Tommy Leonard déplore le manque de service internet dans son secteur de Shefford.
Tommy Leonard déplore le manque de service internet dans son secteur de Shefford.

Service Internet d'un couple à Shefford: plus cher, mais tout aussi médiocre

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
Dans leur appartement du chemin des Côtes à Shefford, Tommy Leonard et sa conjointe trouvent le temps encore plus long que leurs voisins. Privé d’un service Internet acceptable, le couple doit se contenter du minimum... et quand même assumer des hausses de tarifs.

«Avec tout ce qui se passe présentement, nous essayons tant bien que mal de nous occuper à la maison et de communiquer avec nos proches par internet», affirme M. Leonard. Le hic, selon lui, c’est que télécharger un film peut prendre des jours, parler à leurs familles par vidéo relève de l’exploit. Heureusement, ils n’ont pas à faire de télétravail. Et dans les circonstances, la chose serait probablement impossible.

Dans le secteur où il se trouve, la fibre n’est pas une option offerte, dit-il. Après avoir fait affaire avec Bell, les Sheffordois ont cherché, il y a quelques années, une option moins onéreuse pour le mince branchement de 10 Mb/s dont ils disposaient. À 45 $ par mois, presque la moitié du prix, l’entreprise B2B2C leur offrait le même service, auquel ils ont choisi d’adhérer. Mais voilà que la note sera plus élevée, malgré aucune amélioration de leur connexion.

«J’ai reçu une lettre de B2B2C, qui distribue Bell, m’avisant que j’allais maintenant devoir payer 61 $ par mois. C’est une hausse ridicule pour ce que j’ai!», déplore-t-il.

Le président de B2B2C, Gilles Pichette, confirme qu’un avis a été envoyé il y a un mois. «Pour un segment de notre clientèle de notre fournisseur local, on est obligé de refiler la note, c’est vrai. On n’a pas le choix en raison de la hausse des coûts.» Ce dernier rappelle que la vitesse de la connexion Internet peut dépendre «de la qualité de la ligne de cuivre dans son secteur».

Devant cette majoration, Tommy Leonard a fait ses devoirs et tâté le terrain, à la recherche d’une meilleure mensualité, d’un service plus rapide, sans succès. Aucune option ne lui est offerte à moins de 80 $ par mois et, encore, on est bien loin d’une desserte performante.

«Je ne vois pas de solutions à court terme. Je n’ai pas accès à la fibre optique, même si deux maisons plus loin, Vidéotron passe. Si je l’avais, ça me coûterait environ 89 $ par mois, mais j’aurais une connexion de 300 Mb/s. En ce moment, je dois payer presque le même montant pour 30 fois moins!», fait-il remarquer en assurant ne pas avoir accès à d’autres fournisseurs Internet.

«On est en 2020. L’idéal, ce serait de passer la fibre partout... ou avoir un tarif raisonnable pour le peu de service que je reçois.»

«Poches de résistance»

Le maire de Shefford, Éric Chagnon, admet que quelques «poches de résistance» subsistent dans son patelin et en Haute-Yamaska en ce qui a trait à l’Internet haute vitesse. «Il y a deux ou trois secteurs qu’on connaît sur le territoire de Shefford. Mais on peut presque les compter sur les doigts d’une main», dit-il.

Ce dernier soutient par ailleurs que la MRC a été approchée il y a quelques mois par les grands fournisseurs, qui souhaitaient évaluer les endroits mal desservis. «Le but, c’est qu’à moyen terme, tout le monde ait accès à la haute vitesse.»

Cette approche a bel et bien été faite, indique pour sa part le préfet de la Haute-Yamaska, Paul Sarrazin, mais la MRC n’a finalement pas donné suite.

«Est-ce qu’il y avait une volonté de donner un mandat collectif pour l’ensemble de la MRC? Non. Donc, implicitement, la responsabilité de faire les démarches pour régler le problème revient aux municipalités, comme l’ont fait Saint-Joachim-de-Shefford, Sainte-Cécile-de-Milton et Roxton Pond, par exemple», rappelle M. Sarrazin, en comparant la région «à un fromage gruyère» en raison des quelques secteurs épars qu’il reste à brancher à la haute vitesse.