De gauche à droite, Lynn Bishop, représentante d’ALUS Canada, Richard Bossinotte, directeur des ventes de Soleno, Christian St-Jacques, président de la l’UPA Montérégie, Anthony Deslandes, de Gestion Anthony Deslandes) Isabelle Martineau­, agronome chez Gestrie-sol, et Luc Filiatreault, des Volailles de la Côte.
De gauche à droite, Lynn Bishop, représentante d’ALUS Canada, Richard Bossinotte, directeur des ventes de Soleno, Christian St-Jacques, président de la l’UPA Montérégie, Anthony Deslandes, de Gestion Anthony Deslandes) Isabelle Martineau­, agronome chez Gestrie-sol, et Luc Filiatreault, des Volailles de la Côte.

Services écologiques rendus à la collectivité: les efforts de trois entreprises salués

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
Trois entreprises agricoles de la région reçoivent un coup de pouce financier pour leur implication dans le programme Alternative Land Use Services (ALUS) Montérégie, qui accompagne et reconnaît les agriculteurs qui sacrifient une part de leur terre et y investissent temps et argent pour le bien commun. L’aide financière est accordée en échange des services écologiques qu’ils rendent à la collectivité.

Les trois entreprises agricoles impliquées au sein de la MRC de La Haute-Yamaska, et dans deux projets de bassins versants du territoire, sont Les Volailles de la Côte (Warden) et Gestion Anthony Deslandes (Roxton Pond) et la ferme Ruisselet (Granby).

Au total, 32 entreprises agricoles de la Montérégie se sont engagées dans le programme d’une durée de cinq ans. Elles seront rétribuées pour « les services écologiques [qu’elles] rendent en aménageant des bandes riveraines, des haies brise-vent et en reboisant certaines parties de leurs terres » sur cette période, indique Isabelle Martineau, agronome chez Gestrie-sol.

Le 11 décembre dernier, 72 500 $ ont été distribués parmi la trentaine de participants pour la mise en place d’aménagements sur leurs terres agricoles qui permettent d’améliorer la qualité de vie de tous en réduisant les mauvaises odeurs, en absorbant des polluants qu’on retrouve dans l’air, en réduisant les pesticides et en augmentant les nutriments et les sédiments dans les sols.

Chèques de 60 $ à 300 $

Les Volailles de la Côte et Gestion Anthony Deslandes sont aussi impliquées dans le projet collectif du bassin versant du lac Boivin et c’est pour l’implantation de haies brise-vent, de bandes riveraines et le reboisement de certains secteurs de leur terre qu’ils ont été récompensés. Ils ont respectivement planté 1760 fleurs vivaces, 65 arbres et 430 arbustes sur une zone de 1,2 kilomètre ainsi que 34 arbres, 58 arbustes et 30 saules sur 290 mètres.

La ferme laitière Ruisselet, qui se trouve dans le secteur du bassin versant du ruisseau Brandy, s’est démarquée elle aussi pour l’implantation de haies brise-vent et l’élargissement de la bande riveraine. Le projet comprend la mise en terre de 127 arbres et 718 arbustes sur une distance de 1,1 kilomètre.

« Les agriculteurs qui font des aménagements s’inscrivent au programme et s’ils sont sélectionnés, ils reçoivent une rétribution annuelle pour cinq ans en fonction de la superficie qu’ils ont condamnée pour la biodiversité », explique Isabelle Martineau.

Les aménagements de bandes riveraines et haies brise-vent par l’entreprise Gestion Anthony Deslandes sur sa ferme à Roxton Pond.

L’aide financière est d’environ 750 $ par hectare. « C’est un peu plus que symbolique », précise Mme Martineau, puisque certains agriculteurs se voient remettre un chèque d’une valeur qui varie de 60 $ à 300 $.

Les agriculteurs qui s’engagent dans de tels aménagements sont soutenus financièrement par le ministère de l’Agriculture, la Fondation de la faune et le Programme fédéral d’intendance de l’habitat, souligne l’agronome.

D’un océan à l’autre

ALUS Canada est une organisation de bienfaisance présente à travers le pays qui totalise des investissements de plus de huit millions pour la préservation de 9700 hectares et la mise en place de 25 programmes ALUS dans les provinces. L’organisme profite de la philanthropie de la famille Weston, dont la fortune est estimée à 8,2 milliards de dollars américains par Forbes, ce qui en fait l’une des plus riches du pays.

Au Québec, c’est uniquement en Montérégie qu’on retrouve le programme ALUS, celui-ci ayant été implanté grâce à un partenariat avec la Fédération de l’UPA Montérégie en 2016.

« Je me réjouis de voir autant d’agriculteurs de notre région déterminés à mettre en place de nouvelles pratiques vertes. ALUS Montérégie est une réelle fierté puisque sa nature novatrice propose une saine gestion de l’environnement et de l’agriculture », a mentionné par voie de communiqué le président de la Fédération de l’UPA Montérégie, Christian St-Jacques.

Lors des quatre dernières années, 310 000 $ ont été investis pour le développement de 52 hectares de projets ALUS sur 65 fermes participantes dans la région, indique le directeur administratif d’ALUS Canada, Bryan Gilvesy.

Depuis le début du projet dans la province, l’entreprise Soleno, qui développe des techniques de solutions durables pour la maîtrise des eaux de pluie, reconnaît l’importance d’un tel programme et y contribue à une hauteur de 150 000 $ sur cinq ans.

La Fédération de l’UPA Montérégie souligne aussi l’implication financière de la municipalité de Saint-Alexandre, de la MRC du Haut-Richelieu et de la MRC de Pierre-De Saurel.

La Fédération de l’UPA Montérégie est déjà à la recherche de candidatures pour l’année 2020. Elle invite donc « les agricultrices et les agriculteurs de la Montérégie intéressés (e) s à améliorer l’environnement grâce à des aménagements sur leurs terres à soumettre leur candidature en remplissant le formulaire en ligne ».