Raphaël Marceau a écopé de 14 mois de prison pour avoir frappé un sexagénaire après l’avoir pris en chasse à voiture.

Sentence exemplaire pour un délinquant

La violence sur la route n’a pas à être tolérée dans une société qui privilégie la civilité, la tolérance et la politesse, a statué le tribunal, jeudi, dans un dossier apparenté à de la rage au volant.

L’accusé Raphaël Marceau avait été déclaré coupable d’avoir frappé un sexagénaire qui s’était immobilisé en bordure de la route 241, à Brigham, après l’avoir poursuivi et harcelé à voiture sur plusieurs kilomètres en compagnie de deux complices. La victime avait eu le fémur gauche fracturé.

Avant de rendre sa sentence, le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, a souligné que l’automobiliste avait été « lâchement abandonné sur le sol » en décembre 2016. Supposant que l’échauffourée a pu être provoquée, il a dit que « personne n’est à l’abri d’une erreur au volant ».

« Tous les conducteurs sont humains. Doit-on pour autant passer les fautifs à tabac ? Il faut envoyer un message non équivoque aux délinquants. Pourquoi tant de violence ? Pourquoi devrait-on accepter de telles explosions d’agressivité ? »

Comportement douteux
Il a pris en considération le fait que l’accusé de 22 ans avait plusieurs antécédents criminels, dont introduction par effraction, menaces, méfaits, conduite dangereuse, fraude et conduite avec les facultés affaiblies. « Si l’accusé est jeune, il n’a pas chômé en terme de délinquance de toute nature. »

Le jeune soudeur et maçon originaire de Dunham a aussi eu un comportement post-délictuel douteux, a poursuivi le juge. M. Marceau a commis d’autres infractions après son arrestation, il ne s’est jamais présenté à une évaluation psychologique exigée par la Cour et n’a pas fait les travaux compensatoires imposés dans une autre cause.

Tout en reconnaissant que l’accusé avait eu un père irresponsable, qu’il consommait de la drogue et souffrait d’un déficit de l’attention, le magistrat l’a condamné à 14 mois de prison pour son crime. Cette sentence représente ce que demandait la Couronne, représentée par Me Véronique Gauthier, tandis que Me Serge Michon, à la défense, recommandait une peine de 60 jours de prison.

« Ils méritent ce qu’ils ont »
En prison, Raphaël Marceau devra suivre toute thérapie recommandée en gestion de la colère et respecter une probation de trois ans à sa sortie. Il lui est aussi interdit de communiquer avec la victime, Benoît Vézina.

Joint par La Voix de l’Est, l’homme de 62 ans de Sutton s’est dit « content » de la sentence imposée à celui qui était l’instigateur de l’attaque. « Mais les trois avaient leur part de responsabilité, dit-il. Ils méritent ce qu’ils ont. »

Mathieu Laporte et Ian Thibault, qui voyageaient avec Raphaël Marceau ce soir-là, ont respectivement écopé de 200 heures de travaux communautaires et de six mois de prison à domicile pour leur participation au délit.

Seul M. Laporte s’est excusé auprès de M. Vézina. « Il m’a dit qu’il s’était laissé entraîner, que c’était une erreur de jeunesse et qu’il l’avait sur la conscience. »

« Ce n’était pas une belle aventure, dit la victime, qui a récemment recommencé à travailler. Au moins, ça a sensibilisé beaucoup de gens à faire attention de ne pas répondre à ceux qui te provoquent. » M. Vézina estime aussi qu’il n’aurait jamais dû s’immobiliser et sortir de sa voiture après avoir été pris en chasse et que des objets eurent été lancés dans sa direction.