Le ruisseau Bouchard, qui traverse de grandes terres agricoles, est une source importante de transport de sédiments et de phosphore vers le lac Boivin.

Sédiments et phosphore dans le lac Boivin: les agriculteurs seront accompagnés

Les producteurs agricoles de Granby, dont les champs longent la rivière Yamaska Nord dans la partie nord-est de la Ville ainsi que les ruisseaux Bouchard et Ostiguy, seront invités à s’interroger sur leurs pratiques agricoles. Le but est qu’ils réduisent les sédiments et le phosphore qui se rendent dans le lac Boivin à partir de leurs terres.

Une douzaine de producteurs agricoles recevront la visite d’agronomes de Gestrie-Sol durant l’année. Ils les aideront à analyser leurs méthodes de production et à mettre en place des pratiques pour prémunir leurs champs de problèmes de ruissellement. Ils pourront profiter de modélisation pour déterminer quelles seraient leurs meilleures options, explique Serge Drolet, coordonnateur en environnement à la Ville de Granby.

Les modélisations, mises au point par l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), tiennent compte des pratiques agricoles, des types de production, de la morphologie des terres et des bandes riveraines, signale M. Drolet.

« Ça va permettre aux producteurs de voir ce qu’ils peuvent faire pour réduire leur impact », dit-il.

Les terres agricoles en bordure des cours d’eau sont vulnérables au ruissellement, rappelle M. Drolet. Les impacts physico-chimiques sont considérables autant pour les producteurs, qui perdent leur précieux sol, que pour les rivières et ruisseaux qui souffrent d’autant d’apport de sédiments et de fertilisants et engrais, note le biologiste.

L’accompagnement des producteurs par des experts est une approche dynamique permettant de renverser la vapeur, croit M. Drolet. « On pense que tout le monde sera gagnant. Collectivement, on va profiter de la réduction des sédiments dans nos cours d’eau. Et ça va être profitable pour les agriculteurs. Ils vont pouvoir mieux préserver leurs terres et vont continuer de produire », illustre-t-il.

Deux contrats

Les dernières données sur la qualité de l’eau du lac Boivin révèlent que 1184 tonnes de sédiments et 8,5 tonnes de phosphore y entrent chaque année, selon l’Organisme de bassin versant de la rivière Yamaska.

L’OBV compilera encore en 2019, pour une troisième année consécutive, les informations sur les charges en sédiments, en phosphore et en azote qui arrivent dans le lac Boivin par l’entremise de la rivière Yamaska Nord et des ruisseaux Bouchard et Ostiguy.

Le conseil municipal lui a accordé lundi un contrat pour assurer le suivi hydrologique et d’échantillonnage des affluents du lac Boivin. Il s’agit d’un mandat de 24 993 $. L’IRDA ira d’une participation de 10 342 $.

La firme Gestrie-Sol, un autre organisme sans but lucratif basé à Granby, a quant à elle obtenu un contrat de 24 978 $ pour accompagner les producteurs agricoles pour qu’ils adoptent des pratiques au champ moins dommageables pour les cours d’eau.

Ces deux projets s’inscrivent dans le plan d’action pour la réhabilitation du lac Boivin.