Les plantes vertes qui décorent le site et certains pavillons l'été sont entreposées- dans les serres l'hiver, et divisées, ce qui permet de réduire les achats, dit l'horticultrice du Zoo, Caroline Guertin.

Serres du Zoo: petite production deviendra grande

Les pandas roux du Zoo de Granby mangent désormais « local », été comme hiver. L'aménagement d'une serre sur le site il y a trois ans permet à l'institution zoologique de cultiver à l'année le bambou prisé par les petits pandas.
Terminés, donc, les achats de bambou sur la côte ouest américaine, a affirmé le directeur des soins animaliers au Zoo, Karl Fournier, lors d'une récente visite de La Voix de l'Est dans les installations de serriculture.
« On est maintenant autosuffisants. On n'a plus besoin de faire venir de bambou par avion. On le cultive ici et on limite nos émissions de gaz à effet de serre, ce qui est en lien avec notre mission », relève M. Fournier.
Selon celui-ci, en plus du bambou cultivé dans ses serres l'hiver, le Zoo de Granby en fait aussi pousser à l'extérieur durant la saison chaude. Ce qui a comme avantage de permettre aux pandas de toujours déguster des plantes fraîchement cueillies. Détail : le bambou ne constitue toutefois pas l'essentiel de la diète de ces animaux originaires de la Chine. Il s'ajoute à la moulée qui leur est destinée, ainsi qu'à certains fruits et légumes.
« Pour le moment, on donne 110 grammes de bambou par panda, trois fois par semaine. Mais éventuellement, on aimerait leur en donner une fois par jour », dit Karl Fournier.
En développement
Le Zoo de Granby a fait construire trois serres sur son site il y a trois ans, près du nouvel habitat des macaques japonais. Sa petite équipe d'horticulteurs a entrepris d'y faire certaines cultures et expériences. Lentement, mais sûrement. 
C'est le deuxième hiver où la verdure tranche à l'intérieur sur la blancheur environnante. Actuellement, deux serres sont utilisées. L'une est consacrée à la production bio de laitues en pot, tandis que l'autre permet d'abriter les plantes exotiques (hibiscus, yuccas et autres palmiers) qui enjolivent le site et certains pavillons durant l'été. 
« Les serres sont encore jeunes. Ce sont plus des serres de dépannage. Mais c'est déjà formidable de voir ça. On est en développement. Ça répond à une petite portion de nos besoins, mais on veut éventuellement faire plus de production. Comme le bambou. Si on en avait plus, on en donnerait plus aux animaux », dit Karl Fournier. 
Dans un monde idéal, le Zoo pourrait cultiver ses laitues avec un système hydroponique, mais actuellement, c'est en pot qu'elle le fait. Et cela lui réussit quand même bien. « On a 520 laitues en production et on en récolte une soixantaine par semaine, quand ça va bien. On les récolte et on les donne aux gardiens qui les distribuent ensuite », dit l'horticultrice, Caroline Guertin, qui s'active une demie ou une journée complète par semaine dans les serres l'hiver. 
La laitue est particulièrement appréciée des deux tortues vertes du pavillon Odyssée Pacifique Sud. Elles en consomment deux kilos par jour chacune. Les gorilles en sont aussi friands. Ils ingèrent chacun minimalement trois « pommes de salade » par jour, affirme Mme Guertin.
Quelque 520 laitues sont en production dans les serres du Zoo de Granby. De ce nombre, une soixantaine sont récoltées chaque semaine.
Économies
Le Zoo de Granby est loin d'être autosuffisant pour le moment. Mais c'est l'objectif visé à long terme. Et, déjà, les économies sont au rendez-vous, entre autres avec les plantes vertes qui sont abritées l'hiver dans ses serres. « On les entrepose ici et on les divise en prévision de la prochaine saison pour éviter les achats. C'est de l'argent qui peut être investi dans d'autres projets », note Caroline Guertin. 
Le Zoo de Granby peut aussi compter l'été sur la production des trois jardins extérieurs qui sont cultivés sur le site. Fines herbes, petits fruits, fleurs et autres légumes sont distribués auprès de la grande famille animale du Zoo, selon les préférences de chacun. 
Ce n'est parfois qu'une stimulation olfactive qui est recherchée, note Karl Fournier. Les félins, par exemple, aiment bien la lavande. Les gardiens en glissent à quelques endroits dans leur habitat pour rendre leur environnement stimulant, comme en nature, dit le directeur des soins animaliers.
D'autres espèces animales apprécient les fleurs d'hibiscus. Avec les plants qui passent l'hiver au chaud, ce petit plaisir leur est maintenant offert à l'année...