chasse sur la route 241 dans le secteur de Bromont, le 10 décembre dernier.
Et malgré leur jeune âge, Raphaël Marceau, 20 ans, de Dunham, Mathieu Laporte, 18 ans, de Cowansville, et Yan Thibeault, 18 ans, de Frelighsburg, n'en sont pas à leur première arrestation.
M. Marceau fait déjà face à une accusation d'obtention frauduleuse d'aliments ou de logement, M. Laporte à celle de voies de fait causant des lésions et M. Thibeault à celle d'introduction par effraction. Toutes des infractions récentes pour lesquelles ils ont chacun plaidé non coupable.
Dans le dossier apparenté à de la rage au volant, ils devront cette fois-ci répondre d'accusations de voies de fait causant des lésions, et de complicité. Absents du palais de justice de Granby hier, ils reviendront devant la cour à une date ultérieure.
Dans la salle des pas perdus, la victime, Benoît Vézina, affichait un bon moral malgré les circonstances. « Je trouve surtout ça dur de ne pas skier », a dit le résidant de Sutton, qui se déplace en béquilles à cause de sa jambe cassée durant la nuit fatidique. « Je recommence à peine à marcher dessus. »
Harcelé
En début de nuit, après avoir été coupé à une intersection, M. Vézina, qui travaille dans la construction, a été pris en chasse et harcelé à voiture alors qu'il revenait d'un souper à Montréal. On l'a ébloui avec les « hautes », dépassé par la droite pour ralentir devant lui, etc. Des objets ont aussi été lancés sur son camion.
Il s'est arrêté en bordure de la route pour regarder les dégâts ; l'autre voiture s'est aussi immobilisée et trois jeunes hommes en sont sortis et se sont mis à l'insulter, le pousser et le frapper.
Aux dires de M. Vézina, une fois la blessure administrée ils l'ont aussi sommé de leur donner son argent, ce qu'il a refusé. Avant qu'ils partent, il a pris soin, malgré la douleur, de mémoriser leur plaque d'immatriculation.
Il reconnaît aujourd'hui qu'il n'aurait jamais dû arrêter son camion, mais il se réjouit d'avoir porté plainte à la police et de savoir qu'ils ont finalement été accusés.
« Beaucoup de gens m'ont contacté pour me dire qu'ils avaient vécu une chose semblable, dit M. Vézina. Ça sensibilise les gens. C'est ça le côté positif de l'histoire. »