Caroline Laramée et Elsa Labrie, copropriétaires de Nala & Ciboulette.
Caroline Laramée et Elsa Labrie, copropriétaires de Nala & Ciboulette.

Services spécialisés: des entreprises peinent à se faire rembourser

Alors que des parents d’enfants à besoins particuliers ont de la difficulté à obtenir du répit, des entreprises qui offrent ces services dans la région de Granby peinent à se faire rembourser par le CIUSSS dans des délais raisonnables. Une situation qui perdure depuis des mois, a appris La Voix de l’Est.

Caroline Laramée a lancé en 2016 son entreprise Nala & Ciboulette avec sa collègue Elsa Labrie. Les copropriétaires font principalement affaire avec le CLSC de Granby pour le suivi des services aux parents d’enfants à besoins particuliers, notamment du répit et des camps de jour. Les remboursements de factures par le CIUSSS de l’Estrie allaient rondement durant la première année d’opération. Les choses se sont envenimées graduellement.

«Durant notre première année, j’envoyais des factures au CLSC et on me remboursait en dedans de deux à trois semaines. Mais ça s’est détérioré ensuite. Les délais n’avaient simplement plus de sens», a clamé la jeune entrepreneure.

Au point où la situation financière de l’entreprise est devenue critique. «J’ai envoyé des factures à la fin mars et je n’ai pas reçu un sou encore. Pour mes camps de jour l’an passé, on me devait plus de 20 000$. Ça fait tout un trou dans un budget, surtout pour une petite entreprise, a mentionné Caroline. Je ne pouvais même plus faire mon épicerie et on a même dû couper dans nos salaires comme gestionnaires pour réussir à joindre les deux bouts. Je ne veux plus vivre ça.»

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Malgré des appels répétés au CLSC de Granby au fil des ans, les copropriétaires de Nala & Ciboulette n’ont jamais réussi à obtenir des explications à propos de ces délais de remboursement qu’elles jugent «déraisonnables». «Quand j’appelle [au CLSC], j’ai l’impression que je dérange. C’est pénible, mais je ne peux pas laisser tomber les familles qui ont tellement besoin de nos services», a dit Caroline.

Stéphanie Bureau, de Neurozaïk, a également éprouvé quelques difficultés à se faire rembourser par le CLSC de Granby.

Stéphanie Bureau, qui oeuvre dans le même créneau avec son entreprise Neurozaïk, a également eu de la difficulté à se faire rembourser par le CLSC à quelques reprises. «Je ne peux pas me permettre d’attendre deux à trois mois pour avoir ce qui m’est dû. [...] D’un autre côté, je comprends que ce sont des humains qui sont au coeur de la grande machine et qui sont peut-être débordés.»

Devant l’impasse, Stéphanie Bureau a décidé de demander aux parents de payer ses services, entre autres des camps de vacances spécialisés, et de se faire payer ensuite.

Récemment, la propriétaire de Neurozaïk a décidé de «donner une seconde chance» au CLSC. «J’ai été agréablement surprise, a-t-elle dit. J’ai envoyé des factures et j’ai été payée en deux semaines. On verra si ça va se poursuivre dans le temps.»

Mea-culpa

La directrice du programme déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme et déficience physique au CIUSSS de l’Estrie, Danika Manseau, a concédé que des correctifs doivent être apportés, notamment en ce qui concerne le service de remboursement de factures. «On ne souhaite pas que ce soit lourd pour nos familles. [...] On veut harmoniser le tout.»

«On est en train d’analyser dans notre processus où ça achoppe pour faire en sorte de diminuer les délais de remboursement», a-t-elle fait valoir.

Selon Mme Manseau, le CIUSSS de l’Estrie devrait être en mesure de corriger le tir dans ce dossier «autour de l’automne» prochain.